Jason Bateman: affreux, sale et enfant

Jason Bateman incarne un homme pathologiquement immature qui... (Photo: fournie par Focus Features)

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Jason Bateman incarne un homme pathologiquement immature qui s'inscrit à un concours scolaire d'épellation.

Photo: fournie par Focus Features

(Los Angeles) Le sens du punch comique n'a plus de secret pour Jason Bateman, qui, pendant quatre saisons, a défendu le rôle de Michael Bluth dans l'hilarante série Arrested Development. Et pour ce quadragénaire qui, préado, a fait ses premières armes dans les sitcoms Silver Spoons et The Hogan Family, pour plus tard être promu au grand écran dans Juno, The Switch et Horrible Bosses, l'industrie hollywoodienne est un terrain plus que familier.

Logique, donc, que l'acteur à l'éternelle bouille d'adolescent ait eu le goût de faire le saut vers la réalisation, nouveau rôle qu'il ajoute à sa feuille de route, avec la comédie noire Bad Words. Oreilles sensibles, soyez prévenues: les gros mots sortent de la bouche des enfants, dans cette loufoque incursion dans l'univers des concours d'épellation...

«J'avais le goût de me mettre au défi. Et ayant eu la chance, comme enfant, de travailler avec d'excellents réalisateurs, je savais comment j'aimais être traité à cet âge. Les enfants acteurs veulent être traités en adultes, mais ont aussi besoin de se sentir en sécurité», affirme Bateman qui, en plus de signer la réalisation de Bad Words, défend le rôle de Guy Trilby.

As de l'orthographe, secrètement écorché mais surtout vil, vulgaire et égocentrique, ce détestable héros profite d'une faille dans le règlement pour s'inscrire à un tournoi de Spelling Bee, ces compétitions d'épellation qui réunissent les enfants doués des écoles américaines.

Seul adulte à concurrencer des 10-11 ans, le pathologiquement immature Guy a recours aux pires bassesses pour écraser ses jeunes concurrents sous le regard intrigué de Jenny (Kathryn Hahn), pseudo-écrivaine qui cherche obstinément à percer dans le journalisme avec un portrait de cet être déplorable.

Kathryn Hahn, qu'on a vue en mère de famille déglinguée dans We're the Millers et en frangine bohème dans The Secret Life of Walter Mitty, reconnaît quant à elle son attrait pour les transformations comiques, pour ne pas dire carrément caricaturales.

Dans Bad Words, cette très jolie actrice est condamnée à des looks vestimentaires tragiques, sorte d'amalgame de style hipster et de garde-robe d'une bibliothécaire retraitée enfouie depuis 30 ans dans les boules à mites...

«À mes débuts, je ne pensais pas du tout me diriger vers la comédie», dit Hahn, une actrice formée pour le théâtre, remarquée dans le rôle de la voisine, dans le troublant Revolutionary Road. Hahn reconnaît avoir été le «clown de la classe» pendant ses années d'études secondaires. Et après avoir joué auprès de Will Ferrell dans Anchorman, son sens inné du loufoque a pris le dessus.

«J'ai grandi entourée de frères. Cela explique peut-être pourquoi je n'ai aucun sens de la vanité!», dit en riant Kathryn Hahn qui, dans la peau de Jenny, se livre à des scènes impudiques d'un goût, disons, discutable...

Enfants de la balle

L'horrible Guy Trilby, en plus d'insulter tout ce qui bouge, trouve le moyen de pervertir un adorable et innocent petit génie indien, défendu par le tout jeune Rohan Chand. Le scénariste Andrew Dodge, dont l'épouse est d'origine chinoise, aimait l'idée d'intégrer un personnage de petit génie asiatique.

«Les concours d'épellation sont très populaires, dans la communauté indienne», dit celui dont Bad Words est le premier scénario adapté au grand écran.

Père de deux filles, Dodge ne voulait absolument pas que ses petites voient son premier film, dans lequel adultes et enfants échangent des grossièretés à la chaîne. Mais il a été démasqué par son aînée, qui a fouillé dans son ordi, trop curieuse de savoir ce que son papa avait écrit pour le cinéma. «Je n'ai pas eu le choix de leur expliquer que c'était de l'humour. Et finalement, nous irons à la première en famille.»

Citant Bad Santa, About a Boy, mais aussi l'humour des frères Cohen et de Tarantino, Jason Bateman dit aimer le genre humoristique qui table sur la vulnérabilité d'un personnage.

«Mon personnage est blessé émotivement», dit-il à propos de Guy, un rôle qu'il a décidé d'endosser après avoir tendu la perche à d'autres acteurs «beaucoup plus connus que moi, mais qui n'avaient pas le temps ou n'étaient pas intéressés».

Bad Words, en plus de révéler l'existence de mots incroyablement difficiles à épeler, a transmis à Jason Bateman le virus de la réalisation. «C'est tout ce que je souhaite faire désormais», affirme-t-il.

Bad Santa, Bad Teacher et Bad Words, la trilogie est bouclée. Et les gros mots s'éclatent.

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Bad Words prend l'affiche le 28 mars. Les frais du voyage ont été payés par Les Films Séville.




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