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      Zero Dark Thirty: la traque houleuse d'Oussama Ben Laden

      Après The Hurt Locker, qui leur a notamment valu les Oscars du  meilleur... (Photo fournie par la production.)

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      Photo fournie par la production.

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      Sonia Sarfati
      La Presse

      (New York) Après The Hurt Locker, qui leur a notamment valu les Oscars du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario original, Kathryn Bigelow et Mark Boal font de nouveau équipe pour raconter, dans Zero Dark Thirty, la traque de 10 ans qui a mené à la mort d'Oussama ben Laden. Rencontres sur un sujet controversé.

      Les premières réactions à Zero Dark Thirty ont été dithyrambiques. Et soudain, une voix dissonante s'est élevée: le film de Kathryn Bigelow et Mark Boal serait pro-torture. À partir de là, la tempête. Des politiciens, des commentateurs, des journalistes et même une partie de «l'opinion publique», parfois sans avoir vu le film, se sont jetés à bras raccourcis sur le tandem. Qui conteste cette lecture de l'oeuvre.

      «J'ai abordé ce sujet sans aucune intention. Je me suis immergé dans la recherche et, à partir de cela, nous avons fait un film. Ce qui signifie raconter cette histoire de façon dramatique, résumer en deux heures une chasse à l'homme qui a duré dix ans, faire des choix», a indiqué Mark Boal lors de rencontres de presse tenues à New York au début du mois de décembre - c'est-à-dire avant le tollé.

      Au sujet de la torture, présentée de façon très brutale dans l'une des premières scènes de Zero Dark Thirty, Mark Boal précise qu'«une grande partie du programme de détention de la CIA consistait en ces interrogatoires très durs». «C'est un choix dramatique d'avoir ouvert le film ainsi, mais c'est aussi un choix historique», poursuit le scénariste et journaliste d'enquête, qui affiche généralement une attitude circonspecte et froide devant les médias.

      Il a ajouté que Kathryn Bigelow et lui ont fait le maximum pour «présenter la complexité de la situation». «Il est facile de se concentrer sur ce qui a été critiqué, ce qui a provoqué le débat et ce qui continuera à le provoquer, même parmi les gens qui l'ont pratiqué. Mais, en vérité, ce n'est pas un seul élément d'information ni une seule technique, d'interrogation ou autre, qui a mené à ben Laden.»

      «Certaines choses, dont la torture, se sont produites et nous devions les montrer, poursuit la réalisatrice. Mais nous avons également exploré d'autres méthodes utilisées par la CIA afin de trouver ben Laden. Des méthodes qui ont beaucoup évolué au cours de la décennie - et c'est ce qu'on peut aussi suivre dans le scénario de Mark.» À ses yeux et à ceux de son partenaire, l'important était «d'être responsable par rapport aux événements historiques et aux gens qui ont mené l'opération».

      Un autre projet sur la traque de ben Laden

      Au moment du raid meurtrier d'Abbottabad, le tandem travaillait à un autre projet portant sur la traque de ben Laden. Il culminait lors de l'attaque survenue en décembre 2001 dans les montagnes de Tora Bora, en Afghanistan - qui a échoué. Puis, le 2 mai 2011 est arrivé et l'histoire a changé.

      Après discussion, Mark Boal a repris son chapeau de journaliste d'enquête pour recueillir le plus d'informations possible sur une décennie de traque. Il nie toutefois formellement avoir obtenu des informations secrètes de la CIA ou du département américain de la Défense, comme cela a été suggéré. «J'ai utilisé tous les réseaux que j'ai pu trouver. Mais le film a été fait et financé de façon indépendante; aucune entente n'a été faite avec ces parties-là.»

      Au fil des recherches, il a découvert le rôle très important qu'une femme a joué dans la traque du chef d'Al-Qaïda. «Ça m'a surpris, et j'ai décidé qu'elle porterait le point de vue du film. Cela me semblait une bonne manière de raconter l'histoire, puisqu'il a toujours été clair que nous retracerions les événements à travers le travail des gens qui étaient sur le terrain, pas à travers ceux qui les dirigeaient.»

      Il s'est donc mis dans la peau de Maya, inspirée d'une agente secrète de la CIA - au sujet de laquelle il reste très vague, pour la sécurité de la principale intéressée - et incarnée par la formidable Jessica Chastain.

      Une très jeune femme se trouve donc au coeur de Zero Dark Thirty, qui culmine avec le raid de l'équipe Six des Navy SEALs. Cette scène, Kathryn Bigelow a commencé à y penser dès qu'elle a eu le scénario entre les mains. Pour cause: le défi, en matière de chorégraphie, de logistique, de coordination et de précision, était monstrueux.

      Ainsi, la résidence fortifiée dans laquelle était réfugié Oussama ben Laden a été reconstruite en Jordanie, là où s'est déroulée une bonne partie du tournage. «Toutes les informations que nous avons obtenues, le lit sur lequel il dormait, la couleur des murs, le motif des tuiles du plancher, nous avons tout reproduit», afin que cet assaut qui a duré 40 minutes soit le plus fidèle possible à la réalité. Le plus complexe était le déplacement des caméras, qui suivaient les acteurs se mouvant dans des espaces étroits et confinés - le tout se déroulant dans le noir.

      «Nous avons tourné deux fois l'arrivée des hélicoptères Black Hawks et le raid: une fois de nuit et une autre fois avec un système d'éclairage de vision nocturne. Ç'a été un défi colossal», raconte la réalisatrice, qui se retrouvera certainement bientôt dans la course aux Oscars. Zero Dark Thirty pourrait ainsi devenir le deuxième film réalisé par une femme à remporter la statuette de la meilleure réalisation... après The Hurt Locker, aussi réalisé par Bigelow.

      Zero Dark Thirty (Opération avant l'aube, en version française) prend l'affiche le 11 janvier.

      Les frais de voyage ont été payés par Alliance Vivafilm.

      ***

      Jessica Chastain: de la peau à l'âme du personnage

      «J'avais des photos de terroristes sur les murs de ma chambre d'hôtel. Je me suis totalement immergée dans le sujet. Quand le tournage s'est terminé, j'étais prête à rentrer chez moi», affirme Jessica Chastain qui, dans Zero Dark Thirty, incarne Maya, une agente de la CIA qui a consacré 10 ans de sa vie à la traque d'Oussama ben Laden. Un personnage inspiré d'une femme... que l'actrice n'a jamais rencontrée.

      «Enfin, elle est tellement bonne dans ce qu'elle fait que je lui ai peut-être déjà parlé, mais je ne le sais pas», dit l'actrice à la blague. Elle admet que ce n'était pas facile. «Elle a été entraînée à être non émotive et c'est très dur à jouer, car, comme actrice, ma vie consiste à être émotivement ouverte.»

      Or, elle se fait toujours un point d'honneur de se mettre, de la peau jusqu'à l'âme, au service de ses rôles. «J'ai lu des livres sur le 11-Septembre et sur ben Laden, j'ai parlé avec Mark, j'ai lu et relu son scénario, qui contient beaucoup d'informations. J'ai fait une liste de ce que les gens disent de Maya et de ce qu'elle dit d'elle-même. Puis, j'ai utilisé mon imagination pour combler les trous.»

      Ici, une carte postale sur un mur. Là, des bonbons sur un bureau. Ailleurs, un fond d'écran. Des touches personnelles qui disparaissent au fil du récit. «Parce que Maya s'est perdue dans cette quête. Il était important pour moi de savoir d'où elle venait pour savoir où elle finit.» Et où finit-elle? En larmes, après une décennie au service d'une cause. «Ben Laden est mort. À partir de là, où va-t-elle? Et que va-t-il se passer? Finir le film sur ces questions est, je crois, bien plus intéressant que leur donner des réponses.»

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