The Interview, à Montréal seulement

Au Québec, seul le cinéma Dollar présentera en... (Photo Rick Wilking, Reuters)

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Au Québec, seul le cinéma Dollar présentera en salle le film The Interview. L'Association des propriétaires de cinéma du Québec n'a pas l'intention de revenir sur sa décision de boycotter la comédie mettant en vedette James Franco et Seth Rogen.

Photo Rick Wilking, Reuters

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Le cinéma Dollar sera le seul au Québec à présenter le film The Interview, qui doit prendre l'affiche dans plusieurs salles au pays vendredi. Les salles membres de l'Association des propriétaires de cinéma du Québec n'ont toutefois pas l'intention de revenir sur leur décision de boycotter la comédie mettant en vedette James Franco et Seth Rogen.

«On ne change pas notre plan, assure Vincent Guzzo, président de l'Association, joint par La Presse. Ils [le cinéma Dollar] sont pas mal optimistes de présenter un film qu'on peut voir sur internet. S'ils le présentent, c'est que personne d'autre n'est intéressé.»

Petite salle indépendante située sur le boulevard Décarie, le Dollar propose à prix modique (2,50$) des films qui ont été présentés une première fois dans les grandes salles de la métropole. Son propriétaire, Bernie Gurberg, a confirmé à La Presse que Sony avait donné son accord pour qu'il ne demande que 5$ par personne pour présenter The Interview sur ses écrans. «Habituellement, c'est 10$, mais Sony a accepté», explique M. Gurberg qui n'avait pas encore vu le film au moment de l'entrevue.

The Interview en chiffres

44
millions US
Coût du film
15
millions US
Recettes en ligne
2,8
millions US
Recettes en salle

C'est le responsable de la programmation du cinéma, David Nankoff, qui a obtenu le feu vert de Sony Pictures lundi dernier. Un simple coup de fil aux bureaux de la multinationale à Toronto et l'affaire était réglée en 30 minutes.

«Je trouvais ridicule que les Montréalais ne puissent pas voir le film, explique M. Nankoff joint au téléphone par La Presse. Ce qui m'intéressait plus que tout, c'est que ce film est en quelque sorte historique. C'est la première fois qu'un film n'est pas présenté en Amérique du Nord parce que le dirigeant d'un pays étranger l'interdit. C'est du jamais vu!»

Mais Vincent Guzzo voit les choses autrement. «Ils profitent des cinéphiles en chargeant deux fois leur prix habituel pour un film qu'on peut voir à la maison, lance le propriétaire des salles de cinéma Guzzo. Ce sont des opportunistes! Ils sont désespérés, probablement au bord du gouffre après l'année difficile qu'on a connue. Je ne sais pas s'il va en profiter ou pas, mais vous savez quoi? Qu'il le montre! Quand les gens iront à ce cinéma, ils pourront comparer et ils comprendront pourquoi ils paient 12$ pour être dans une vraie salle de cinéma. C'est comme avec mes enfants: je les emmène de temps en temps dans une cafétéria d'hôpital. Après, ils apprécient la cuisine de leur mère!»

Un film moyen

Rappelons que la sortie du film The Interview, prévue pour Noël, a été annulée à la suite de deux incidents. Le premier, une cyberattaque à l'endroit des serveurs de Sony Pictures qui a donné lieu à la divulgation de courriels privés entre dirigeants de l'entreprise et bonzes de Hollywood. L'origine de l'attaque n'a pas encore été confirmée, mais les soupçons se portent sur la Corée du Nord, qui aurait possiblement embauché les pirates informatiques Guardians of Peace pour réussir son coup d'éclat. En entrevue au Washington Post lundi, un membre d'un autre groupe cyberterroriste, Lizard Squad, a reconnu avoir fourni des mots de passe d'employés de Sony au groupe Guardians of Peace.

Les mêmes Guardians of Peace ont par la suite menacé Sony de s'en prendre aux salles de cinéma qui présenteraient le film racontant un complot fictif d'assassinat du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Après avoir stoppé la campagne de marketing - les acteurs de The Interview ont annulé leur tournée de promotion -, Sony s'est ravisée et a décidé de rendre le film accessible en ligne (et plus récemment sur YouTube) en plus de le présenter sur quelques écrans aux États-Unis. La sortie canadienne est prévue pour vendredi dans 28 salles réparties dans six provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario et Nouveau-Brunswick), en plus du Québec.

Jusqu'ici, les critiques à l'endroit de The Interview sont mitigées. Sur Twitter, on trouve de tout: des commentaires positifs du genre «J'ai ri à en pleurer au moins cinq fois» ou «Ce film est très drôle». D'autres, comme la chroniqueuse culturelle du 98,5 FM Thérèse Parisien, n'ont pas ri du tout. «J'ai vu The Interview, c'est vraiment plate», a-t-elle écrit sur Twitter. «Beaucoup de bruit pour rien. Sujet passionnant, traitement ennuyeux», a déclaré pour sa part Mathieu Sommet, critique de vidéo en France et véritable vedette sur YouTube.

Aucun incident n'a été rapporté depuis la sortie américaine du film et le cinéma Dollar ne compte pas mettre en place des mesures de sécurité particulières vendredi. «Pas question, lance David Nankoff. Si Kim Jong-un se présente, on lui offrira le pop-corn gratuit!»

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