Danic Champoux: un miroir en création

Le cinéaste Danic Champoux a choisi de se... (Photo: fournie par l'ONF)

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Le cinéaste Danic Champoux a choisi de se voir à travers le regard que des dizaines de personnes posent sur elles-mêmes.

Photo: fournie par l'ONF

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On évoque souvent le principe de se voir à travers le regard des autres. Le cinéaste Danic Champoux a plutôt choisi de se voir - et de nous voir - à travers le regard que des dizaines de personnes posent sur elles-mêmes.

Le résultat est un long métrage documentaire intitulé Autoportrait sans moi. Oeuvre atypique, assumée (comme les propos du réalisateur), Autoportrait sans moi est une réelle création en ce sens que c'est un miroir de nos âmes comme on n'en avait encore jamais vu.

Un film dur, certes, où une cinquantaine de personnes se livrent sans filet devant la caméra. Certains commentaires nous traversent avec le même effet que le bruit d'une craie sur un tableau.

Ex-candidat de La course autour du monde, Danic Champoux (Mom et moi, Séances) a pu faire ce film grâce au programme des cinéastes en résidence de l'ONF.

Quel était l'objectif de ce projet?

Mettre un miroir devant moi. M'autoriser un film qui serait une oeuvre de l'esprit et m'affranchir des structures inhérentes au traitement d'un sujet.

Comment s'est déroulée la recherche en amont pour en arriver à un tel résultat?

C'est une recherche d'abord très intuitive qui n'est devenue concrète qu'à l'étape du montage. Par exemple, il y a eu de nombreuses propositions en ce qui a trait au traitement graphique, mais peu ont finalement tenu la route. L'authenticité des personnages du film rendait presque toutes les tentatives d'intervention ridicules et grossières.

Comment convaincre monsieur et madame Tout-le-Monde de se dévoiler à la caméra?

Nul besoin de les convaincre. C'est plutôt eux qui tentaient de me séduire pour être devant la caméra...

Dans ses thèmes sous-jacents (parents-enfants, couples, etc.), votre film se rapproche de Mom et moi, une autre oeuvre que vous avez réalisée. Qu'en dites-vous?

En effet. À bien y regarder, on retrouve pour l'essentiel la même pulsion de mort aussi. Je carbure beaucoup à la mort. C'est elle qui me rend parfois si impulsif... et déprimé.

Qu'est-ce qu'être heureux pour vous?

J'aimerais que ce soit autrement, mais pour moi, le bonheur se limite à faire l'expérience de la joie de temps en temps. C'est difficile de s'en satisfaire, mais entre deux morts, deux viols, deux meurtres, deux suicides, il faut prendre ce qui passe.

Vous dites que cette résidence vous a permis de «débarquer du manège de l'art réduit à une activité de subsistance». Avez-vous l'impression de vous être davantage rapproché de l'art à un état plus pur?

Exactement. Dans le sens où j'ai enfin pu créer quelque chose qui n'existait pas. Si vous créez quelque chose qui existe déjà, ce n'est plus une création, c'est du plagiat. Je n'avais qu'à redevenir l'artiste que je rêvais d'être à 20 ans plutôt que de simplement exercer un métier au potentiel artistique en comblant un télédiffuseur, un producteur, deux, trois analystes au passage, etc.

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Autoportrait sans moi prend l'affiche au cinéma Excentris aujourd'hui et peut être vu simultanément sur les sites internet onf.ca et cinemaexcentris.com.




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