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Le Beau Mensonge

Le Beau Mensonge

The Good Lie

Résumé

Soudan, 1993. Fuyant la guerre civile qui a tué leurs parents, Mamere, Jeremiah, Paul et leur soeur Abital prennent la fuite. Au bout d'un périlleux périple de plusieurs mois, ils arrivent enfin dans un camp de réfugiés, situé à la frontière du Kenya. Beaucoup de leurs compatriotes n'ont pas eu cette chance. Une dizaine d'année plus tard, frères et soeur reçoivent leur visa pour les États-Unis, où ils pourront commencer une nouvelle vie. Alors qu'Abital est envoyée dans une famille d'accueil de Boston, les trois jeunes hommes débarquent à Kansas City, au Missouri, où Carrie Davis, une célibataire débraillée travaillant pour une agence d'emploi, a pour mandat de veiller sur eux. La douleur de la séparation d'avec leur soeur se conjugue bientôt avec la difficulté de s'acclimater aux rigueurs de l'hiver, ainsi qu'à la mentalité individualiste nord-américaine. À sa façon parfois maladroite, Carrie, gagnée à leur cause, fait tout ce qu'elle peut pour les aider.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2014-10-17

Classement : Général (déconseillé aux jeunes enfants)

Pays : États-Unis

Distributeur : Warner Bros.

Date de sortie en DVD : 2014-12-23

Genre : Drame

Durée : 109 min.

Année : 2014

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Philippe Falardeau

Montage : Richard Comeau

Scénario : Margaret Nagle

Photographie : Ronald Plante

ACTEURS

Reese WitherspoonCorey StollSarah BakerArnold OcengFemi OgunsGer DuanyEmmanuel JalKuoth Wiel

Critique

The Good Lie: beau film... trop sentimental à la fin

Marc-André 
Marc-André Lussier

The Good Lie est un film entièrement produit aux États-Unis. C'est dire que Philippe Falardeau a dû s'adapter à la façon de faire américaine, à cette culture cinématographique. Et cela n'a pas toujours dû être évident. Ce qui frappe d'abord ici, c'est à quel point le cinéaste québécois a quand même su y mettre du sien. Même si The Good Lie tombe dans des travers hollywoodiens agaçants au cours du dernier acte, il reste qu'on retrouve aisément la signature du réalisateur de Monsieur Lazhar. Du moins dans une bonne partie du film.

Les premières scènes de The Good Lie font écho à la guerre civile au Soudan du Sud au cours des années 80 et 90. Les situations décrites sont violentes. Les personnages s'expriment dans leur langue et cette partie du film est sous-titrée. Dans un long métrage américain, voilà un fait plutôt rare. Encore davantage dans une production distribuée par un grand studio hollywoodien.

Faisant écho au phénomène des «Lost Boys» de l'époque - des orphelins qui ont eu l'occasion de se faire une nouvelle vie en Occident après être passés par un camp de réfugiés -, The Good Lie évoque une histoire de survie dans un contexte pour le moins difficile.

Accueillis à leur arrivée à Kansas City par une agente chargée de leur trouver de l'emploi (Reese Witherspoon), trois de ces garçons devront maintenant apprendre les codes de la société américaine pour tenter de s'intégrer. C'est probablement dans cette partie du récit que la griffe de Falardeau se fait davantage valoir. Le regard un peu espiègle du cinéaste fait d'ailleurs écho au choc culturel que les personnages éprouvent.

Nos amis anglos disent de ce genre d'histoires qu'elles évoquent celles de «poissons sortis de leur bocal». Ainsi, le moindre geste de la vie quotidienne représente un défi. C'est un peu comme Les visiteurs, à la différence que les étrangers ne sortent pas cette fois du Moyen Âge.

Les difficultés d'intégration, et le regard que porte aussi le citoyen «de souche» sur ces étrangers, sont évoquées sans jamais tomber dans la démonstration trop lourde.

Des relents d'authenticité

Les jeunes acteurs, tous d'origine soudanaise (certains d'entre eux furent réfugiés eux-mêmes), jouent le jeu avec candeur, dignité, et octroient au film des relents d'authenticité qu'il aurait été probablement difficile d'atteindre autrement.

De son côté, Reese Witherspoon offre une performance solide dans le rôle de soutien d'une femme dont la vie intime est plutôt désorganisée. Et qui, au contact de ces étrangers, n'aura d'autre choix que de faire face un peu à elle-même.

Le grand mérite de The Good Lie sera assurément de faire connaître au public américain - et à celui de la planète entière - une histoire à laquelle les médias n'ont pas beaucoup fait écho.

Cela dit, on ne peut s'empêcher de déplorer la tournure sentimentaliste que le récit emprunte dans la dernière partie, d'autant qu'elle s'effectue au son des notes vraiment trop insistantes d'une musique signée Martin Léon. Jusque-là, la partition du compositeur québécois se faisait pourtant belle, sobre et délicate.

Aussi, l'appel d'une fondation à donner des sous, lancé au générique à la fin, crée un léger malaise. Personne ne peut être contre la vertu, mais cette façon d'entremêler cinéma et cause humanitaire laisse quand même un sentiment un peu étrange.

* * *

The Good Lie (V.F.: Le beau mensonge). Drame de Philippe Falardeau. Avec Arnold Oceng, Emmanuel Jal, Ger Duany, Reese Witherspoon. 1h50.

Le beau mensonge: touchant et éclairant

Éric 
Éric Moreault

À bien des égards, Philippe Falardeau a choisi un sujet taillé sur mesure pour son premier film américain. Mais en raison de la nature difficile du sujet - des réfugiés fuyant une guerre ethnique - et de la propension hollywoodienne à javelliser, le risque était grand que le réalisateur y perde son âme. Or, Le beau mensonge (The Good Lie) porte sa signature, emplie d'humanité et de compassion, et s'avère un long métrage touchant et éclairant sur une page sombre de l'histoire récente en Afrique.

Le film recrée d'abord, dans une approche presque documentaire, les combats ethniques de la deuxième guerre civile au Soudan, la masse d'orphelins désemparés qui fuient celle-ci et leur séjour dans un camp de réfugiés (pendant 13 ans!).

Les plans à couper le souffle de la savane alternent avec ceux, brutaux, du combat pour la survie. La sensibilité du réalisateur, qui a séjourné au Soudan à l'époque, est évidente même si on le sent moins à l'aise dans les séquences de guerre. Les gros plans des visages témoignent d'ailleurs bien plus de l'horreur et de la souffrance que ceux qui sont plus explicites.

Le récit se déplace ensuite aux États-Unis où débarquent certains d'entre eux, en 2000, alors qu'ils sont de jeunes adultes. Un trio de réfugiés (Arnold Oceng, Ger Duany, Emmanuel Jal) sera pris en charge par une conseillère à l'emploi délurée, Carrie (Reese Witherspoon). Le choc culturel est titanesque.

Leur regard ahuri sur le mode de vie occidental (ils ne savent même pas ce qu'est un téléphone!) est d'une drôlerie irrésistible. C'est tout Falardeau dans son rapport à l'humour décalé. Et dans sa façon de filmer en plans plus larges qui laissent respirer l'histoire.

Reste que le plus beau compliment qu'on peut faire au réalisateur québécois et sa scénariste Margaret Nagle, c'est de ne pas avoir cédé à la tentation de déplacer le focus du récit vers Carrie, mais bien de le laisser sur le réel drame de cette histoire, celui des «garçons perdus du Soudan».

Bien sûr, la vedette de Wild joue un rôle pivot dans Le beau mensonge. Elle s'en tire d'ailleurs très bien, en brune énergique et un brin vulgaire, ce qui casse son image habituelle. Mais la caméra de Falardeau s'attarde surtout au quotidien du trio et à leur difficile adaptation à un monde qui ne correspond pas à leurs valeurs profondes.

Le beau mensonge aborde les questions des liens qui nous unissent, de la solidarité, du sens du sacrifice, du devoir moral, mais aussi des problématiques bien réelles des réfugiés humanitaires (et de l'absurdité bureaucratique qui en découle), de notre rapport au travail ainsi que celle du stress post-traumatique. Pas le genre de thèmes souvent abordés à Hollywood.

D'ailleurs, on sent la lourde patte des studios dans la dernière partie du récit, qui s'enfonce dans les bons sentiments et le convenu, même si la finale, un brin prévisible, a un impact émotionnel indéniable en raison de la beauté du geste. Au Festival de Toronto, ma voisine de siège, une journaliste, avait le visage qui baignait dans les larmes.

Si Le beau mensonge réussit à provoquer ce genre de réaction, c'est qu'il s'adresse avec beaucoup de sensibilité au coeur et à l'intelligence du spectateur. C'est la marque d'un bon réalisateur, mais aussi celle d'un humaniste. Ce qui honore au plus haut point Philippe Falardeau.

* * *

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Commentaires (2)

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  • J'aime Falardeau et contente de voir son nouveau film américain qui ne dénature pas ce qu'il fait bien avec des paysages grandioses et surtout dans sa démarche artistique de donner la chance à des gens ayant vécu le drame de proche de participer à ce film qui à mon point de vue donne plus de crédibilité au sujet traité avec retenue humaniste et vérité. Bravo puisque pas facile de faire son film avec ce contrôle des bailleurs de fond ! Naturellement fin prévisible et réaliste mais touchante puisque tous ne gagne pas ! J'espère beaucoup de cinéphiles pour ce film différent avec un sujet important à faire connaitre en Amérique!

  • c'est à se demander s'il y a des journalistes (Torontois/ Canadians) qui couvrent le TIFF ?
    Pas un ostie mot dans les journaux anglos de la Première de "The Good Lie" de Falardeau
    de même que "Boychoir" de Girard de même que "L'amour en temps de guerre" (Jean) et aussi "Felix

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