Hochelaga, terre des âmes: le film de la réconciliation

« L'évènement le plus symbolique et le plus puissant... (fournie par les Films Sé­­ville)

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« L'évènement le plus symbolique et le plus puissant des célébrations du 375e anniversaire de Montréal est sans contredit le film Hochelaga, terre des âmes, du cinéaste François Girard, présenté hier soir en première mondiale à Montréal », écrit notre chroniqueur.

fournie par les Films Sé­­ville

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Mario Girard
La Presse

L'un des évènements les plus puissants et symboliques des célébrations du 375e anniversaire de Montréal est sans contredit le film Hochelaga, terre des âmes, du cinéaste François Girard, présenté hier soir en première mondiale à Montréal. Puisant dans 750 ans d'histoire, l'oeuvre est un hommage bouleversant à ceux qui ont bâti cette ville, particulièrement ceux qui étaient là avant l'arrivée des Français et des Anglais, c'est-à-dire les Premiers Peuples.

Du début à la fin de ce film qui est d'une beauté à couper le souffle, la présence des Premières Nations sert de leitmotiv aux différentes histoires. Le magicien merveilleux qu'est François Girard arrive, à la toute fin, à rassembler toutes les intrigues et tous les personnages dans une finale qui procure des frissons.

Le pari était risqué: s'emparer de l'Histoire est souvent casse-gueule pour les réalisateurs. Girard a eu l'intelligence de bâtir une trame qui ne soit pas linéaire. L'approche chorale, avec laquelle il excelle depuis le début de sa carrière, le sert grandement.

L'autre danger était la reconstitution des lieux. Depuis notre enfance, nous tentons d'imaginer de quoi a pu avoir l'air le mont Royal aux siècles derniers. Chapeau à l'équipe qui a assuré la direction artistique.

Pas un instant le spectateur ne doute de l'authenticité qui règne dans chacune des scènes. Celle de l'arrivée de Jacques Cartier (interprété par Vincent Perez) à Hochelaga est particulièrement saisissante.

Les effets spéciaux ont servi à recréer Montréal alors qu'il grandissait aux abords du fleuve Saint-Laurent. Une séquence nous montre le mont Royal au XIIIe siècle, une autre nous le fait voir à l'époque des Patriotes. Ces résultats sont rarissimes au cinéma québécois.

Des discours sentis

Trois projections ont eu lieu hier soir. Deux au Cinéma Impérial pour le public et une autre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Cette dernière, présentée dans le cadre des Soirées cinéma au Canada, à laquelle assistaient plusieurs personnalités du monde politique et culturel (Denis Villeneuve, Gilles Vigneault, Luc Plamondon, etc.), a été chaleureusement applaudie. Elle a été précédée par des discours sentis et à forte résonance.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec, s'est longuement exprimé dans une langue autochtone. «Qui aurait cru, il y a 20 ou 30 ans, qu'on aurait assisté à un film sur l'histoire de nos peuples?», a-t-il dit avec émotion. «Pour vous, c'est un moment de vérité, mais pour nous, la vérité, ça fait longtemps qu'on la connaît», a-t-il ajouté avant d'être chaudement applaudi par le public.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a répété ce qu'il aime à dire aux Montréalais et à ceux qui découvrent la métropole: «Je vous rappelle que nous vivons sur des terres autochtones non cédées.» Il a profité de l'occasion pour annoncer qu'il allait bientôt dévoiler un nouveau drapeau pour la Ville de Montréal et que celui-ci comporterait un symbole en hommage aux Premiers Peuples. «J'ai aussi envie de m'occuper du général Amherst», a-t-il ajouté sous les applaudissements.

La présence de Philippe Couillard

Cette projection revêtait un caractère particulier, car le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, y assistait. Féru d'histoire, il a repris les mots de François Girard publiés dans le programme. Ce dernier dit avoir fait ce film en regardant notre histoire par le «trou de la serrure».

M. Couillard s'est souvenu des paroles de l'historien Marcel Trudel qui disait qu'on doit écrire l'histoire comme si on s'approchait d'un village cerclé d'une palissade. «On doit regarder entre les poteaux de la palissade, a dit M. Couillard. On ne voit pas tout. Le reste appartient à l'historien et à l'artiste.» Cela résume bien le travail effectué par François Girard.

Ce film, qui a bénéficié d'un budget d'environ 15 millions de dollars, va maintenant rencontrer le public et les professionnels du cinéma lors d'une projection spéciale au Festival du film de Toronto. Ces spectateurs auront-ils la même réaction que les Montréalais? Sans l'attachement émotif que les spectateurs éprouvaient hier soir, l'impact sera-t-il le même? On verra bien.

Chose certaine, ce film était nécessaire. Il est un grand pas vers un rapprochement et une réconciliation. Il nous procure une forme d'admiration et de respect pour ceux qui étaient là avant nous. En ce sens, cette oeuvre était essentielle.




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