Curiosités du cinéma québécois: Q-Bec my love

Anne Lauriault dans Q-Bec my love... (photo fournie par éléphant)

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Anne Lauriault dans Q-Bec my love

photo fournie par éléphant

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Jusqu'à la fin de juillet, nous découvrons un film méconnu du répertoire Éléphant, voué à la mémoire du cinéma québécois.

Q-bec my love... (photo fournie par Éléphant) - image 1.0

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Q-bec my love

photo fournie par Éléphant

Q-BEC MY LOVE - UN SUCCÈS COMMERCIAL (1970)

Comédie de Jean Pierre Lefebvre

Avec Anne Lauriault, Jean-Pierre Cartier, Larry Kent

À l'aube des années 70 (mars 1970, précisément), le prolifique Jean Pierre Lefebvre (plus d'une trentaine de films, fictions et documentaires à son actif) a proposé cet étrange pamphlet nationaliste, déguisé en comédie d'un goût discutable, visiblement inspiré par l'éphémère mouvement Ti-Pop (corollaire bien québécois du pop art). On y suit les errances de Q-Bec, jeune et jolie brunette tiraillée entre son patron canadien nommé Peter Ottawa, son autre amant Sam Washington, américain celui-là, et son mari « pure laine » Jean-Baptiste Bilingue.

Parodie très peu flatteuse du cinéma d'exploitation, dont elle moque les trucs publicitaires racoleurs, et des bluettes érotiques alors très en vogue, façon Deux femmes en or (authentique succès commercial, lui), Q-bec my love se veut évidemment - le message est gros comme un bras d'honneur - une métaphore de ce Québec français qui peine à s'affranchir et tarde à s'épanouir, coincé qu'il est dans une relation amour/haine avec deux immensités anglophones. Le titre anglais de la « vision érotique », Struggle for Love, est adéquat.

S'il emprunte ici et là quelques tics du cinéma de la Nouvelle Vague, Q-Bec my love ne ressemble à rien et ne se rapporte finalement qu'à lui-même, tant il est profondément québécois et issu non pas d'une époque, mais d'un moment précis de l'histoire : l'an 1970. Bref, Q-bec my love n'aurait jamais pu se faire nulle part ailleurs qu'ici, ni avant ni après. Le film critique aussi, au passage, toujours sur le mode sarcastique et provocateur, les dérives du show-business, de la société du spectacle, des médias de masse et de tout ce qui inquiétait alors les sociologues à la Jean Baudrillard et Guy Debord.

Succession plus ou moins aléatoire de saynètes, de vignettes et de monologues s'ajustant en un tout (ou fourre-tout) à peu près cohérent, cet exercice bizarre en forme de brûlot comique, teinté de poésie, figure parmi les oeuvres les plus joyeusement incongrues non seulement de son auteur, mais aussi de la filmographie nationale. Tourné avec un budget de 25 000 $, ce collage baroque se termine sur une injonction, très hippie, tout à fait de son temps : « Il faut tuer le cinéma, brûler les écrans pour en faire un feu de joie et un hymne à la vie. » Beau programme, on croirait lire un édito du vieux magazine contre-culturel Mainmise.

Enfin, prenez garde à la chanson-thème, interprétée par Raôul Duguay et les gens de L'Infonie, sorte d'hymne rock omniprésent et qui a toutes les propriétés d'un « ver d'oreille ». « Québec-Q, Québec BBQ »...




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