Gurov et Anna: à l'ombre des mots de Tchekhov

Le réalisateur Rafaël Ouellet au travail.... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Le réalisateur Rafaël Ouellet au travail.

Photo: Bernard Brault, La Presse

La scène se passe dans un vaste local rectangulaire dont les fenêtres orientées plein sud filtrent une lumière laiteuse. Des classeurs gris acier remplissent une partie des murs de tous les côtés.

Dans un coin, Benjamin (Andreas Apargis) a son bureau, où il tient audience pour ses étudiants. C'est là où Mercedes (Sophie Desmarais), 20 ans, lui apporte un essai de son cru. C'est là où l'intimité s'installe entre eux.

Une intimité naviguant vers un amour toxique, à l'image de la relation que le professeur entretient avec la nouvelle La dame au petit chien d'Anton Tchekhov, qui forme l'essentiel du cursus de son cours de littérature.

Pour son nouveau long métrage, intitulé Gurov et Anna, le cinéaste Rafaël Ouellet fait dans la nouveauté. Le réalisateur de Camion tourne en effet son premier film en anglais. Il réalise aussi pour la première fois un film dont il n'est pas le scénariste.

«Gurov et Anna est une histoire d'amour sombre entre une étudiante et son professeur», explique M. Ouellet, debout au milieu d'un local d'art visuel de l'Université Concordia, où il tournait sa scène samedi après-midi.

Des deux personnages principaux, Benjamin est celui qui a le plus à perdre. «Il est marié, a des enfants, n'a jamais été infidèle de sa vie, etc. poursuit M. Ouellet. Alors que Mercedes s'aventure dans cette histoire un peu comme une «testeuse». Elle essaie quelque chose. Elle a une passion mais elle est peut-être moins en amour. Chez elle, il y a une curiosité un peu malsaine. C'est une future écrivaine et elle a envie d'enrichir son histoire.»

«Mercedes se définit dans le regard, dans le désir de l'autre, expose Sophie Desmarais en entrevue. Elle veut bouleverser. Elle veut être immortelle. Elle est très narcissique, en fait. Avec Ben, elle est engagée dans une relation où la littérature est omniprésente et où la fiction et la réalité se mélangent.»

Par un curieux hasard, la comédienne a tourné une scène du film dans un escalier du pavillon EV de l'Université Concordia, au même endroit où elle avait tourné une scène de Sarah préfère la course, de Chloé Robichaud. «C'est comme si mes deux personnages s'étaient croisés», dit-elle avec un mélange d'étonnement et de ravissement.

Dans le rôle de Ben, Andreas Apargis (Les jeunes loups, 19-2, Omertà), trouve une résonance à son travail de metteur en scène d'une pièce de théâtre qu'il est en train de monter à... Concordia.

«C'est étrange cette sensation d'être dans une position de pouvoir lorsqu'on est dans une relation professeur-étudiant», dit-il. Mais comme Rafaël Ouellet, il est d'accord pour dire que c'est son personnage qui prête le plus flanc à la souffrance. «Au lendemain d'une rupture, Mercedes peut facilement refaire sa vie», dit-il.

Le scénario du film est signé Céleste Parr qui, à l'origine, a déposé celui-ci comme mémoire de maîtrise à l'Université McGill. Rafaël Ouellet, qui a signé tous les scénarios de ses films précédents, est à l'aise avec cette nouveauté. Tout comme il l'est de tourner en anglais.

D'autant plus qu'il a un port d'attache dans le fait qu'il travaille de nouveau avec plusieurs membres de l'équipe de Camion, son film précédent. «La directrice photo est Geneviève Perron, le premier assistant-réalisateur est Christian Simard. Viviane Audet et Robin-Joël Cool signent la musique. J'ai aussi le même directeur artistique Mario Hervieux. Autant que possible, j'ai essayé de traîner ma gang.»

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D'une durée de 22 jours, le tournage du film s'est terminé hier. Gurov et Anna est produit par Zone 3 et distribué par Filmoption International.




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