Critique
Sparkle : des adieux de Whitney
Philippe Renaud
Drôle de destin pour ce drame musical et humain dans lequel Whitney Houston offre son ultime performance, sur film comme sur disque. Fan du film original de 1976, Houston avait acquis, via sa boîte de production, les droits du remake, qu'elle espérait lancer il y a dix ans. Or, le rôle de Sparkle devait alors revenir à la jeune chanteuse Aaliyah... décédée dans un crash d'avion en 2001. Aujourd'hui, c'est la révélation d'American Idol Jordan Sparks qui incarne Sparkle.
Elle n'est pas actrice, Jordan Sparks, et ça paraît. Idem pour Whitney Houston, pas particulièrement inspirée, ni inspirante, dans le rôle de la mère poule, un peu marâtre et très pieuse. Heureusement que la jeune Sparks peut compter sur les actrices qui incarnent ses deux soeurs, Sister (Carmen Ejojo) et Delores (Tika Sumpter), pour nous aider à croire à ce trio vocal façon Motown - dans le film original de 1976, ces Sister & The Sisters étaient inspirées de la vie des Supremes. Mais puisque le récit diverge de manière souvent assez radicale à celui du film original, on fera plutôt la comparaison entre ce deuxième long métrage de l'Américain Salim Akil et le Dreamgirls (2006) de Bill Condon. Comme ce dernier, Akil campe Sparkle dans la fin des années 60 et tente d'allier une histoire de Cendrillon de la pop à un drame. De plus, les deux films donnent un rôle prépondérant à une pop star - Beyoncé dans Dreamgirls ou encore Jennifer Hudson, qui fut aussi une concurrente d'American Idol alors à son premier rôle au cinéma.
Cette comparaison n'avantagera pas Sparkle, un film incroyablement maladroit - quand on entend rigoler durant la scène la plus dramatique du film, c'est qu'il y a un problème... Pendant la première demi-heure, on est dans le récit d'un trio de chanteuses qui aspire à la gloire. Puis, brusquement, on tombe dans un tout autre film où la musique et la gloire n'ont plus d'importance à côté du drame conjugal qui nous surprend.
Reste alors l'argument musical du film. À la fin, Whitney Houston offre un touchant numéro gospel, superbement filmé. Les nouvelles chansons signées R. Kelly ne sont certes pas à la hauteur de la trame sonore originale signée Curtis Mayfield, mais les quatre compositions que l'on lui reprend donnent du tonus et de la crédibilité à cette histoire débalancée.
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SPARKLE. Drame de Salim Akil avec Jordan Sparks, Whitney Houston, Carmen Ejojo. 1h56.
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