9 - Le film: la parole aux neuf réalisateurs

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les réalisateurs de 9 - Le film nous disent ce qui les intéressait particulièrement dans le court métrage qu'on leur a confié.

Stéphane E. Roy

Abus (avec Christian Bégin et Anne-Marie Cadieux)

Intrusion chez un couple qui se manipule, se culpabilise et dans lequel le personnage le plus odieux n'est pas nécessairement celui qu'on pense.

«J'aime beaucoup les non-dits. Quand tu reproches quelque chose à quelqu'un, peut-être que le vrai sujet de ton reproche est latent: ça s'est passé huit jours plus tôt, mais tu l'as gardé en dedans. Pourquoi sont-ils agressifs? Parce qu'ils ont plein d'affaires pas résolues.»

Luc Picard

Subitement (avec Alexis Martin et Sophie Cadieux)

Attablé au restaurant avec une collègue, un comédien apprend la mort de son amoureuse. S'ensuit une enfilade de dialogues creux entrecoupés d'appels téléphoniques et de textos.

«C'est un sketch sans grande prétention qui appuie un petit peu sur le fait que les gens communiquent de plus en plus, mais se parlent de moins en moins. Quand ils sont confrontés live à une espèce de malaise ou à quelque chose de tragique, ils ne savent pas comment réagir et, en plus, les téléphones prennent toute la place. C'est absurde.»

RIicardo Trogi

Fuite (avec Pierre-François Legendre et Hélène Bourgeois Leclerc)

En voyage à Bruxelles, un couple frappe un mur. Cette crise profonde sera vite balayée par l'idée d'un autre projet susceptible de les étourdir.

«Ça aurait pu aussi bien arriver dans un projet de rénovation de couple. Ils viennent de finir un chalet, ils se sont pognés 10 fois, ils ne sont plus faits pour aller ensemble, mais ils décident de se faire installer une piscine et déplacent le problème. Ce qui m'a plu, c'est l'absurdité de l'affaire. Ça m'a fait rire, donc j'ai accepté de le faire.»

Jean-Philippe Duval

Hystérie (avec François Papineau et Bénédicte Décary)

Sur le plateau de tournage de la première pub de tampons de l'histoire du Québec, à la fin des années 60, un réalisateur et une comédienne qui forment un couple se lancent les pires vacheries.

«Je voulais exacerber la différence des hommes et des femmes à une époque où c'était peut-être moins comme maintenant. Ce qui m'excitait, c'était de montrer une crise de couple, mais avec un gars aussi crinqué que la fille pour ne pas tomber dans le cliché de l'hystérie féminine.»

Micheline Lanctôt

Je me souviens (avec Anne-Élisabeth Bossé et Magalie Lépine-Blondeau)

Dans une garden-party de retrouvailles, une jeune femme n'est pas reconnue par une amie avec qui elle a partagé des moments importants.

«Moi, ça m'est déjà arrivé. Il y a déjà quelqu'un qui avait le souvenir très vif d'un moment qu'on avait passé ensemble, et je n'avais aucun souvenir. C'est extrêmement gênant. La situation est traitée avec beaucoup d'humour et d'autodérision. On l'a jouée plus comique, mais c'est malaisant. Je trouvais intéressant le côté edge du projet.»

Érik Canuel

Halte routière (avec Nicolas Canuel et Maxim Gaudette)

Deux camionneurs se croisent dans un resto-relais, s'apprivoisent et se draguent dans un jeu de sous-entendus.

«Ce qui m'a intéressé là-dedans, c'est le non-dit et la tentation. Le personnage de mon frère Nico, c'est Méphistophélès, le diable. C'est quelqu'un qui est venu te dire: ‟Fais des choix dans la vie, sinon tu vas passer à côté de ce qui est important pour toi. Deviens ce que t'as envie d'être, deviens ce que t'es. Je t'offre l'ouverture, la prends-tu?"»

Claude Brie

Banqueroute (avec Sylvain Marcel et Marianne Farley)

Un homme qui rentre de voyage se rend à la banque pour y retirer de l'argent, mais on lui répond que son compte est vide. On ne sait trop si le pauvre homme fabule, mais le mépris des employés de la banque ne fait pas de doute.

«D'entrée de jeu, j'ai dit à Sylvain: ‟Allons-y pour le malaise". C'est la dualité, le contraste entre la grosse banque, l'institution opulente et oppressante et le petit épargnant, David contre Goliath, mais mon David est un petit peu amoché en entrant en scène.»

Marc Labrèche

Le lecteur (avec Marc Labrèche et Marc Fournier)

Un dialogue de sourds entre un vendeur d'appareils électroniques pratico-pratique et un client qui veut lui causer du malaise existentiel.

«Les ambiguïtés de tout ordre, les silences, les malaises, dans la proposition de départ de ce petit sketch-là, il y avait ça d'abord qui m'a intéressé. On ne sait pas lequel de ces deux personnages-là est le plus mal pris, lequel a plus ou moins de facilité à s'ouvrir à l'autre. Moi, ça me fait rire. Je suis meilleur public de ça que de grosse comédie.»

Éric Tessier

Eccéité (avec Stéphane E. Roy et Noémie Godin-Vigneau)

À la fin de sa conférence qui fait le lien entre les sketches précédents, le spécialiste de la croissance personnelle croise une ancienne flamme qui agira comme un révélateur de sa véritable personnalité.

«C'est une marche, fallait se rendre d'un point [la salle de conférence] à la voiture. Elle doit rejoindre sa famille; lui fait mine d'aller à son auto. Trente secondes de plus et elle aurait vu carrément son subterfuge. On est toujours dans la mouvance du temps qui passe, et c'est ça le cinéma, aussi.»

________________________________________________________________________________

9 - Le film prend l'affiche le 9 septembre.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

  • <em>9 - Le film</em>: un «truc de gang»

    Cinéma québécois

    9 - Le film: un «truc de gang»

    Bien avant de devenir 9 - Le film, le texte de Stéphane E. Roy a été une pièce de théâtre qui a eu droit à une lecture publique avant d'être... »

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer