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      En DVD

      The Act of Killing

      The Act of Killing

      Résumé

      En 1965, le gouvernement indonésien est renversé par les militaires, sous les ordres du général Suharto. Ce dernier engage ensuite des "gangsters" pour éliminer tous les membres du parti communiste, qualifiés d'ennemis de la nation. En quelques mois, le plan sera mis à exécution avec une cruauté inimaginable, faisant près d'un million de morts. 45 ans après les faits, le documentariste Joshua Oppenheimer retrouve ces criminels, parfaitement libres de leurs mouvements et protégés par le régime en place. Suivant plus particulièrement l'un d'entre eux, le fan de cinéma américain Anwar Congo, le cinéaste recueille leurs confidences et les invite à tourner un film de fiction avec lui. C'est avec fierté qu'ils acceptent de recréer devant la caméra les meurtres et exactions de l'époque. Car à leurs yeux, leur rôle dans ce massacre planifié mérite tout simplement d'être célébré.

      Cote La Presse

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      DÉTAILS

      Date de sortie : 2013-08-09

      Classement : 13 ans + (violence)

      Pays : Danemark

      Distributeur : EyeSteelFilm

      Date de sortie en DVD : 2014-04-01

      Genre : Documentaire

      Durée : 122 min.

      Année : 2012

      Site officiel

      GÉNÉRIQUE

      Réalisation : Josh Oppenheimer,Christine Cynn,Joshua Oppenheimer

      Montage : Nils Pagh Andersen,Janus Billeskov Jansen,Ariadna Fatjo-Vilas,Charlotte Munch Bengtsen,Erik Andersson,Mariko Montpetit

      Photographie : Lars Skree,Carlos Arango De Montis

      Musique : Karsten Fundal

      ACTEURS

      Critique

      The Act of Killing : les bourreaux vus de près

      Chantal 
      Chantal Guy

      C'est en tournant un autre film en Indonésie, The Globalisation Tapes, que le jeune documentariste américain Joshua Oppenheimer est tombé sur son sujet. Une tragédie très peu connue en Occident: le massacre de sympathisants communistes ordonné par le président Suharto, dans les années 60. De 500 000 à 1 million de victimes, selon les estimations, tuées par l'armée, des milices civiles et des gangsters.

      Or, de ce massacre, aucune réflexion n'est née, aucun mea culpa, aucun procès. C'est tout le contraire: les bourreaux sont toujours au pouvoir, ils coulent des jours heureux et sont considérés comme des héros nationaux.

      Joshua Oppenheimer a réussi à gagner la confiance de quelques hommes qui, à l'époque, étaient des gangsters. Ils n'ont aucun problème à raconter leurs exactions à la caméra; ils sont même pas mal fiers. Ce sont des fans de cinéma américain, dans lequel ils ont pioché leur attitude de «bums», et ils ont très envie de participer au film d'Oppenheimer qui leur propose de reconstituer leurs crimes - qui, pour eux, n'en sont pas.

      Nous les voyons se maquiller, se déguiser, s'interroger sur leur apparence, sur leur jeu; ils prennent ce projet très au sérieux, sans deviner qu'ils se couvrent d'un atroce ridicule et sans jamais se questionner sur la cruauté de leurs gestes. En fait, la cruauté semble pour eux une belle qualité virile.

      La banalité du mal

      Vous n'aurez jamais vu de plus près ce que Hannah Arendt a décrit comme «la banalité du mal» après le procès du criminel de guerre Adolf Eichmann. On a beau avoir vu des tonnes de documentaires sur les nazis, aucun ne s'approche d'aussi près de ce que révèle le film d'Oppenheimer.

      C'est qu'on a rarement vu des bourreaux aussi décomplexés, des meurtriers aussi «ordinaires». Plus le film avance, plus on peine à croire ce qu'on voit et ce qu'on entend; l'effroi s'insinue en nous sans voir une seule goutte de sang.

      Une culture de l'impunité sévit dans ce pays pas loin d'être une république de bananes, où la politique est une sorte de spectacle kitsch d'un cynisme extrême. Les survivants des massacres n'osent pas parler, la minorité chinoise continue d'être persécutée - scène hallucinante de «taxage» éhonté des commerçants -, les bourreaux sont invités dans des talk-shows où on les célèbre pour leurs meurtres.

      Dans le film d'Oppenheimer, ils se souviennent de cette époque comme d'un bon moment de leur jeunesse, racontent avec détails comment ils ont tué, violé, pillé. Ce qu'ils avouent carrément à la caméra, c'est le plaisir de tuer. On ne voit pas ça tous les jours.

      L'impossible rédemption

      Le documentariste s'attarde plus précisément à un homme, Anwar Congo, qui explique entre autres comment il a inventé une méthode plus rapide pour assassiner un maximum de communistes. Une technique d'étranglement qu'il n'hésite pas à recréer pour les besoins du film.

      Or, Anwar fait des cauchemars. Il semble le seul à avoir quelques fissures à l'âme. Lui qui aime tant le cinéma américain verra la «magie du cinéma» se retourner contre lui. C'est en voyant les images de sa «performance», alors qu'il joue une victime, qu'il finit par craquer. Tout à coup, une espèce d'empathie le saisit, et le cinéaste lui rappelle que, dans son cas, c'est du jeu; ses victimes savaient qu'elles allaient mourir.

      «Mais je le ressens, répond-il. Ai-je péché? Je ne veux pas, Josh.» Ce que nous voyons alors est la naissance d'un début de conscience et on se surprend à ressentir de la pitié pour cet homme qui a commis les pires crimes, car aucune rédemption ne semble à sa portée.

      Au générique, une liste d'anonymes, prouvant que le sujet est dangereux pour ceux qui ont collaboré à cette réalisation. D'ailleurs, Oppenheimer confirme en entrevue qu'il ne peut retourner en Indonésie sans danger, mais qu'il prépare un documentaire sur les victimes. «Un critique indonésien a même écrit: «Si The Act of Killing avait été réalisé par un Indonésien, il se serait appelé The Act of Being Killed», raconte Oppenheimer.

      Si vous n'avez qu'un seul documentaire à voir cette année, c'est celui-là. Brillant, puissant, ahurissant, désespérant: les qualificatifs manquent pour rendre compte du choc de cette bombe cinématographique.

      * * * * 1/2
      The Act of Killing. Documentaire de Joshua Oppenheimer. 1h55.

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      Commentaires (2)

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      • Oufff.. Film qui laisse pantois (ou pantoite si on est ministre) ... Édifiant et à la fois révoltant de voir ces personnes être conscients et inconscients de ce qu'ils ont fait ... La vision qu'ils ont de la politique reste toutefois très réaliste, comme en fait fois celui qui se présente aux élections et qui décrit ses objectifs on ne peut plus clairement...D'ailleurs on ne peut s'empêcher de retrouver "un peu de nous la dedans" quand il fait cette description ... À voir ...

      • On le sais que le monstre est en nous, il existe depuis toujours, et continue de sévir, dans le détail comme dans le gros.

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