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The Big Short : pour une (grosse) poignée de dollars

À l'instar de Moneyball, le nouveau film tiré... (Photo fournie par Paramount)

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À l'instar de Moneyball, le nouveau film tiré d'un livre de Michael Lewis tire son histoire du monde des chiffres, cette fois celui de la haute finance.

Photo fournie par Paramount

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Sonia Sarfati
La Presse

(LOS ANGELES) Adam McKay est sorti de sa zone de confort (la comédie populaire) pour réaliser The Big Short, long métrage qui pénètre dans les coulisses de Wall Street, en 2005. Quatre hommes ont alors anticipé l'explosion de la bulle financière et, profitant de l'aveuglement des banques, du gouvernement et des médias, ont décidé d'en profiter. L'humour, quand il est là, grince. Et les stars (Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling, Brad Pitt) s'alignent en une formation gagnante.

À l'origine de The Big Short, le livre à succès éponyme du journaliste-écrivain Michael Lewis. Un magicien des mots qui parvient à grimper dans les palmarès des meilleures ventes avec des sujets... rébarbatifs, disons. Dans Moneyball, il parlait approche statistique (sabermetrics) et baseball. Dans The Big Short, il suit plusieurs des acteurs-clés dans le développement de la crise financière et hypothécaire américaine de 2007-2010 - dont ils ont fini par profiter.

Et pourtant, ces deux bouquins exigeants ont été adaptés en longs métrages absolument fascinants, extrêmement réussis et à la portée de tout public prêt à passer deux heures en salle, sans avoir laissé son cerveau au vestiaire.

Ainsi, le premier, réalisé par Bennett Miller, a reçu six sélections aux Oscars et quatre aux Golden Globes. Quant au second, la saison des récompenses est à peine commencée qu'il accumule les prix et les nominations.

Le réalisateur Adam McKay, qui est ici sorti de sa zone de confort, lui que l'on connaît pour ses comédies mettant Will Ferrell en vedette, vient par exemple de remporter le prix de la révélation de l'année (Breakthrough Director) aux Hollywood Film Awards; et ses acteurs (entre autres Christian Bale, Ryan Gosling, Brad Pitt et Steve Carell), le prix de la meilleure distribution du National Board of Review Awards.

Cela ravit Michael Lewis. Mais ne le surprend peut-être pas vraiment, si l'on se fie aux propos qu'il tenait il y a quelques semaines, lors d'une conférence de presse tenue à Los Angeles: «Aucun de mes livres n'est écrit avec l'idée d'en faire un film. Ce ne sont pas des livres faciles, donc ils attirent des gens passionnés. Autrement, ils ne seraient pas adaptés. Alors, bizarrement, le fait qu'ils ne soient pas évidents sert de filtre. Ça filtre les cinéastes et acteurs merdiques parce que, eux, ont besoin de trucs simples et ne sont pas à la recherche de défis.»

Montagnes russes

Il se trouve que c'est exactement ce que recherchait Adam McKay. Un défi.

«J'étais très intéressé par la crise et c'est ainsi que je suis tombé sur le livre de Michael, raconte le réalisateur. J'ai passé la nuit dessus. Le bouquin se lisait d'une traite - grâce à ses personnages déchirants, réels, bien dessinés - et en même temps, il m'expliquait «l'ésotérisme financier». C'est quand même incroyable qu'un livre traitant des titres adossés à des créances hypothécaires soit l'équivalent d'un tour de montagnes russes!»

Sauf qu'Adam McKay n'imaginait pas que quelqu'un... l'imaginerait, lui, l'homme derrière Talladega Nights et Step Brothers, aux commandes de tel projet. C'était bien mal connaître les gars de Plan B (la maison de production de Brad Pitt), qui lui ont sauté dessus quand ils ont découvert son intérêt. Le producteur Jeremy Kleiner se réjouit de ce choix: «Ce long métrage est l'expression suprêmement personnelle d'un cinéaste possédant une sensibilité qui incorpore les éléments de tragédie, de drame, de divertissement et d'humour. Il est d'une espèce rare.»

Une sensibilité que le réalisateur a pu mettre à l'oeuvre dès l'écriture, avec Charles Randolph, d'un scénario qui allait séduire immédiatement les acteurs contactés pour les rôles principaux.

«C'est un matériel très intense et compliqué, mais, en même temps, très divertissant», fait Steve Carell, qui incarne Mark Baum, le plus «humain» des requins de la finance présentés dans le film et qui retrouve ici son réalisateur d'Anchorman et son complice de Saturday Night Live, qu'il qualifie de «type brillant et bizarre, toujours la personne la plus drôle dans la pièce... et il le sait».

Matériau vivant

Ryan Gosling, qui joue Jared Vennett et sert de narrateur au récit, a été impressionné par un scénario dans lequel il a «beaucoup appris» et «apprend encore».

Il en va de même pour toute l'équipe puisque la crise était encore en cours pendant le tournage de The Big Short - «d'où cette impression incroyable de travailler sur un matériau vivant», fait Adam McKay - au cours duquel les acteurs ont dû se familiariser avec une langue qui n'est pas vraiment la leur. «C'était vraiment excitant de les voir découvrir et maîtriser cette terminologie, poser des questions et faire des recherches sur le monde de la finance», ajoute le réalisateur.

Son travail de scénarisation a été grandement «simplifié» par la lecture à répétition du livre de Michael Lewis. «Mon but était de parvenir à l'expliquer à ma fille de 9 ans... et j'ai été capable de le faire!» Ensuite, quand le film en a été à ses premières versions, il s'est tourné vers sa femme, la réalisatrice Shira Piven.

«Après un visionnement, je lui ai demandé si elle avait tout suivi. Elle m'a dit: «J'ai saisi tout ce que j'avais besoin de saisir. Et là, je comprends vraiment.» C'est exactement ça. Vous n'êtes pas censé tout saisir. Vous pouvez passer à côté de certains chiffres, ne pas comprendre certaines phrases, vous poser des questions, mais vous pouvez quand même saisir l'ensemble, sa "physique", ses mathématiques et ses émotions. C'est ce qui était important pour nous tous.»

En ce sens - et plusieurs autres - Adam McKay a rempli sa mission, relevé le défi haut la main. Faisant de The Big Short un film dont on sort en se sentant mieux informé, plus intelligent. Diverti. Et un peu déprimé par la nature humaine.

The Big Short (Le casse du siècle) prend l'affiche le 23 décembre. Les frais de voyage ont été payés par Paramount Pictures.

Ils sont quatre. Ils ont anticipé la crise et en ont profité à leur manière. Ils sont brillants. Pour les interpréter, quatre vedettes.

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LES PROTAGONISTES

Michael Burry (Christian Bale)

L'HOMME: Ex-neurologue avec un syndrome d'Asperger, travaillant au son de musiques heavy métal, Michael Burry s'est tourné vers la finance et a créé le fonds spéculatif Scion Capital. Il a été le premier à voir le désastre se profiler. Et il en a profité.

L'ACTEUR: «J'ai rencontré Mike Burry. Ce type est formidable. Il est charmant et phénoménalement intéressant. On a parlé pendant des heures, il a été incroyablement généreux de son temps et de ses idées. Ensuite, j'ai tourné, seul, pendant neuf jours. Et c'était extraordinaire. Je veux faire tous mes films comme ça!»

Jared Vennett (Ryan Gosling)

L'HOMME: Le personnage est basé sur Greg Lippmann, gestionnaire de fonds spéculatifs de la Deutsche Bank. Devenu Jared Vennett pour le film, il est le narrateur du récit et joue un rôle clé dans l'arrivée de Mark Baum dans le dossier.

L'ACTEUR: «Nous avons pris pas mal de libertés avec Greg Lippmann. Mon rôle dans toute l'histoire est très différent, car je suis le narrateur et je brise le quatrième mur en m'adressant directement aux spectateurs pour présenter de nouveaux segments ou des personnages. Et puis, il y a le look: Adam [McKay] m'a ferré en parlant du style Jheri curl!»

Mark Baum (Steve Carell)

L'HOMME: Le personnage est basé sur le gestionnaire de fonds Steve Eisman. Devenu Mark Baum pour le film, il est lucide, dépressif, et c'est l'un des rares à se sentir coupable face aux millions d'Américains qui ont tout perdu dans la catastrophe.

L'ACTEUR: «J'ai été franchement surpris qu'on m'offre ce rôle. Je me sentais comme la chose qui ne fait pas partie du lot, quand on pense à Brad Pitt, Ryan Gosling, Christian Bale. Mais le personnage m'a intéressé. Il se voyait comme un chevalier, mais sa situation était sur les plans moral et éthique ambiguë, car au bout du compte, il allait profiter de la tragédie.»

Ben Rickert (Brad Pitt)

L'HOMME: Le personnage est basé sur Ben Hockett de Cornwall Capital, créé avec 110 000 $ et dont la valeur atteignait les 120 millions quand le marché s'est effondré. Devenu Ben Rickert dans le film, c'est un investisseur lucide et pessimiste.

L'ACTEUR: Brad Pitt était absent des rencontres de presse, mais présent dans le discours d'Adam McKay: «Ben Hockett croit que les changements climatiques et l'économie corrompue détruisent les ressources naturelles et que la fin du monde est pour dans 50 ou 100 ans. Brad a bâti à partir de cela, pris ces positions au sérieux, car Ben n'est pas un fou de l'Apocalypse.»

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