Boris sans Béatrice : les malheurs des riches

Le réalisateur Denis Côté sur le plateau de tournage de Boris... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Le réalisateur Denis Côté sur le plateau de tournage de Boris sans Béatrice.

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Denis Côté en a marre du cinéma qui s'attarde «aux problèmes des miséreux». Dans son nouveau long métrage, Boris sans Béatrice, qu'il tourne ces jours-ci à Montréal, son personnage principal, interprété par James Hyndman, est un riche de Westmount qui trompe sa femme et qui l'entraîne, sans s'en rendre compte, vers une longue et pénible dépression.

Le réalisateur est bien connu pour son franc-parler. Quand La Presse l'a rencontré sur son plateau, vendredi dernier, il n'a d'ailleurs pas caché son irritation pour ce genre d'événements médiatiques, où il doit «faire la promotion d'un film qu'il n'a même pas encore terminé». «Mais bon, pose tes questions», a-t-il enchaîné, le regard taquin.

Boris sans Béatrice raconte l'histoire de Boris Malinowski, un riche arrogant qui, pour la première fois de sa vie, fait un travail d'introspection afin de comprendre ce qu'il peut changer en lui pour ramener sa femme sur le chemin de la guérison.

«Mon personnage est à côté de ses pompes. Il ne se connaît pas. Il y a des gens comme ça qui ont travaillé très fort toute leur vie, des bâtisseurs qui, pour certaines raisons, carburent aux signes ostentatoires de la richesse et du succès. C'est ainsi qu'ils se définissent», a dit James Hyndman, entre deux prises.

Dans le film, Côté espère mettre les spectateurs devant les réels problèmes des fortunés de façon franche, sans complaisance. «Je veux qu'on les regarde en face, comme ils sont», a-t-il expliqué.

La colère comme moteur

Dans une récente entrevue, le réalisateur - qui s'est fait connaître pour ses films Vic+Flo ont vu un ours et Bestiaire, entre autres - a expliqué comment la colère était un moteur de son processus créatif. «Assurez-vous d'être toujours un peu choqués contre quelque chose. C'est un moteur de création, la colère», avait-il dit, l'hiver dernier, aux Rendez-vous du cinéma québécois.

Quand il a rencontré les journalistes pour présenter le plateau de Boris sans Béatrice, il était facile d'imaginer comment la colère anime parfois ce grand gaillard aux mille tatouages et à la longue barbe poivre et sel hirsute. Or, comme l'ont expliqué par la suite les acteurs qui travaillent avec lui sur ce projet, c'est plutôt un artiste passionné, méticuleux et respectueux qui se présente chaque jour au boulot.

«Travailler avec Denis est vraiment stimulant. J'aime le travail qui ne se fait pas dans la cérémonie et la crispation. Avec lui, on crée, et on le sent ouvert à nos idées, même s'il cadre beaucoup les séquences qu'il tourne», a expliqué James Hyndman.

«Denis Côté est une personne qui s'intéresse beaucoup au cadre, c'est même sa force. Il s'intéresse à ce qui se passe dans l'image que les spectateurs verront au grand écran, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de réalisateurs, car ils ont normalement beaucoup de choses à régler à la fois», a ajouté Dounia Sichov, qui joue le personnage de la maîtresse de Boris.

Le tournage de Boris sans Béatrice, qui met aussi en vedette l'acteur français Denis Lavant, Louise Laprade et Simone-Élise Girard, se termine aujourd'hui. Denis Côté prévoit ensuite faire «un montage rapide» pour que le film soit prêt afin d'être présenté au prochain festival du film de Berlin, «s'il est sélectionné, bien sûr».

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