Mike Myers: Profession: documentariste

L'agent Shep Gordon et le comédien Mike Myers... (Photo Andy Kropa, fournie par Invision)

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L'agent Shep Gordon et le comédien Mike Myers au lancement du documentaire, le 29 mai dernier à New York.

Photo Andy Kropa, fournie par Invision

Absent des écrans depuis cinq ans, Mike Myers refait surface à titre de documentariste. Le célèbre agent d'artistes Shep Gordon est l'objet de l'affection de l'interprète d'Austin Powers.

Il y a plus de 20 ans, les destins de Mike Myers et de Shep Gordon se sont croisés. Ils ne se sont guère éloignés l'un de l'autre depuis.

À l'époque, l'humoriste avait dû négocier avec l'agent pour obtenir les droits d'une chanson d'Alice Cooper qu'il comptait utiliser dans Wayne's World. C'est d'ailleurs sur le plateau de cette comédie, tirée d'un célèbre sketch de Saturday Night Live, que les deux hommes se sont rencontrés la première fois.

«Shep est une légende du showbiz, fait remarquer Mike Myers au cours d'un entretien téléphonique réalisé plus tôt cette semaine. Au début des années 90, j'ai eu la chance d'aller le visiter à Hawaii et nous sommes toujours restés de grands amis. Son parcours est tellement fascinant que je lui ai proposé dès lors de réaliser un documentaire dont il serait le personnage central. Il a toujours refusé. Il m'a finalement donné son accord il y a moins de trois ans!»

Quand on demande à Shep Gordon pourquoi il a finalement accepté de baisser la garde, celui qui fut l'agent d'artistes aussi différents qu'Alice Cooper, Teddy Pendergrass et Anne Murray évoque un changement de vie.

«Je vivais chez moi, à Hawaii, et je me suis rendu compte que j'étais moins dans l'action, raconte Gordon. Je vivais plus retiré. Forcément, les invitations étaient moins nombreuses.

«Au lieu de m'apitoyer sur mon sort, j'ai demandé à Mike si son fameux projet me permettrait de voir du monde. J'ai quand même demandé à réfléchir, mais je me suis retrouvé à l'hôpital à cause d'un grave problème de santé. C'est alors que j'ai dit à Mike: «D'accord. Faisons-le.» C'est probablement la meilleure décision que j'aie prise dans ma vie!

«La réaction des gens me touche particulièrement, poursuit-il. Il me semble qu'il est rare de voir des spectateurs sortir d'une projection de meilleure humeur que quand ils sont entrés.

«Le documentaire est un genre important à travers lequel on peut aborder des enjeux importants, souvent dramatiques. Habituellement, on en ressort davantage avec l'envie de militer. Cette fois, les gens ont simplement envie de sourire. Et de vivre leur vie au maximum et d'être plus généreux avec les autres.»

Un homme apprécié

Mike Myers affirme lui même dans son film que Shep Gordon est «la personne la plus gentille» qu'il ait jamais rencontrée. L'homme étant très apprécié, le réalisateur a pu recueillir de nombreux témoignages. Outre Alice Cooper et Anne Murray, Willie Nelson, Sylvester Stallone et Michael Douglas racontent les histoires parfois abracadabrantes auxquelles Gordon a été mêlé.

L'homme s'est distingué aussi dans le monde du cinéma (il a produit le premier film de Ridley Scott, The Duellists), tout autant que dans le milieu culinaire (Celebrity Chef).

«Il est évidemment très difficile de condenser un parcours aussi riche en un film de 90 minutes, fait remarquer Mike Myers. J'ai un immense respect pour les documentaristes. Ce film m'a d'ailleurs ramené à l'époque où j'ai fait des études en cinéma à l'université York de Toronto. J'aime l'aspect "reportage" du documentaire. Et je suis honoré de pouvoir m'y mettre. Et tenter de relever l'immense défi que constitue la réalisation d'un film de ce genre.»

À cet égard, Shep Gordon a laissé le réalisateur complètement libre. Myers a eu accès au carnet d'adresses de l'agent - fort bien garni - de même qu'au contenu de ses classeurs.

«Mike m'a interviewé quand il en sentait le besoin, fait remarquer l'agent. Je suis allé lui rendre visite à New York alors que nous étions déjà engagés dans le processus depuis six mois. Son appartement était tapissé de photos de moi et de mes proches! J'ai cru faire l'objet d'une enquête. Ça fait bizarre, j'avoue.

«Honnêtement, je n'avais aucune idée de la direction qu'il voulait emprunter. Mais j'étais en confiance. D'abord, Mike est un grand artiste. Or, un modèle ne demande pas à un peintre ce qu'il compte faire. Ensuite, j'avais la certitude de l'amour qu'il me porte. Ma seule implication aura été de vivre ma vie. Quand j'ai vu le film, j'ai été ravi, même si ça te force à aller dans des zones où tu ne veux pas forcément aller.»

Pas de projets précis

Pour Mike Myers, Supermensch: The Legend of Shep Gordon, un film qui lui aura demandé deux ans et demi de travail, ne constitue pas une nouvelle orientation de carrière.

«En même temps, cela n'a rien d'étranger pour moi, dit-il. Très vite, le patron de Saturday Night Live, Lorne Michaels, m'a appris à toujours m'impliquer dans le processus créatif des choses que j'écris. Avec un sujet comme Shep, dont la vie est si fascinante, comment peut-on rater son coup?»

Supermensch: The Legend of Shep Gordon prend l'affiche le 13 juin.




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