En DVD

Wadjda

Wadjda

Wadjda

Résumé

En banlieue de Riyad, Wadjda, 12 ans, ne passe pas inaperçue. Toujours en espadrilles et portant son voile de manière négligée, la préadolescente téméraire et anticonformiste suscite la réprobation générale. Même sa mère est exaspérée par son insistance à vouloir obtenir une bicyclette, et ce bien qu'en Arabie Saoudite, la pratique de ce sport soit strictement interdite aux filles. Apprenant que son école organise un concours de récitation coranique doté d'un prix en argent qui lui permettrait d'acheter le vélo de ses rêves, Wadjda s'attelle à la tâche, bien qu'elle soit peu douée dans cette discipline. Entre les tensions familiales et les remontrances de ses professeurs qui lui reprochent son ton monocorde, la préparation au concours s'avère plus difficile que prévu.

Cote La Presse

3.5/5

Votre cote 28 votes

3.3/5

Fermer X

Bande-annonce de Wadjda

Vous avez vu le film?
Faites-nous part de vos commentaires

COTEZ CE FILM

Légende

  • 5 etoile - exceptionnel
  • 4 etoile - Très bon
  • 3 etoile - Bon
  • 2 etoile - Passable
  • 1 etoile - À éviter

DÉTAILS

Date de sortie : 2013-08-02

Classement : Général

Pays : Arabie Saoudite

Distributeur : Métropole Films Distribution

Date de sortie en DVD : 2014-02-11

Genre : Drame

Durée : 97 min.

Année : 2012

Site officiel: n.d.

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Haifaa Al Mansour

Montage : Andreas Wodraschke

Scénario : Haifaa Al Mansour

Photographie : Lutz Reitemeier

Musique : Max Richter

ACTEURS

Abdullrahman Al GohaniReem AbdullahSultan Al AssafWaad Mohammed AhdMohammed Zahir

Critique

Wadjda : la petite battante

Josée 
Josée Lapointe

On entre donc dans l'appartement confortable de Wadjda et de sa mère, dans une école de filles aux règles strictes, dans les cours de récitation presque chantée - la scène du concours, où Wadjda récite le Coran avec coeur et conviction, est d'une grande émotion...

Le vélo comme symbole

La réalisatrice nous montre le quotidien banal des femmes, qui peut parfois s'avérer compliqué. La mère de Wadjda, par exemple, doit organiser chacun de ses déplacements puisqu'elle ne peut conduire ni sortir seule. La mobilité est probablement ce qui manque le plus aux Saoudiennes, et le symbole du vélo, qui représente la liberté et la souplesse, n'a clairement pas été choisi par hasard...

Wadjda pose sur tout cela le regard naïf d'une enfant qui ne comprend pas pourquoi elle ne peut faire ce qu'elle veut, sans pourtant remettre en question l'organisation du monde dans lequel elle vit. C'est probablement ce qui rend le film si poignant: Wadjda, incarnée avec fougue par Waada Mohammed, ressemble à nos filles. Elle a la même vivacité, la même intelligence, la même spontanéité qu'elles.

Si elle ne dénonce pas l'injustice systémique dont elle victime, elle la combat à sa manière, avec obstination et en souriant. Parce que, oui, elle a beau ne pas figurer dans l'arbre généalogique de son père qui va prendre une deuxième femme parce que la première n'a pu lui donner de fils, Wadjda est heureuse. Mais l'insouciance de nos filles, ça, elle ne connaîtra jamais.

Avec son regard d'enfant qui en sait déjà trop, Wadjda a quelque chose à nous dire sur l'inégalité des chances dans le monde. Et ce film poétique qui l'amène jusqu'à nous est aussi sobre que touchant.

* * * 1/2
Wadjda. Drame de Haifaa Al Mansour, avec Waada Mohammed et Reem Abdullah. 1h37.

Wadjda: la rêveuse de bicyclette

Éric 
Éric Moreault

Haifaa Al-Mansour a réussi tout un exploit avec Wadjda. Non contente d'être réalisatrice dans un pays musulman très strict, elle a aussi produit le premier film de l'Arabie Saoudite... Mais ça n'aurait aucun mérite si Wadjda n'était pas un très bon et attachant long métrage, au ton frais. Un film qui a aussi le courage de dénoncer (subtilement) le carcan dans lequel trop de femmes sont enfermées (et pas seulement dans les contrées dominées par les extrémistes).

La prémisse est toute simple. Wadjda (Waad Mohammed), 12 ans, qui habite en banlieue de Riyad, rêve d'un vélo vert pour faire la course avec son ami Abdallah (Abdull­rah­man Al-Gohani). Mais les jeunes filles ne font pas de bicycle, elles y perdraient leur honneur, lui oppose sa mère (Reem Abdullah).

Wadjda, qui fait peu de cas des bondieuseries - la petite rebelle porte des espadrilles et des jeans sous son hidjab et écoute du rock -, n'a pourtant qu'un seul moyen de réunir l'argent nécessaire: gagner le concours de récitation de versets du Coran de l'école et sa précieuse bourse. Tout en composant avec un père absent, une mère préoccupée (par l'éventuelle deuxième noce de son mari) et une directrice d'école intransigeante.

Dieu seul sait si Haifaa Al-Mansour les a vus, mais Wadjda est un hybride des Quatre cents coups (Truffaut, 1959) et du Voleur de bicyclette (De Sica, 1948). Comme le premier, Wajdja, à l'instar d'Antoine Doinel, le jeune protagoniste des Quatre cents coups, détonne dans son milieu scolaire en raison de son non-conformisme (elle a aussi un père futile). Du deuxième, le film emprunte son approche néoréaliste (tournages en extérieur dans des décors naturels, lumières naturelles, des contraintes imposées par le manque de ressources, il est vrai), mais aussi un fort propos social.

La réalisatrice dépeint sans fard la réalité saoudienne, les humiliations quotidiennes vécues par les femmes. Elle n'est guère plus complaisante envers les femmes qui entourent Wadjda et appliquent l'interprétation donnée à la charia sans remettre en question les fondements de celle-ci. Elle va même jusqu'à donner un propos politique à son film, osant aussi se moquer de la rhétorique qui pousse des jeunes à commettre des attentats-suicides et de la promesse qui leur est faite de retrouver 70 vierges au ciel.

Ce fameux vélo prend évidemment valeur de symbole. Il représente la liberté, l'émancipation, le mouvement et un avenir plus radieux qu'incarne Wadjda. Mais le scénario, lui, sert de prétexte à une forme de revendication tranquille.

Wadjda est un film courageux. Mais pas exempts de défauts. On fait l'impasse sur les maladresses de la réalisation, somme toute mineures pour un premier film. On tique un peu plus, par contre, sur certaines longueurs, notamment la compétition de psalmodiation des sourates.

La fin de celle-ci donne toutefois un moment magnifique lorsque les yeux de Wadjda s'illuminent après avoir gagné. La candeur de Waad Mohammed est magnifique. Reem Abdullah, en mère moderne, mais soumise à son mari et aux règles, livre aussi une interprétation touchante.

Pour ceux qui aiment le cinéma différent, Wadjda est un petit bijou de film.

* * * 1/2

Wadjda. Genre : drame. Réalisatrice: Haifaa Al-Mansour. Acteurs: Waad Mohammed, Reem Abdullah et Abdullrahman Al-Gohani. Classement: général. Durée: 1h38.

On aime: le ton frais, les dénonciations subtiles, la candeur de Waad Mohammed.

On n'aime pas : certaines longueurs.

publicité

Commentaires ( 1 ) Faites-nous part de vos commentaires >

Commentaire (1)

Commenter cet article »

  • Quelle idée de révéler la résolution de l'intrigue....

Commenter cet article

Vous désirez commenter cet article? Ouvrez une session | Inscrivez-vous

 

Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires