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      Le Prix des mots

      Le Prix des mots

      Résumé

      En 2008, le chercheur indépendant Alain Deneault publie le livre "Noir Canada", où il recense les abus de compagnies minières canadiennes en Afrique. Deux de celles-ci lui intentent, à lui et son éditeur, des procès en diffamation pour des montants abusivement élevés.

      Cote La Presse

      2.5/5

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      DÉTAILS

      Date de sortie : 2013-02-08

      Classement : Général

      Pays : Canada

      Distributeur : ONF

      Date de sortie en DVD : n.d.

      Genre : Documentaire

      Durée : 78 min.

      Année : 2012

      Site officiel

      GÉNÉRIQUE

      Réalisation : Julien Fréchette

      Montage : Andrea Henriquez

      Scénario : Julien Fréchette

      Production : Colette Loumède,Jean-Simon Chartier

      Photographie : Nicolas Canniccioni,Étienne Boilard,Patrick Antoniewicz

      Musique : Dany Nicolas,Zoé Dumais

      ACTEURS

      Critique

      Le prix des mots : dans toutes les directions

      Josée 
      Josée Lapointe

      Le feuilleton judiciaire - qui n'est pas encore terminé - qui a opposé les éditions Écosociété et l'auteur Alain Denault à deux sociétés minières canadiennes, Barrick Gold et Banro, a fait coulé beaucoup d'encre depuis 2008. Un sujet qui a intéressé dès le début le réalisateur Julien Fréchette, qui a suivi presque pas à pas l'auteur du livre Noir Canada, dont le sous-titre qui en dit long était «Pillage, corruption et criminalité en Afrique».

      Cette dénonciation en règle n'a pas plus aux minières concernées, qui ont poursuivi la petite maison d'édition et lui ont réclamé des sommes faramineuses en la poursuivant pour diffamation. La cause a même servi d'exemple lors des audiences qui ont mené à l'adoption d'une loi provinciale contre les poursuites-bâillons.

      On comprend le réalisateur d'avoir été fasciné par Alain Denault, personnage opiniâtre qui maîtrise parfaitement son discours, sorte de Don Quichotte qui met sa santé mentale et physique en péril en se défendant contre une armée 100 fois plus équipée que lui - on le voit, dans son petit appartement montréalais, faire la démonstration qu'il ne possède qu'un vélo et une petite télé. Comment, ainsi, rembourser les dizaines de milliers de dollars réclamés? L'image de David contre Goliath est bien sûr très forte et Alain Denault est devenu une sorte de porte-étendard de la liberté d'expression. Mais le film remet peu en question sa rhétorique: par exemple, les chercheurs ne sont pas des journalistes et n'ont qu'à citer quelques sources pour appuyer leurs dires, vraiment? Une petite entrevue avec un prof d'université sur leur éthique de travail aurait peut-être été nécessaire pour remettre les pendules à l'heure.

      Manque de distance

      C'est probablement le défaut de bien des documentaires militants, mais Le prix des mots n'a pas une très grande distance avec son sujet. Il est officiellement «objectif» et évite le piège de la déification - on voit parfois Alain Denault être désagréable même avec les gens qui travaillent pour lui -, mais évite de le confronter sur les affirmations très sérieuses qu'il a faites dans son livre. Les explications de deux journalistes indépendants qui ont enquêté sur les minières sont, par exemple, tellement longues que leur propos est complètement dilué.

      Bien sûr, le film souffre aussi d'une grande absence de moyens, avec ses plans de rues de Montréal sous la pluie pendant une conversation téléphonique ou des intervenants filmés dans des décors drabes. Sa facture et même son rythme manquent de dynamisme, même s'il a été tourné et présenté comme un «thriller». On y suit en effet les événements en même temps que les protagonistes, dans leur attente des différentes décisions, leurs réactions lorsqu'elles tombent, leurs sorties publiques, leurs états d'âme - ceux de l'ancien coordonnateur d'Écosociété, Guy Cheyney, qui a craqué sous la pression après deux ans, sont particulièrement intéressants.

      Cette analyse des effets psychologiques des poursuites abusives aurait pu être davantage exploitée. Mais ç'aurait été trop par contre pour un film qui part déjà dans toutes les directions et qui ne sait pas sur quel pied danser, parfois réquisitoire contre les minières - on comprend que les actes des sociétés à l'étranger devraient être mieux balisés et qu'Alain Denault n'est pas le seul à le dire -, parfois porte-drapeau pour la liberté d'expression, parfois militant pour l'accès à la justice. Une ligne plus claire, dans un dossier si complexe, aurait été appréciée.

      * * 1/2
      Le prix des mots. Documentaire de Julien Fréchette. 1h17.

      Le prix des mots: le silence est d'or

      Éric 
      Éric Moreault

      Quelles sont les limites à la liberté d'expression en démocratie? Apparemment, elles sont conditionnelles aux moyens financiers dont on dispose. C'est le troublant constat du Prix des mots. Le documentaire percutant de Julien Fréchette s'attarde aux poursuites intentées par deux minières canadiennes après la publication de Noir Canada, en 2008.

      L'auteur Alain Deneault et les éditions Écosociété ont appris à leurs dépens que le silence est d'or quand on examine les pratiques douteuses des compagnies minières. Barrick Gold et Banro ont nié en bloc les allégations et les ont poursuivis après la publication de leur livre. Entre 2008 et 2011, le réalisateur Julien Fréchette a suivi leurs péripéties judiciaires alors que les protagonistes s'estiment victimes de poursuites abusives. Ce qui mènera d'ailleurs le Québec à modifier sa législation, en 2009, afin de «prévenir les poursuites bâillon».

      Le documentaire ne tombe pas dans le manichéisme ni le militantisme. Ne cherche pas non plus la vérité avec un grand V dans cette affaire complexe. Il constate. Et laisse le spectateur tirer ses propres conclusions sur cette saga judiciaire de quatre ans provoquée par la publication d'un livre qui ne faisait que recenser des informations déjà publiées de façon disparate.

      Même si Julien Fréchette a réalisé un formidable travail de vulgarisation judiciaire, on s'égare parfois dans les méandres des procédures. On comprend que le réalisateur ait voulu illustrer la disproportion de moyens utilisés par les minières pour empêcher la commercialisation du livre Noir Canada. Et l'effet dévastateur de ces manoeuvres, qu'une juge assimile à du harcèlement, sur la santé physique et psychologique d'Alain Deneault.

      Ce dernier agit en quelque sorte comme narrateur de ses déboires. On a comparé son combat à celui de David contre Goliath, mais il ressemble plus à Don Quichotte tellement il semble dépassé par les événements. C'est sympathique, mais l'intérêt est ailleurs.

      À mon avis, le segment le plus intéressant est celui où Fréchette interviewe un journaliste américain sur les pratiques de certaines compagnies en Tanzanie. Des organismes internationaux ont prétendu que la minière Sutton aurait enterré vivants des mineurs artisanaux en 1996 (ce qui n'a jamais été prouvé). «Le vrai scandale, ce n'est pas la mort de 52 personnes, mais l'éviction de milliers de personnes pour donner ce gisement d'or à Sutton [qui fut racheté par Barrick Gold, trois ans plus tard].»

      Ou tout ce qui entoure l'échec de l'adoption par le gouvernement canadien du projet de loi privé C-300 sur l'exploitation minière responsable, en 2010. Le libéral John McKay, qui parrainait le projet défait par six voix, témoigne ouvertement du lobbyisme intense de l'industrie auprès de ses collègues.

      C'est là que Le prix des mots puise toute sa pertinence. Quand il expose sans complaisance les actions et la troublante proximité des minières avec le gouvernement. Bien sûr qu'en démontrant le traitement réservé à Alain Deneault, il illustre aussi que les puissants peuvent vous broyer sans pitié si vous avez le malheur de scruter de trop près leurs pratiques. Mais le documentaire aurait été plus percutant s'il avait intégré plus d'éléments d'enquête sur les minières.

      Les moyens manquaient probablement. Peu importe. Le prix des mots fait oeuvre utile. Parce qu'il met aussi en lumière la problématique d'accès à la justice quand on a peu de moyens pour se défendre. Et que son aspect pédagogique, mais surtout son fil narratif, plus proche du suspense que du documentaire classique, rendent le film facile à comprendre pour tous.

      * * *
      Le prix des mots. Genre : documentaire. Réalisateur : Julien Fréchette. Avec: Alain Deneault. Classement : général. Durée : 1h14.

      On aime : la réalisation vivante, la vulgarisation.

      On n'aime pas : l'évident manque de moyens.

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