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Esclave pendant douze ans

Esclave pendant douze ans

12 Years a Slave

Résumé

Sarasota, État de New York, vers 1840. Solomon Northup, violoniste populaire et heureux père de famille, est dupé par des crapules qui le kidnappent et le confient à un marchand d'esclaves qui opère dans le Sud du pays. Transporté par bateau jusqu'en Louisiane puis vendu à un planteur, Northup ravale sa colère et cache sa bonne éducation, par crainte d'être tué. Au plus profond de lui-même, toutefois, le nouvel esclave rebaptisé Platt est résolu à recouvrer bientôt sa liberté. Mais ses chances d'y parvenir s'amenuisent lorsqu'un affrontement avec un contremaître sadique force son propriétaire à le vendre à un rival, Edwin Epps. Réputé pour sa violence, ce dernier met Northup sous sa botte, comme il l'a fait avec tous ses compagnons d'infortune, incluant Patsey, la jeune championne des cueilleurs de coton, que le despote fou de Dieu possède jusque dans son lit.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2013-11-01

Classement : 13 ans + (violence)

Pays : États-Unis

Distributeur : Fox Searchlight

Date de sortie en DVD : 2014-03-04

Genre : Drame biographique

Durée : 134 min.

Année : 2013

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Steve McQueen (1),Steve McQueen

Montage : Joe Walker

Scénario : John Ridley

Photographie : Sean Bobbitt

Musique : Hans Zimmer

D'après le livre de : Solomon Northup

ACTEURS

Benedict CumberbatchChiwetel EjioforMichael FassbenderPaul GiamattiPaul DanoGarret DillahuntBrad PittSarah PaulsonAlfre WoodardLupita Nyong'o

Critique

12 Years a Slave : aussi puissant que douloureux...

Marc-André 
Marc-André Lussier

Il y a eu Django Unchained l'an dernier. Un film remarquable, bien sûr. Dans lequel Quentin Tarantino a mis toute sa virtuosité au service d'une histoire de vengeance. Dotée d'un aspect libérateur tout à fait réjouissant, cette comédie dramatique outrancière n'était quand même pas animée d'un souci de réalisme. La démarche du cinéaste britannique Steve McQueen est bien différente. Le réalisateur de Hunger et de Shame, deux films marquants, plonge plutôt le spectateur dans une expérience immersive. Et c'est très douloureux.

En relatant sur grand écran l'histoire réelle d'un homme qui, après avoir été piégé, a été vendu en tant qu'esclave dans le sud des États-Unis au milieu du XIXe siècle, le cinéaste aborde directement l'un des épisodes les plus honteux de l'histoire de l'humanité.

Dans 12 Years a Slave, l'acteur anglais Chiwetel Ejiofor (Amistad, Children of Men) se glisse dans la peau de Solomon Northop, auteur du récit autobiographique duquel le scénario (signé John Ridley) est l'adaptation. Publié en 1853, soit le lendemain de la libération de M. Northop des griffes de ses maîtres, ce livre relatait le calvaire que cet homme a dû traverser pendant toutes ses années d'esclavage.

Habitant à Saratoga, dans l'État de New York, Solomon était pourtant un homme libre. Musicien respecté, il coulait ses jours paisiblement avec femme et enfants. En 1841, il a été kidnappé, transporté au Sud et vendu comme esclave. Il sera miraculeusement «sauvé» de sa condition 12 ans plus tard.

Une approche réaliste

Fidèle à son habitude, McQueen emprunte une approche très réaliste pour raconter le parcours d'un homme qui, du jour au lendemain, se retrouve coincé dans un environnement on ne peut plus hostile, où il est battu et torturé quotidiennement.

S'il trouve au départ un «maître» quand même un peu plus «sensible» (Benedict Cumberbatch), Solomon, dont le nom d'esclave est Platt, connaîtra des jours encore plus difficiles quand, pour sa propre «sécurité», il est revendu. Son nouveau maître, Epps (Michael Fassbender), est un caractériel qui déverse ses frustrations sur ceux qu'il possède. Torture, fouet et humiliations en tous genres figurent au programme. Fassbender, acteur fétiche de Steve McQueen, offre une composition hallucinante. Son personnage glace le sang.

Une distribution exceptionnelle

De Chiwetel Ejiofor, extraordinaire dans le rôle de Solomon, jusqu'aux plus petits rôles, la distribution d'ensemble est exceptionnelle. Le film 12 Years a Slave se distingue aussi grâce à ses images, admirablement composées (photo signée Sean Bobbitt), de même qu'à toute la conception sonore (y compris la trame musicale de Hans Zimmer). Le long métrage compte aussi sur une participation de Brad Pitt. L'acteur, très impliqué dans l'action communautaire à La Nouvelle-Orléans (où le tournage de ce film a eu lieu), agit aussi en tant que producteur ici.

Sans contredit, 12 Years a Slave est l'une des oeuvres cinématographiques les plus puissantes de l'année. Notez que ce grand film de Steve McQueen peut aussi être vu en version originale avec sous-titres français.

* * * *

12 Years a Slave. Drame historique réalisé par Steve McQueen. Avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Brad Pitt. 2h14.

Esclave pendant douze ans: réalité brute

Éric 
Éric Moreault

Esclave pendant douze ans (12 Years a Slave) a renversé la critique lors de sa présentation au Festival international du film de Toronto et il raflera, logiquement, quelques Oscars en mars. On voit rarement un film qui nous rive à notre siège en nous serrant le coeur jusqu'à ressentir une profonde douleur. De la honte et du dégoût aussi. Le film de Steve McQueen est dur, mais nécessaire. Et même s'il se déroule il y a 150 ans, son exploration sans fard du racisme et de l'esclavage est toujours, encore plus, même, d'actualité.

Le troisième film de Steve McQueen (Hunger, La honte) s'attarde au destin de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor), un homme libre et instruit qui est kidnappé, puis vendu comme esclave, en 1841, dans le sud des États-Unis. Dépouillé de son identité, il partage avec d'autres d'Afro-Américains la souffrance des humiliations quotidiennes, du labeur exténuant et des familles divisées. Une situation d'autant plus cauchemardesque pour Northup que sa femme et ses enfants ignorent tout de son triste sort.

Le réalisateur filme crûment la brutalité et les dégradations que subissent les esclaves. Le long métrage est d'autant plus percutant qu'il s'agit de l'adaptation de l'autobiographie de Northup, publiée en 1853.

Superbement filmé et réalisé, avec une direction d'acteurs impeccable et avec une bande sonore oppressante de Hans Zimmer, Esclave... soutient avec éloquence sa thèse. McQueen n'a pas peur de confronter le spectateur et de lui montrer à quel point l'humain peut être abject et cruel.

Certaines scènes sont intolérables en raison de leur réalisme. Quand McQueen place longuement sa caméra fixe à la hauteur du visage de Northup, alors qu'il est au sol à subir l'épreuve du fouet, ou qu'il le montre pendu à un arbre par les poignets, le spectateur est saisi d'horreur. Mais ce sont des choix justifiés et justifiables. La réflexion sur la barbarie de l'esclavage s'impose (environ 30 millions de personnes dans le monde vivent dans des conditions d'esclavage moderne).

La réalisation est d'autant plus admirable que McQueen refuse le sensationnalisme et ne cherche pas à choquer, ni à culpabiliser. Même refus du mélo et du pathos alors que le sujet s'y prête pourtant. Il expose.

Le réalisateur anglais a engagé un de ses compatriotes pour jouer le rôle principal, un pari risqué. Mais la performance éblouissante de Chiwetel Ejiofor lui donne raison. Il réussit à véhiculer les émotions extrêmement vives de son personnage de façon nuancée, parfois d'un seul regard. Il est d'une crédibilité sans faille, un exploit pour un film historique. Il réussit à merveille à exprimer la résignation, mais aussi le courage, de cet homme qui sacrifie une partie de sa dignité pour survivre. Un Oscar, avec ça? Il le mérite.

Pariez que Michael Fass­bender obtiendra une nomination dans la catégorie d'acteur de soutien aux Oscars pour son incarnation d'un cruel propriétaire de plantation; de même que Sarah Paulson et Lupita Nyong'o, pour leurs rôles respectifs d'une tortionnaire et de sa victime, comme meilleure actrice de soutien. Le film et McQueen seront nommés dans les principales catégories.

Esclave pendant douze ans est l'incarnation même du cinéma intelligent, sensible, dont le récit est mené de main de maître.

* * * *

Esclave pendant douze ans (v.f. de 12 Years A Slave). Genre: drame biographique. Réalisateur: Steve McQueen. Acteurs: Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender et Lupita Nyong'o. Classement: 13 ans et plus. Durée: 2h14.

On aime: le refus du mélo, la vérité toute crue, Chiwetel Ejiofor, la dextérité de McQueen.

On n'aime pas: -

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Commentaire (1)

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  • Sarasota ne se trouve pas dans l'État de New York. Je crois que la ville en question ici est Saratoga, NY. Ce n'est pas la première fois que la Presse se trompe de noms anglais ou américains dans ces articles.

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