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Mahler sur le divan

Mahler sur le divan

Résumé

Hollande, 1910. Apprenant la liaison de son épouse Alma avec l'architecte Walter Gropius, Gustav Mahler part en catastrophe pour la Hollande afin d'y consulter le psychanalyste Sigmund Freud. Au fil des révélations du réputé compositeur et chef d'orchestre autrichien, l'avisé thérapeute a tôt fait de trouver le noeud du problème. En décidant neuf ans plus tôt d'unir sa destinée à celle de Mahler, Alma Schindler, alors la muse de Klimt, renonce à contrecoeur à ses ambitions de musicienne et de peintre pour se consacrer à la carrière de son mari, de vingt ans son aîné, avec qui elle aura deux filles. Pour Freud, ce n'était qu'une question de temps avant que la frustration de la jeune femme ne s'exprime avec éclat, au risque de créer une tempête dans sa vie matrimoniale.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2012-09-07

Classement : En attente de classement

Pays : Allemagne

Distributeur : Cinéma du Parc

Date de sortie en DVD : n.d.

Genre : Drame biographique

Durée : 97 min.

Année : 2010

Site officiel: n.d.

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Felix O. Adlon,Percy Adlon

Montage : Jochen Kunstler

Scénario : Felix O. Adlon,Percy Adlon

Photographie : Benedict Neuenfels

Musique : Gustav Mahler

ACTEURS

Barbara RomanerJohannes SilberschneiderKarl MarkovicsLena StolzeEva MattesFriedrich Mucke

Critique

Mahler on the Couch: expressionniste et ambitieux

Marielle Bedek

Sept mois après la sortie de A Dangerous Method, de David Cronenberg, revoilà Sigmund Freud sur les écrans. Cette fois, c'est le réalisateur de Bagdad Café, Percy Adlon - ici en coréalisation avec son fils Felix - qui donne dans la psychanalyse.
Si Cronenberg signait un film de facture très classique et Viggo Mortensen une interprétation «mythifiante» du célèbre psychiatre viennois, les Adlon font preuve d'une loufoquerie étonnante. On assiste à une analyse menée tambour battant, mais sur le mode humoristique, car elle sert davantage de prétexte à un portrait biographique du compositeur Gustav Mahler.
Celui-ci débarque à Vienne pour rencontrer Freud, mais, alors que le divan est fébrilement déplié pour la séance et que Freud le tapote du bout des doigts pour que son futur patient vienne s'y allonger, Mahler s'enfuit. Freud le poursuit alors dans les rues de Vienne. Dès lors, l'analyse s'effectue au gré des déambulations des deux hommes dans les rues de la ville. Hâté d'en finir, le soir venu, Mahler forcera même la porte de Freud pour poursuivre la discussion jusqu'au bout de la nuit.
Naviguant entre présent et passé par le biais de flashs incessants, le montage risque de perdre plus d'un spectateur au détour de cette histoire pourtant simple: Gustav a épousé Alma, de 20 ans plus jeune que lui. Femme moderne, originaire d'un milieu cultivé et artiste, elle est elle-même compositrice, mais voit ses créations sacrifiées au génie de son mari. La découverte d'une lettre écrite par un amant déclenche la crise conjugale qui conduit Mahler chez Freud.
La réalisation, qui tend vers l'expressionnisme, illustre les états psychologiques des personnages: lumière trop éclatante, éblouissante, contrastant avec des zones d'ombre omniprésentes dans chaque plan, de même que la caméra sans cesse en mouvement, les cadrages bancaux aux zooms trop rapides.
Mais plutôt que le récit d'une psychanalyse, c'est avant tout une transposition visuelle de la musique de Mahler que proposent les deux réalisateurs, un projet cinématographique qui rappelle celui de Steven Soderbergh dans Kafka. C'est ambitieux et, il faut le reconnaître, le film peut s'avérer difficile d'accès lors d'un premier visionnement.

***

Drame de Percy et Felix Adlon. Avec Johannes Silberschneider, Barbara Romaner et Karl Markovics. 1h37.

Mahler sur le divan: thérapie musicale

Éric 
Éric Moreault

La vie amoureuse de plusieurs compositeurs de musique classique étant tumultueuse, le cinéma y puise abondamment. Dernier en liste : Gustav Mahler, dont la relation avec Alma Maria Schindler, marquée par l'adultère, le conduira directement chez Freud. Malheureusement, le film de Félix et Percy Adlon (Bagdad Café) n'est pas à la hauteur du sujet et du génie du compositeur.

Gustav Mahler (Johannes Silberschneider) est au faîte de sa gloire à l'opéra de Vienne lorsqu'il rencontre Alma (Barbara Romaner), de 19 ans sa cadette. Son charme naturel le fait succomber et ils s'épousent rapidement. Ils s'aiment passionnément, mais Alma a tendance à séduire tous les grands hommes qu'elle croise, ce qui ne va pas sans compromettre son couple.

Il faut dire que pour devenir la muse de Mahler, Alma doit sacrifier ses propres aspirations artistiques. Non contente de jouer à la potiche et de se plier à ses exigences, elle passe toujours deuxième après le travail du compositeur. «J'ai souffert de ton génie», lui dit-elle.

D'autant que plus vieux, coincé et prude, il n'arrive pas non plus à satisfaire sa femme. Qui se prend un amant. Le désespoir de Mahler le conduit alors chez Freud, avec qui il aura une conversation «intéressante».

À la mort du compositeur, elle épousera son amant, l'architecte Walter Gropius (fondateur du Bauhaus), puis ensuite le romancier Franz Werfel. Tout ça est largement détaillé dans les mémoires d'Alma Mahler et dans le film Alma, la fiancée du vent, tourné il y a à peine 10 ans par Bruce Beresford (Miss Daisy et son chauffeur, Robe noire). Un long métrage passé complètement inaperçu.

Mahler sur le divan connaîtra le même sort, ce qui est bien dommage étant donné la charge dramatique du sujet. Mais le film souffre de sa réalisation maniérée, de son jeu grossièrement exagéré qui renforce l'aspect mélodramatique déjà exacerbé par les dialogues grandiloquents et du manque de perspective sur les tenants et les aboutissants d'une telle passion.

On se contente souvent de l'anecdotique, raconté par la belle-mère, la soeur de Mahler ou le peintre Gustav Klimt, qui s'adressent directement au spectateur. Le procédé est usé et mal utilisé ici. Les réalisateurs ont aussi tenté de traduire en images les états d'âme du compositeur en saturant les plans de lumière, qui contrastent avec les fortes zones d'ombre, en bougeant beaucoup la caméra et en multipliant les allers-retours temporels.

Il reste quand même la musique de Mahler, Freud (interprété avec détachement par Karl Markoviks) et le charme pétillant de Barbara Romaner qui donne vie à Alma.

* * 1/2
Mahler sur le divan. Genre : mélodrame. Réalisateur : Félix et Percy Adlon. Acteurs : Johannes Silberschneider, Barbara Romaner, Karl Markovics, Friedrich Mücke et Eva Mattes. Classement : général. Durée : 1h38.

On aime : la musique de Mahler, la séduisante Barbara Romaner.

On n'aime pas : la réalisation maniérée, l'exagération dans tout.

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