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Yves Saint-Laurent: 20 fulgurantes années!

Plutôt que de raconter la vie d'Yves Saint Laurent de son enfance en Algérie... (Photo: fournie par Films Séville)

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Photo: fournie par Films Séville

Plutôt que de raconter la vie d'Yves Saint Laurent de son enfance en Algérie jusqu'à sa mort en 2008, le réalisateur Jalil Lespert a préféré se concentrer sur les 20 années qui correspondent au plus fort de sa création, depuis son arrivée chez Christian Dior, en 1957, jusqu'au défilé des Ballets russes en 1976.

Vingt années également d'amour intense avec Pierre Bergé, le compagnon et l'associé en affaires de celui qui a révolutionné la mode au XXe siècle. «Par la suite, l'histoire de Saint Laurent s'est un peu enfermée dans la répétition de son rapport aux addictions à l'alcool, aux drogues et au sexe, explique Lespert. Après ces 20 années fulgurantes, c'était moins intéressant à raconter.»

À 20 ans, Yves Saint Laurent connaît la gloire et rencontre Bergé, l'amour de sa vie, lors du défilé Christian Dior, le premier qu'on voit dans le film. «Sans cette histoire d'amour et sans le travail, sa passion, il aurait sombré complètement dans ses addictions et dans sa folie parce que c'était un personnage réellement malade, diagnostiqué en tant que tel, dit Lespert. Il a lutté contre la maladie en s'en protégeant par le travail et puis aussi, certainement, en étant protégé par Bergé.»

Un Saint Laurent plus que ressemblant

Pour le réalisateur, le biofilm est un genre avec ses propres codes dans lequel la star n'est pas forcément l'acteur, mais plutôt le sujet : «À la limite, si Pierre Niney est devenu une vedette en ce moment avec ce film, je suis ravi. Ce n'est pas le cas forcément de tous les films où on est obligé de prendre un acteur bancable pour le financement.»

Le Pierre Niney en question est un jeune acteur qui est entré à la Comédie-Française à 21 ans. Lespert lui a trouvé une ressemblance avec Saint Laurent en feuilletant un magazine dans lequel l'acteur portait des lunettes.

«Déjà sur les photos, on sentait un garçon fin, éduqué, intelligent, dit le réalisateur. J'ai vu des essais qu'il avait faits pour un autre film et, en 40 secondes, j'ai trouvé qu'il avait une intelligence de jeu absolument rare, à son âge en plus parce qu'il fallait un jeune comédien. J'ai organisé une autre séance photo où je l'ai grimé en Yves Saint Laurent pour aller montrer ça à mes partenaires producteurs, distributeurs et, dans la journée même, j'ai eu un retour de chacun disant : c'est lui !»

La collaboration de Bergé

Contrairement à Bertrand Bonello, dont le Saint Laurent présenté à Cannes n'est pas encore sorti sur les écrans français, Lespert a obtenu l'entière collaboration de Pierre Bergé et de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent qui a notamment mis à sa disposition des robes et des dessins de Saint Laurent.

Lespert a consulté Bergé qui, assure-t-il, ne s'est pas immiscé dans le scénario ni dans le tournage : «Je lui ai parlé du film que j'avais envie de faire, en n'ayant pas encore tout à fait le scénario en tête mais avec l'intention de raconter l'histoire de gens qui se battent pour leur rêve, le destin extraordinaire de Saint Laurent, et de s'interroger sur la création, sur l'amour.»

Pierre Niney abonde : «La presse a voulu faire un truc assez manichéen en disant : puisque Bergé est dans la boucle, puisqu'il a donné son accord, ça va être un film très consensuel et très gentil à l'égard d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé. Moi, j'ai passé cinq mois à étudier sa vie et je n'ai honnêtement pas l'impression d'avoir fait l'impasse sur l'aspect critique du personnage. On voit vraiment ses défauts et qu'il est allé très loin dans l'addiction à la drogue, à l'alcool et au sexe.»

Ces mois de préparation, Niney les a consacrés à absorber toutes les facettes de la personnalité de Saint Laurent pour ne plus être dans la simple imitation une fois sur le plateau.

«Jalil voulait que je dessine moi-même dans le film. Ce fut très difficile et laborieux de m'approcher de son trait, mais le jour où j'ai compris les proportions, comment on appliquait les couleurs, le pastel, c'est devenu incroyable.»

L'acteur de 25 ans ne craint pas du tout d'être à jamais prisonnier de ce rôle marquant. Il tourne présentement dans un thriller et jouera bientôt le rôle du fils de Jacques-Yves Cousteau, Philippe, dans le film L'odyssée.

Pas un film gai

Guillaume Gallienne, lui aussi sociétaire de la Comédie-Française et grand gagnant de la dernière cérémonie des César avec son film autobiographique Les garçons et Guillaume, à table !, incarne Pierre Bergé qu'il n'a rencontré qu'une seule fois avant le tournage.

«On a été courtois et on en est restés là, dit-il. La seule responsabilité que j'avais vis-à-vis du Pierre Bergé encore vivant, c'était de respecter son deuil. C'est quelqu'un qui a perdu un être cher et il se trouve que je devais incarner cette histoire-là.»

Gallienne a perdu cinq kilos pendant ce tournage très intense. «C'est difficile d'aimer quelqu'un de malade, dit-il. On était très impliqués, très concentrés et très émus. Plusieurs fois en répétant, on fondait en larmes. La relation entre les deux, elle est quand même très belle. Je trouve que là où le pari est gagné, c'est que les gens sortent du film en disant : j'ai vu une très belle histoire d'amour et il se trouve qu'elle est entre deux hommes ; mais à aucun moment on ne peut labelliser le film de gai.»

Ce rôle aura véritablement marqué Guillaume Gallienne.

«C'est la première fois de ma vie que je suis fier, lance-t-il. Je suis très heureux, très surpris, très touché par Les garçons et Guillaume, à table !, mais quelque part, le travail, c'est mes parents qui l'ont fait. C'est ma vie que j'ai juste eu à raconter. Tandis que Pierre Bergé, c'est entièrement une composition. Je montre des trucs de moi que personne n'a vus et que plein de gens ne soupçonnaient pas...»

Yves Saint-Laurent prend l'affiche le 15 août.

Quelques dates

1936 : Yves Mathieu-Saint-Laurent naît à Oran, en Algérie, le 1er août.

1958 : Devenu directeur artistique chez Dior à la mort de Christian Dior l'année précédente, Saint Laurent lance sa première collection et rencontre Pierre Bergé. Ce dernier sera son compagnon de vie et son associé.

1960 : Saint Laurent est appelé pour son service militaire, mais hospitalisé au Val-de-Grâce pour une dépression. Dior le remplace par Marc Bohan. L'année suivante, il ouvre sa propre maison avec Pierre Bergé.

1965 : Premier hommage aux artistes avec les robes Mondrian. Il créera par la suite des collections inspirées de Picasso, Cocteau, Matisse, Braque, Van Gogh...

1966 : Il crée le smoking féminin et ouvre Saint Laurent rive gauche, la première boutique de prêt-à-porter portant le nom d'un couturier.

2002 : Saint Laurent se retire et la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent voit le jour.

2008 : Le 1er juin, à 71 ans, Saint Laurent meurt à Paris au moment où une exposition-rétrospective consacrée à son oeuvre vient d'ouvrir au Musée des beaux-arts de Montréal.




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