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Journal de France

Journal de France

Résumé

Ingénieure du son de Raymond Depardon depuis URGENCES en 1987, Claudine Nougaret entreprend de tracer le parcours biographique et professionnel du célèbre photographe-cinéaste, à partir de chutes et de scènes inédites de ses films. En parallèle, Depardon sillonne la France à bord d'une camionnette en prenant divers clichés révélateurs, à l'aide de son vieil appareil photo à chambre noire sur trépied. Car après avoir bourlingué à travers le monde, notamment au Venezuela, en Israël, en Tchécoslovaquie et au Tchad - où est né son amour du désert -, le septuagénaire sent maintenant le besoin de partir à la découverte de son propre pays, qu'il a toutefois radiographié à travers ses documentaires sociaux FAITS DIVERS, DÉLITS FLAGRANTS, 10e CHAMBRE - INSTANTS D'AUDIENCE et LA VIE MODERNE.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2013-02-15

Classement : Général

Pays : France

Distributeur : FunFilm

Date de sortie en DVD : n.d.

Genre : Documentaire

Durée : 100 min.

Année : 2012

Site officiel: n.d.

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Raymond Depardon,Claudine Nougaret

Montage : Simon Jacquet

Scénario : Raymond Depardon,Claudine Nougaret

Photographie : Raymond Depardon

ACTEURS

Critique

Journal de France : l'oeuvre d'une vie

Marc-André 
Marc-André Lussier

Déjà présenté aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal l'automne dernier, Journal de France est un film dans lequel le grand photographe et cinéaste Raymond Depardon revient sur sa longue carrière. Un peu comme pour fermer un chapitre sur une glorieuse époque dont les chantres se font de moins en moins nombreux. En entrevue, le cinéaste se désolait notamment des disparitions successives de grands maîtres comme Pierre Perrault, Jean Rouch et Chris Marker.

Dans Journal de France, des films d'archives, tournés lors d'événements marquants, s'insèrent dans le portrait de l'artiste, dessiné par la femme qui l'aime. Claudine Nougaret, la fidèle complice - et ingénieure du son - avec qui Depardon partage sa vie depuis longtemps, cosigne ce document, conçu à partir d'un périple que le couple a entrepris en sillonnant les routes de France. L'ambition était de tenter de capter l'air du temps au gré des rencontres, tout en posant un regard rétrospectif sur leur propre parcours.

À cette vision contemporaine se juxtaposent ainsi des scènes du passé, parfois inédites, puisées à même des chutes inutilisées, des bouts de reportages ou d'archives photographiques. De la Centrafrique de Bokassa jusqu'à Prague envahie par les chars d'assaut soviétiques, la grande histoire fait contrepoint au parcours intime, conjugué au présent. Il en résulte une espèce de collage duquel émane la passion du cinéaste pour ses contemporains. Des années 60 jusqu'à nos jours, le monde se construit sous l'oeil attentif d'un témoin privilégié. Et discret.

Cela dit, cette ambition de montrer à la fois l'artiste en plein travail - d'où toutes ces scènes croquées dans la province française - et d'insérer ce nouveau projet dans le contexte de toute une vie est un peu démesurée. À force de trop vouloir dire, on sent parfois un peu d'empressement, d'autant que la matière est riche et couvre plusieurs époques. 

Pour les amoureux de la forme documentaire, Journal de France reste toutefois un incontournable. Le film se pose en espèce de best of du cinéma de Raymond Depardon, dans lequel on ajoute de surcroît de nouveaux chapitres. Forcément, on aura envie d'aller revisiter l'oeuvre entière.

* * * 1/2
Journal de France. Documentaire de Raymond Depardon et Claudine Nougaret. 1h40.

Journal de France: Depardon en gros plan

Éric 
Éric Moreault

Journal de France se présentait sur papier comme rempli de promesses - un documentaire qui suit le renommé cinéphotographe Raymond Depardon à travers la France, entrecoupé d'extraits de reportages internationaux puisés à même ses archives personnelles. Dans les faits, cette juxtaposition s'avère ratée et laisse le spectateur sur son appétit en restant dans l'anecdotique.

Le fondateur de l'agence Gamma est un monument, un immense photographe au style unique et est considéré comme un maître du documentaire. Depardon revendique la subjectivité de ses prises de vue et aime prendre des clichés de ce qu'il appelle «les temps morts» où, supposément, il ne se passe rien, mais qui sont en réalité les plus révélateurs.

On comprend que Journal de France utilise la même technique, suivant le photographe avec ses deux imposants appareils de prise de vue (à l'ancienne, avec chambre et plaque) alors qu'il erre dans le territoire dans sa camionnette blanche. Il veut capturer des moments pour réunir les grandes dynamiques historiques et culturelles du pays. Va pour la photo, mais pour un film...

Sa méthode est basée sur l'écoute et le regard, proche de celle du cinéma direct. Il a d'ailleurs réalisé, en plus de 50 ans de carrière, de nombreux documentaires, touchant tous les styles, et une fiction marquante: La captive du désert (1989), avec Sandrine Bonnaire. Mais le documentaire n'est pas bien loin puisqu'il raconte la captivité de Françoise Claustre, retenue en otage pendant deux ans et demi au Tchad. Journal de France contient d'ailleurs un extrait de l'entrevue qu'il réalise avec l'archéologue, en 1975, alors qu'elle est prisonnière.

C'est à la fois ce qui est fascinant et le plus décevant dans cette succession d'extraits d'archives des déplacements de Depardon à travers la planète : Venezuela (guerre civile), République centrafricaine (l'empereur Bokassa 1er), Cisjordanie, Prague (1969), Mogadiscio, Mandela à Johannesburg (1993), les hôpitaux psychiatriques italiens (pendant quatre ans)...

Dès qu'on commence à entrer dans la séquence, celle-ci se termine et on revient au voyage de Depardon et aux images de cartes postales de la campagne française. Cette succession de coïts interrompus devient terriblement frustrante. D'autant qu'il manque aussi de contexte : seulement quelques phrases en voix hors champ.

Manque de distance

Depardon et sa conjointe Claudine Nougaret, qui est aussi productrice et ingénieure du son sur ses tournages, ont réalisé le film. Le couple manque de distance par rapport à ses sujets. Un peu de Depardon, mais pas trop. Des inédits, mais pas trop. Un discours sur l'art, mais pas trop. Le résultat est un film bancal. Qui met tout de même en lumière l'obsession de Depardon pour le désert et les images vraies, et qu'il est autant cinéaste que photographe, toujours poussé par sa curiosité à 70 ans. Ce n'est pas rien.

* * 1/2
Journal de France. Genre: documentaire. Réalisateurs: Claudine Nougaret et Raymond Depardon. Acteur: Raymond Depardon. Classement: général. Durée: 1h40.

On aime: les leçons de photo de Depardon.

On n'aime pas: les trop courts extraits.

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