Critique
The Odd Life of Timothy Green : le petit poucet vert
Philippe Renaud
Une bande-annonce de The Odd Life of Timothy Green (La drôle de vie de Timothy Green en version française) laisse croire à une comédie fantastique mettant en vedette un petit bonhomme aux origines surnaturelles. De la publicité trompeuse! Oui, le petit Timothy n'est pas comme les autres, mais il s'agit bel et bien d'un drame gentil-gentil qui tire sur toutes les ficelles pour nous arracher des larmes. Sans grand résultat.
Dans le genre comédie dramatique, Hedges avait pourtant fait ses preuves, tant comme scénariste (What's Eating Gilbert Grape, About a Boy) que comme réalisateur (Pieces of April, Dan in Real Life). Et The Odd Life of Timothy Green? Un drame édulcoré auquel on a du mal à s'accrocher.
Un soir d'orage...
Jim (Joel Edgerton) et Cindy (Jennifer Garner) habitent Stanleyville, minuscule et bucolique village rural où une usine de crayons à mine fait vivre la moitié de la population, dont notre couple.
Ils voudraient tellement avoir un enfant! Rien ne fonctionne. Un jour, au retour de la clinique, Jim et Cindy jettent la serviette et «enterrent» leur rêve d'avoir un petit garçon en scribouillant sur papier toutes les qualités et défauts que le fils rêvé aurait. Symboliquement, ils mettent les papiers dans une petite boîte, qu'ils enterrent dans le jardin.
Pour une raison magique inexpliquée dont seules les productions Disney ont le secret, l'orage ce soir-là ne frappe que le jardin de la famille, et de la petite boîte pousse un garçon de 6 ans. Timothy - un premier rôle pour Cameron «CJ» Adams - est tel que le souhaitaient Jim et Cindy. Sauf pour ces étranges feuilles vertes soudées à son mollet, lesquelles donneront tôt l'indice de la conclusion du film, tout aussi gratuite et inexpliquée que l'origine de Timothy.
Nous aurions pu espérer quelques moments de vraie fantaisie - le garçon vient de sortir du jardin, après tout -, mais nous avons plutôt droit à une succession de mises en situation de relations parentales dans lesquelles le petit Timothy se comporte anormalement (c'est parfois un peu drôle), ses parents ne sachant pour leur part comment agir.
Parlant des parents, Edgerton et Garner forment ici un couple peu crédible, un pépin quand on veut présenter une fable moderne et vaguement fantastique sur la parentalité.
Quelques jolies scènes, une photo lumineuse et des décors enchanteurs allègent un peu ce drame au scénario éparpillé.
* *
THE ODD LIFE OF TIMOTHY GREEN. Drame fantastique de Peter Hedges. Avec Jennifer Garner, Joel Edgerton, CJ Adams. 2h05.
La drôle de vie de Timothy Green : en vert et contre tous
Normand Provencher
Timothy Green n'est pas un enfant comme les autres. Il n'est pas né dans un chou, mais sorti d'une boîte enterrée dans un jardin, boîte dans laquelle ses futurs parents, frappés d'infertilité, avaient couché sur papier les qualités du rejeton idéal qu'ils croyaient ne jamais avoir. Timothy n'est pas un enfant comme les autres. Il a aussi des feuilles qui lui poussent aux chevilles...
Vous aurez compris que ce petit bonhomme, figure centrale de La drôle de vie de Timothy Green (v.f. de The Odd Life of Timothy Green), est le héros d'un conte tout ce qu'il y a de plus familial. Hélas, son auteur, Peter Hedges (scénariste de About a Boy et What's Eating Gilbert Grape?), pousse un peu trop loin le bouchon des bons sentiments.
De cette histoire d'un couple infertile, Jim et Cindy Green (Joel Edgerton et Jennifer Garner), qui voit débarquer dans sa vie cet enfant de 10 ans, pour son plus grand bonheur, on retient une volonté d'offrir une bonne dose d'espoir dans un monde qui en propose bien peu. Tout cela est fort louable, mais l'approche de Hedges reste maladroitement dictée par une volonté de plaire au plus grand nombre et à sa grand-mère. Problème.
L'intrigue, sur fond de menace de fermeture d'une usine de crayons de plomb, consiste à suivre le jeune Timothy dans son passage sur Terre. Chaque feuille perdue, on le comprend assez vite, le rapproche de son départ.
Mais d'ici là, notre petit Poucet aura comme mission de faire comprendre quelques vérités à son entourage, dont la plus importante (on résume, façon carte de voeux Hallmark) : l'amour est le meilleur engrais pour vos enfants.
Se faire rentrer cette grande vérité dans le crâne pendant presque deux heures, sans grande originalité, au gré de situations télégraphiées, provoque son lot de soupirs. Et puisqu'il s'agit d'un conte, tout se règle comme par magie, évidemment. Ainsi, grâce à ce bon Timothy, tous les emplois de la seule usine de Stanleyville seront sauvés grâce à un nouveau prototype de crayon à base de... feuilles mortes.
«Si ce petit peut vivre avec des feuilles sur les jambes, on peut sauver notre usine!» lance en choeur l'assemblée de travailleurs, en présence de leur patron compatissant.
Avons-nous dit qu'il s'agit d'un conte?
* * 1/2
On aime : le jeu honnête du jeune CJ Adams
On n'aime pas : le débordement de bons sentiments, des situations prévisibles, la présence inutile de la mystérieuse adolescente
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