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      Émile Gaudreault : cinéma-vérité

      Le réalisateur Émile Gaudreault... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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      Le réalisateur Émile Gaudreault

      Photo: Martin Chamberland, La Presse

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      Luc Boulanger
      Luc Boulanger
      La Presse

      Le réalisateur de Père en flic, au deuxième rang des plus grands succès québécois au box-office (près de 10,5 millions, juste derrière Bon cop, Bad cop), portera au grand écran la pièce de théâtre Au champ de Mars de Pierre-Michel Tremblay. En entrevue à La Presse, Émile Gaudreault a confirmé qu'il termine actuellement le scénario avec l'auteur de cette comédie dramatique.

      Émile Gaudreault affirme avoir «tout de suite vu un film» en assistant à la création de la pièce, à l'hiver 2010, à La Licorne. Le projet demeure en attente de l'aval du financement par les organismes subventionnaires, au début du mois de décembre. Le film sera produit par Cinémaginaire - une septième collaboration entre la productrice Denise Robert et le réalisateur depuis Nuit de noces.

      Au champ de Mars raconte le retour pénible d'Afghanistan d'un jeune soldat québécois. «Ça me touchait de voir des jeunes de 22 et 23 ans hypothéquer leur vie en voulant se battre pour une cause qu'ils jugeaient noble. Pour ensuite être laissés à eux-mêmes sans soutien psychologique», nous a confié Pierre-Michel Tremblay.

      Pour sa part, Émile Gaudreault a été séduit par la force des personnages de Tremblay, «ses dialogues décapants et sa capacité de traiter d'un sujet qui pourrait être lourd avec beaucoup d'empathie et d'humour». Si la pièce s'attarde sur les séquelles de la guerre, le film se concentrera sur la rencontre entre deux personnages: Marco Valois, réalisateur de films à succès qui se cherche un «sujet sérieux» pour son prochain film, et Éric Lebel, ex-soldat en choc post-traumatique. «Le propos du film sera porté par cette rencontre entre deux personnages qui n'ont rien en commun, avance Gaudreault. C'est toujours intéressant, ce genre de contraste en comédie.»

      Le réalisateur du Sens de l'humour organise déjà des auditions pour la distribution. Celle-ci sera différente de celle de la production théâtrale mise en scène par Michel Monty. «Le choix des acteurs est un geste artistique important pour un metteur en scène, et la distribution de la pièce (qui était excellente) appartient à Monty», explique le cinéaste qui a entre autres dirigé les Michel Côté et Louis-José Houde.

      Du théâtre au cinéma

      Depuis 2001, Émile Gaudreault a signé cinq longs métrages. Après Mambo Italiano de Steve Galluccio, il s'agit de sa deuxième adaptation d'une pièce au cinéma. «Il y a des oeuvres théâtrales très cinématographiques qui ne font pas des bons films, croit le réalisateur. Une bonne adaptation, c'est prendre l'ADN d'une pièce et le déposer dans une éprouvette pour créer un autre animal.»

      La pièce durait 75 minutes. Le film fera environ une demi-heure de plus avec de nouveaux personnages et une fin remaniée. «Pour moi, le cinéma est un médium qui demande un élan dramatique constant, un fil conducteur très fort, remarque Gaudreault. Le théâtre trouve sa puissance par le contact immédiat des acteurs avec les spectateurs.»

      Pierre-Michel Tremblay fait absolument confiance à l'instinct du réalisateur qu'il connaît depuis l'époque où le cinéaste était membre du Groupe Sanguin, à la fin des années 80. «Émile a une connaissance intime et fluide de la structure dramatique au cinéma, dit-il. Il peaufine le scénario et se questionne sans cesse.»

      «Je suis un cinéaste qui vient du milieu de l'humour, rappelle Gaudreault. J'ai donc toujours la notion du public en tête. Quand tu montes sur une scène devant 1000 personnes, tu es nécessairement branché sur la réaction des spectateurs.»

      Le scan de sa vie

      Émile Gaudreault souligne que, dans tous ces films, il y a un personnage central qui souffre, mais qui refuse sa souffrance. Or, cette année, la souffrance s'est transportée dans la réalité du réalisateur.

      Gaudreault a bien failli ne jamais réaliser ce projet. En janvier 2012, on lui annonçait qu'il avait un cancer (la maladie de Hodgkin). Bien sûr, il a eu un choc quand son médecin a prononcé le mot «cancer». «Tu te poses des tonnes de questions: est-ce généralisé, à quel stade se trouve la maladie, combien de mois me reste-t-il à vivre? Heureusement, j'ai été chanceux: j'étais bien entouré et j'avais un cancer qui se traite bien.»

      «Le plus troublant, pour moi, c'est qu'on a scanné, radiographié chaque partie de mon corps. C'est comme si on m'avait remis le scan de ma vie. La maladie fait que l'illusion n'est plus possible: ton travail, ta vie affective, familiale, sociale, tout ça t'apparaît dans une lumière crue, sans aucune possibilité d'illusion.»

      À ses yeux, ce constat est aussi fort que la maladie. «J'en ai profité pour faire un recalibrage général afin de continuer, dit-il. Mais une chose a été très claire: ma passion pour le cinéma est restée intacte et ma volonté de tourner s'est décuplée.»

      Après l'annonce de son cancer, Gaudreault a donc continué le travail. Il a remanié le scénario avec l'auteur entre deux traitements de chimiothérapie. «En quelque sorte, le travail d'écriture et sa passion pour le cinéma l'ont aidé à passer à travers le cancer autant que ses traitements», estime Pierre-Michel Tremblay.

      Puis, il y a quatre semaines à peine, les médecins de Gaudreault, les Dres Louise Yelle et Isabelle Roy, de l'hôpital Notre-Dame, l'ont convoqué. «Elles m'ont confirmé que je n'avais plus de cellules cancéreuses!» Alors, le réalisateur a téléphoné à ses collaborateurs (directeur photo, assistants, costumières, monteur, compositeur) pour leur annoncer la bonne nouvelle et officialiser son projet de faire un film avec Au champ de Mars.

      Le tournage doit débuter en mai 2013.

      Le théâtre fait son cinéma!

      Voici 10 films d'autres réalisateurs québécois adaptés de pièces de théâtre.

      > Incendies de Denis Villeneuve (2010), adapté de la pièce de Wajdi Mouawad.

      > Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau (2011), inspiré de Bachir Lazhar d'Évelyne de la Chenelière.

      > Lilies (Les feluettes) de John Greyson (1996), Les Muses orphelines de Robert Favreau (2000), Tom à la ferme de Xavier Dolan (en tournage), trois films réalisés à partir des pièces éponymes de Michel Marc Bouchard.

      > Les Plaques tectoniques de Robert Lepage (1997), La face cachée de la lune de Robert Lepage (2003), deux adaptations de créations théâtrales du célèbre metteur en scène.

      > Matroni et moi de Jean-Philippe Duval (1999), d'après la pièce d'Alexis Martin.

      > Love & Human Remains de Denys Arcand (1993), adaptation de l'oeuvre du dramaturge torontois Brad Fraser.

      > Il était une fois dans l'Est d'André Brassard (1974), adapté de trois pièces de Michel Tremblay.

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