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Mommy

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Résumé

En 2015, dans un Québec fictif, le nouveau gouvernement fédéral vient d'adopter une loi permettant l'internement des enfants à problèmes par les parents, sans plus de procès. Une solution que refuse pourtant d'emprunter Diane Desprès, veuve depuis trois ans et mère de Steve, adolescent impulsif et hyperactif atteint du trouble de déficit de l'attention. Lorsque ce dernier met le feu à la cafétéria du centre où il était placé, Diane le reprend chez elle, dans son modeste appartement en banlieue de Montréal. Si la cohabitation n'est pas sans accrocs, la violence de la relation entre ces deux êtres hauts en couleur est tempérée par l'irruption dans leur vie de Kyla, la voisine d'en face, bègue depuis qu'un événement mystérieux l'a forcée à prendre un congé de son poste d'enseignante au secondaire. L'équilibre que cet étrange trio parvient à atteindre ne résistera pourtant pas longtemps.

Cote La Presse

4/5

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Légende

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DÉTAILS

Date de sortie : 2014-09-19

Classement : 13 ans + (langage vulgaire)

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2015-03-17

Genre : Drame psychologique

Durée : 138 min.

Année : 2014

Site officiel: n.d.

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Xavier Dolan

Montage : Xavier Dolan

Scénario : Xavier Dolan

Production : Xavier Dolan,Nancy Grant

Photographie : André Turpin

Musique : Eduardo Noya

ACTEURS

Alexandre GoyettePatrick HuardSuzanne ClémentAnne DorvalAntoine Olivier PilonMichèle LituacNathalie Hamel-RoyViviane Pacal

Critique

Mommy: poignant Dolan

Marc-André 
Marc-André Lussier

La toute première fois où on la voit dans Mommy, Diane («Die» pour les intimes) a déjà la tête ailleurs, perdue dans ses rêveries. Deux heures plus tard, peu avant qu'on la quitte, elle ne pourra s'empêcher d'imaginer «ce qui aurait pu être» au cours d'une scène lyrique, magnifiée par la musique planante de Ludovico Einaudi, dont l'esprit peut évoquer le fameux dénouement - historique - de la série culte Six Feet Under.

Entre ces deux points d'orgue, la jeune veuve vivra une relation aussi intense que passionnée avec Steve, son fils ado TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité) dont elle a hérité la garde. En racontant leur histoire, dans laquelle viendra s'insérer un troisième personnage plus énigmatique, mais tout aussi fondamental, Xavier Dolan nous propose son film le plus poignant.

Proposé dans un aspect ratio 1:1 (ce cadre carré donne parfois l'impression d'être plus long que large), qui se transforme parfois au gré du récit, Mommy met en son centre trois personnages très forts.

La performance époustouflante d'Anne Dorval dans le rôle de la mère reste sans doute la plus spectaculaire, mais il convient de souligner aussi celle, saisissante, d'Antoine Olivier Pilon. Le jeune acteur demeure toujours très juste, même si le personnage, excessif, exige de toujours enfoncer la pédale dans le tapis. De son côté, Suzanne Clément étonne dans le rôle d'une voisine bègue un peu mystérieuse, qui se liera d'amitié avec Diane et s'occupera aussi parfois des études du fils. Les relations entre ces trois poqués de la vie tisseront le fil d'épisodes parfois glorieux et libérateurs, mais le caractère impulsif et violent de Steve donnera aussi lieu à de nombreuses confrontations très dramatiques.

Le propos, inspiré d'une vague histoire étrangère où l'on évoquait le droit qu'ont des parents dépassés de confier leur enfant «à problèmes» à l'État, est d'abord déchirant. Grâce à son sens des dialogues et de la réplique assassine, Dolan circonscrit immédiatement l'enjeu de cette histoire filiale, dont la nature est quand même différente de celle de J'ai tué ma mère.

Le cinquième long métrage de Xavier Dolan est bien évidemment parsemé de scènes très fortes, que l'auteur-cinéaste, qui ne s'est confié cette fois aucun rôle devant la caméra, pousse jusqu'au bout de leur intensité dramatique. La langue y est très crue, et l'expression, pour le moins colorée. L'écran carré - pour lequel un moment d'adaptation est requis - permet également au cinéaste de mettre vraiment les comédiens en valeur.

De beaux élans romanesques

Mommy est aussi un film très stylisé, tant sur le plan des images (signées André Turpin) que sur celui de la réalisation. Dolan sait utiliser ses effets de façon inventive et pertinente. Fidèle à son habitude, le cinéaste ne craint pas non plus les élans romanesques et les soupçons de lyrisme.

Ponctué de nombreuses chansons puisées à même le répertoire populaire (de Sarah McLachlan à Oasis, en passant par Marjo et Céline Dion), le récit s'envole parfois dans des zones qui font contraste avec la dureté de la réalité dans laquelle sont coincés les protagonistes.

Si le dernier acte - puissant sur le plan dramatique - s'étire un peu, il reste que Mommy est le plus maîtrisé des films «pur style» Dolan.

Un deuxième visionnement, quatre mois après la folie cannoise, a confirmé notre première impression: Mommy est un film magnifique.

* * * *

Mommy. Drame de Xavier Dolan. Avec Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon, Suzanne Clément, Patrick Huard. 2h14.

Mommy: de bruit et de fureur

Éric 
Éric Moreault

Voici enfin le temps venu pour les Québécois de découvrir sur grand écran Mommy, qui a valu à Xavier Dolan un fort mérité Prix du jury au récent Festival de Cannes. Ce film dense et intense, porté par sa réalisation inventive et parfaitement maîtrisée, vient confirmer ce qu'on savait déjà: le jeune Dolan est un cinéaste au talent exceptionnel, tant dans les histoires qu'il imagine que dans la façon de les illustrer. Mais ce n'est pas pour tout le monde.

Ce cinquième long métrage porte la forte signature d'un cinéma d'auteur, celle que se forge Dolan depuis cinq ans. Le cinéphile y reconnaît autant son lyrisme que ses excès provocateurs (assumés comme tels). Ce style particulier, associé, parfois, à un certain maniérisme, repose comme toujours sur des personnages plus grands que nature même dans leur banalité. C'est la principale force de son cinéma.

Mommy met en scène une veuve délurée (Anne Dorval) qui doit soudainement s'occuper de son fils adolescent (Antoine Olivier Pilon), impulsif et violent, qui a épuisé les ressources du réseau social. La paire oedipienne vit une relation amour-haine qui éclate parfois avec fracas, jusqu'à ce qu'elle reçoive un coup de main inespéré et inattendu de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla (Suzanne Clément).

Il se veut le prolongement thématique du premier film du réalisateur de 25 ans, J'ai tué ma mère (2009): la filiation mère-fils, les relations conflictuelles et l'amour obsessif. Mais le style de Dolan y est plus maîtrisé et affirmé que précédemment.

Dans ce climat tendu, il utilise d'ailleurs une projection en carré parfait presque tout au long, ce qui illustre la sensation d'étouffement du duo. Mais, aussi, rive le regard du spectateur sur les personnages (ce qui élimine les distractions). Quand les choses s'améliorent, l'image s'agrandit en plein écran, faisant respirer la fiction: une superbe idée.

On reconnaît par ailleurs son style habituel dans les ralentis accompagnés de musique, souvent sublimes, et son humour noir. Sa direction d'acteur est impeccable, et ses trois acteurs livrent des performances chargées d'intensité. Anne Dorval est bouleversante, et on comprend pourquoi Suzanne Clément a gagné un prix d'interprétation dans la section Un certain regard avec Laurence Anyways (Dolan, 2012).

Une réserve toutefois: les dialogues sont souvent livrés sur un ton qui frise l'hystérie, surtout dans les moments de crise. Il y a intense et intense. On finit par se lasser de tous ces cris et de cette fureur. On a compris, pas besoin d'en rajouter.

D'ailleurs, même s'il s'agit de son meilleur effort, Dolan pèche par excès de longueurs, un tic agaçant chez lui. Celles-ci contribuent notamment à diminuer l'effet de la montée dramatique, qui manque un peu de souffle vers la fin, même si Mommy se conclut sur une belle envolée (un peu artificielle, toutefois).

Critiques dithyrambiques à Cannes

Xavier Dolan a récolté des critiques dithyrambiques au Festival de Cannes. On a notamment loué son audace et son sens du drame. Avec raison. Peu ont souligné, toutefois, que le prétexte du film est devenu accessoire. On aurait aimé que le réalisateur exploite plus en profondeur les implications de son idée d'une loi qui permet d'abandonner la garde de son enfant à l'État.

Toutefois, il illustre de façon forte tout ce qui sous-tend ce drame intimiste: la place des adolescents dans la société et les difficultés des gagne-petit à survivre dans un système aliénant qui les exploite.

En ce sens, Mommy est un véritable électrochoc, bien plus que sur le plan esthétique. Et l'un des meilleurs films de l'année, toutes nationalités confondues.

* * * 1/2

Mommy. Genre: drame. Réalisateur: Xavier Dolan. Acteurs: Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon et Suzanne Clément. Classement: 13 ans et plus. Durée: 2h18.

On aime: le jeu des acteurs, la réalisation originale et maîtrisée, la thématique forte, le réalisme cru.

On n'aime pas: une certaine hystérie dans les dialogues, des longueurs.

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Commentaires (9)

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  • Film impressionnant et agressant autant par le sujet que le traitement puisque comme toujours je crois que Dolan en ajoute plus que le client en demande pour déranger et impressionner. La caméra démontre bien l'intensité du jeu des acteurs tous très bons et juste dans leur rôle mais long puisque la problématique est très bien démontrée et suffisante pour comprendre l'exigence de ce trouble du développement dont la mère a également une personnalité limite et impossible à vivre à long terme avec un enfant TDAH. Musique un peu trop présente puisque déjà assez intense dans le propos.

  • C'est un film à la fois magnifique, autant sur le plan visuel que sur le jeu. Le jeu est tellement réel qu'on en prend plein la gueule. Je suis sortie, encore abasourdie par mon expérience, par la beauté de l'image, par la beauté du jeu. Par tout ce qui rend Mommy un film bien à part. C'est un film qui ne peut laisser indifférent, spécialement lorsqu'on a côtoyé des gens qui leur ressemblent. Certaines scènes sont à couper le souffle. Par leur justesse, mais aussi par leur réalisme. Le jeu de Dorval est parfait. Et que dire de Antoine Pilon. De merveilleux acteurs... A voir avec une tête et un coeur bien sains...

  • bon, j'avais l'intention d'écrire une belle critique clean cut sur ce film, mais mon bouleversement est bien trop omniprésent pour ça.
    voilà tout ce que je peux vous dire; c'est un cri du coeur auquel je viens d'assister. j'ai littéralement été happée par un vent de révolution cinématographique émotionelle. on joue dans le heavy; dans le vulgaire senti et profondément touchant. ça frappe, ça choque, ça ébranle les valeurs.
    sans un mouvement, sans un son, c'est comme ça qu'on regarde un générique de dolan. pis je vais vous dire; c'est ça de l'art à l'état pur.
    vive la culture, vive le cinéma québécois. vive le ''remplissez les salles s'il vous plait''.

  • "Mommy" m'a ému, bouleversé, déchiré. Plus de 24 heures après l'avoir vu, plusieurs de ses images continuent de me hanter. On ne saurait rester de glace devant une telle merveille. Un propos universel, des dialogues éclatés, des performances époustouflantes (et tant, tant d'autres éléments) font de ce long métrage un grand moment de cinéma, tous genres et époques confondus. Mille fois bravo à tous ses artisans et... un GROS Merci.

  • Film chargé d'émotions quelques fois très violentes, ce n'est pas un divertissement; trop réel, comme un documentaire à propos d'une mère et son fils dysfonctionnels dont le spectateur est voyeur. J'ai trouvé le film trop long car il y a un mal-être surtout dans le langage de sacres à répétition donc j'ai eu de la difficulté à saisir le contenu de la phrase. La scénarisation est par contre très étudiée, qui donne aux comédiens principales du génie. Anne Dorval et Antoine Olivier Pilon démontrent un talent certain. Les films de Dolan avec son actrice fétiche ne peut être que des films à succès. Une chance que le soir de ce visionnement j'étais en pleine possession de mon état psychique

  • 2 heures d'engueulade pour 18 minutes d'émotions !

  • @carlpaquin aucun spoiler là, c'est déjà mentionné dans l'article : proposé dans un ratio 1:1 qui se transforme parfois au gré du récit.
    Je suis allée le voir cet pm et j'en suis ressortie bouleversé. On ri, on pleure. Il y a des scènes très dures. Anne Dorval et Antoine Pilon sont excellents. La musique prend une grande place et devient en quelque sorte un personnage. Je trouve que votre critique M. Luissier est tout à fait juste. Un film à voir absolument!

  • ATTENTION SPOILER!!
    L'écran n'est pas toujours en format 1:1. À plusieurs reprises (j'en ai remarqué trois) l'image s'étend jusqu'au format 1:1.85 et devient donc rectangulaire. Bien des personnes ne s'en rendent pas compte durant la séance.

  • "Mommy" deviendra-t-il donc le prochain représentant du Canada à la cérémonie des Oscars
    pour le Meilleur Film Étranger dans une autre langue que...l'anglais ?
    du moins, le film se classera dans les 5 Meilleurs...mais oui...dans les 5...et...

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