À la manière d'Helen Doyle

Helen Doyle... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Helen Doyle

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Depuis 40 ans, la Québécoise Helen Doyle fait du cinéma à sa manière. Un cinéma engagé, singulier, atypique. Un cinéma qui s'interroge sur l'art, cherche à donner un sens aux images dont nous sommes bombardés et donne la parole aux femmes.

Documentariste, Helen Doyle a réalisé une bonne quinzaine de films, participé à la création de l'organisme Vidéo Femmes et remporté plusieurs prix et bourses dans le monde.

À cela s'ajoute maintenant la sortie d'un ensemble monographie/coffret DVD intitulé Helen Doyle cinéaste/La liberté de voir ainsi qu'une leçon de cinéma présentée ce soir, à 17h, à la Cinémathèque québécoise.

Quelle est l'origine de l'ensemble monographie/coffret?

Tout a commencé avec la rétrospective que m'avait offerte la Cinémathèque québécoise en 2009. En fouillant dans mes boîtes, je me suis rendu compte que mes premiers films étaient en train de se dégrader. D'autres éléments originaux étaient difficiles à retrouver. Or, ce sont des films pour lesquels j'ai consacré deux, voire trois années de ma vie. C'était agréable, avec cette idée de transmettre, d'essayer de sauver ce patrimoine en créant un coffret. Les éditions du Remue-ménage se sont ajoutées avec le projet de monographie.

Quelle est la constance dans votre travail?

Particulier, mais tenace (rires). Pour reprendre le titre de la monographie, je crois qu'on peut parler de la liberté de voir! Avec chacun de mes films, j'ai essayé de trouver le meilleur angle pour parler de mon sujet. Pour mon film Les messagers (portrait d'artistes engagés contre la guerre et la barbarie) par exemple, je voulais les présenter comme des phares, des lumières, des passeurs. J'aime me mettre au service d'un sujet tout en conservant ma liberté de voir.

En quoi le documentaire est-il important dans nos vies?

Je me sens privilégiée d'avoir eu cette chance d'aller au devant de gens qui n'ont pas toujours la parole. Mais une fois ce privilège obtenu, il faut absolument le partager. Ce que j'acquiers en faisant des films, je me dois de le remettre au public afin de susciter la réflexion, la discussion.

On vous dit pionnière dans la transmission de la parole des femmes. Comment cela a-t-il évolué en 40 ans?

Plusieurs choses ont changé. Par exemple, des femmes à la direction photo, il n'y en avait pas il y a 40 ans. Et les réalisatrices se comptaient sur les doigts de la main. Mais il y a encore des postes difficiles à conquérir dans ce métier. Quant aux sujets, il faut encore parler de certains d'entre eux. Par exemple, lorsque j'ai réalisé Chaperons rouges (1979), il était question du viol, ce qui était tabou à l'époque. Maintenant, on en parle davantage sans que le problème soit réglé pour autant. Il faut donc trouver de nouvelles manières d'en parler!

Le grand public est-il au rendez-vous de la parole des femmes?

Oui! Dans les années 70, il y a eu un mouvement très fort vers elles. Puis, il y a eu un essoufflement. Aujourd'hui, nous avons une génération de jeunes femmes très intéressées à bouger, à parler. C'est réjouissant. Après la projection de nos films, nous avons des échanges extraordinaires.

Quel est le grand film que vous n'avez pas encore fait?

Ah!!! Les trois-quatre prochains (rires). Je travaille sur un projet intitulé Sur les traces de Pasolini. Plusieurs cinéastes se sont intéressés à sa mort. Dans mon cas, j'ai découvert qu'il avait fait, à sa façon, des documentaires. Il réalisait des carnets à partir de ses repérages, de ses questionnements sur ses prochains films à faire. Et ça devenait des films en soi. Ce n'est donc pas un projet sur Pasolini, mais sur sa manière de travailler. Je travaille aussi sur un projet intitulé Au pays du grand ciel dansent les oies sauvages qui porte sur des artistes non professionnels s'initiant à la danse et à la chorégraphie.

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Pour commander l'ensemble monographie/coffret, écrire à Jean-Baptiste Levêque à diffusion@spira.quebec.

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