Les monstres de Guillermo del Toro, les gentils dans ses films

Richard Jenkins et Doug Jones dans une scène... (Photo Fox Searchlight Pictures via AP)

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Richard Jenkins et Doug Jones dans une scène du film.

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Javier TOVAR, Sofia MISELEM
Agence France-Presse
Los Angeles et Mexico

Guillermo del Toro, qui a décroché dimanche les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur film pour La Forme de l'eau, raconte que son monde imaginaire s'est construit pendant les 11 premières années de sa vie.

Le réalisateur mexicain de 53 ans, connu pour les monstres, vampires et superhéros qui peuplent ses oeuvres, assure avoir réalisé cette fois «son premier film d'adulte».

«Les monstres sont les saints patrons de nos merveilleuses imperfections», expliquait-il en recevant en janvier le Golden Globe du meilleur film, pour sa romance fantastique entre une muette employée d'un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d'une créature reptilienne captive.

Les créatures étranges ou monstrueuses de ses films viennent des rêveries d'un enfant qui aimait se promener dans la boue dans son Guadalajara natal et dissoudre des insectes dans le sel, qui avait une peluche en forme de loup et a demandé au père Noël à cinq ans une plante pour faire de la sorcellerie.

Le tout s'est retrouvé à l'écran grâce à la magie du cinéma. Et La Forme de l'eau, nommé 13 fois aux Oscars, est son «oeuvre maîtresse jusqu'à présent», car «il manquait jusqu'alors un trait de caractère de Guillermo dans ses films, l'humour», estime Leonardo Garcia-Tsao, critique de cinéma et vieil ami du cinéaste.

Ces dernières années, Guillermo del Toro s'est aussi fait remarquer pour une série télévisée d'horreur acclamée, The Strain, sur un virus qui transforme ceux qu'il touche en zombies.

Le Labyrinthe de Pan et L'Échine du diable étaient plus sombres, explorant la perte et la nostalgie. Même si le thème qui traverse toute sa filmographie est là: l'opposition entre les créatures étranges et les êtres humains.

Les premières sont filmées avec empathie, les seconds sont les vrais monstres.

Serpents, rats et corbeau

Né le 9 octobre 1964, il a grandi dans un foyer très catholique.

Enfant, Guillermo s'est mis à construire un monde fantastique dans le majestueux manoir familial où vivaient des centaines de serpents, des rats et un corbeau. Pas étonnant alors qu'il ait tapissé les murs de sa chambre d'images d'extra-terrestres et de monstres.

«Tout ce que je suis, la compulsion artistique, et les histoires qui sont venues après, viennent des 11 premières années de ma vie», a-t-il dit dans la revue Gatopardo.

«Je pense que l'essence de ce que nous sommes se forme dans ces premières années. Après, on passe nos vies à réparer ce qui a été cassé et construire ce qui ne l'a pas été».

Il cite parmi ses grandes influences sa grand-mère, et la relation entre les aïeux et les enfants est un thème récurrent de son oeuvre.

Son premier film, Cronos (1993), raconte d'ailleurs l'histoire d'un vampire âgé qui refuse la vie éternelle et demande l'aide de sa petite-fille.

C'est son seul long-métrage réalisé au Mexique, qu'il a quitté en 1998 après l'enlèvement de son père, quand le réalisateur commençait à être connu à Hollywood.

La terrible épreuve a pris fin grâce à son ami James Cameron qui l'a aidé à rassembler la rançon d'un million de dollars en liquide.

«C'est quelque chose dont on ne parle jamais», a raconté à l'AFP son ami d'enfance Mariano Aparicio.

«Un vrai artiste»

Depuis, Del Toro a déménagé toute sa famille aux États-Unis. Aujourd'hui il partage son temps entre Los Angeles et Toronto.

Pour son premier film à Hollywood, Mimic (1997), il avait souffert d'être sous le joug des producteurs Harvey et Bob Weinstein, qui avaient muselé son talent créatif.

Après ça, il a tout fait pour mettre «sa propre signature» dans chacune de ses oeuvres, explique A.P. Gonzalez, professeur émérite à l'école de cinéma de l'Université de Californie, à Los Angeles.

«C'est un vrai artiste», assure-t-il à l'AFP.

Il forme le prestigieux groupe des «tres amigos», qui règne sur le cinéma mexicain, au côté des oscarisés Alejandro Gonzalez Iñarritu et Alfonso Cuaron.

«Ils ont des styles très différents, mais Guillermo est le seul qui a construit ce monde très reconnaissable», affirme Leonardo Garcia-Tsao.




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