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Oslo, 31 août

Oslo, 31 août

Résumé

Anders, ex-journaliste placé en centre de désintoxication, a obtenu une permission d'un jour afin qu'il puisse aller passer une entrevue d'emploi à Oslo. Dès son arrivée en ville, le toxicomane trentenaire rend visite à un ancien ami qui a fondé une famille et mène désormais une vie rangée. Bien que chacun semble envier la liberté de l'autre, Anders confie à son ami avoir des pensées suicidaires. Alors que la journée avance, ce dernier va de déception en déception. Errant dans la ville, perdu dans ses pensées et ses souvenirs, il rejoint des amis à une soirée où, à l'heure où il semble prêt à rechuter, sa rencontre avec une jeune inconnue lui apporte, se pourrait-il, un nouvel espoir?

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Bande-annonce de Oslo, 31 août

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DÉTAILS

Date de sortie : 2012-07-27

Classement : 16 ans +

Pays : Norvège

Distributeur : EyeSteelFilm

Date de sortie en DVD : n.d.

Genre : Drame

Durée : 95 min.

Année : 2011

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Joachim Trier

Montage : Olivier Bugge Coutté,Gisle Tveito

Scénario : Eskil Vogt,Joachim Trier

Photographie : Jakob Ihre

Musique : Ola Flottum,Torgny Amdam

D'après le roman de : Pierre Drieu La Rochelle

ACTEURS

Anders Danielsen LieHans Olav BrennerIngrid Olava

Critique

Oslo, 31 août : étranger chez lui

Aleksi K. 
Aleksi K. Lepage

On a tous connu, et on fréquente peut-être toujours, de ces gens qui «sont passés par là», des gens qui ont trop bu, trop reniflé, trop joui de l'ivresse et qui ont passé, pénitents, des jours affreux et des nuits sans sommeil dans un centre de désintoxication.

Le personnage de cet Oslo, 31 août, toxicomane touche-à-tout (alcool, coke, héroïne, ecstasy), a connu les enfers de la cure et tâche péniblement de retrouver sa vie, sa ville, sa famille, un boulot décent, tout cela à jeun. Périple intérieur difficile, et dans ce cas-ci à l'issue incertaine. Ce n'est pas l'histoire d'une rédemption.

Momentanément libéré, suivant un programme de réadaptation, Anders, 34 ans, dont on ne sait que très peu sinon qu'il a été un brillant chroniqueur à la pige, passe une journée hors du centre de désintoxication. Psychologiquement défait mais physiquement retapé, il se rend sans conviction aux bureaux d'un magazine en vogue et, ne croyant plus en ses talents, refusera l'offre d'emploi. Il retrouvera entre-temps quelques bons amis, d'anciennes flammes. Mais, hanté par ses démons, et par ce qu'on appelle le craving (le manque, terrassant, qui subsiste même après la cure), Anders fera face au vide absolu d'une existence dénuée de sens. Ce jeune homme intelligent n'est pas en vérité libéré, le voilà plutôt condamné à la liberté.

Et on le verra errer, mélancolique, dans les rues qu'il ne semble plus reconnaître, cet Oslo devenu à ses yeux presque étranger, ces lieux de perdition où il a tant fait la fête. Oslo, 31 août est au bout du compte un triste constat d'échec.

Le Norvégien Joachim Trier, qui signe ici son second long métrage, inspiré d'un roman de Pierre Drieu La Rochelle, a fabriqué un très beau film contemplatif, méditatif, d'une grande douceur et d'une empathie sincère pour ce personnage d'éclopé rongé par le sentiment de vacuité. Les premières images, où Anders vagabonde dans les bois, anxieux, rappellent un peu le Last Days de Gus Van Sant.

Trier n'a pas voulu faire dans le silence, dans l'image «qui vaut mille mots», dans le «langage non verbal». Ses personnages sont volubiles, capables d'exprimer leurs états d'âme. Aussi certains spectateurs reprocheront peut-être à Oslo, 31 août d'être un peu bavard et «littéraire» (on y fait référence à Proust, à Schopenhauer, et du même coup à Mad Men et à Sex And the City).

Amère, désespérée mais d'une infinie tendresse, cette leçon sans morale, servie avec un minimum d'humour salvateur, nous laisse mélancolique, et c'était le but recherché. Avis aux gens qui voient du propos sociopolitique partout: non, Oslo, 31 août n'a rien d'une parabole sur la sinistre tuerie du 22 juillet 2011 en Norvège.

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Oslo, 31 août. Drame de Joachim Trier. Avec Anders Danielsen Lie, Hans Olay Brenner, Ingrid Olava. 1h35.

Oslo, 31 août : seul dans la cité

Normand 
Normand Provencher

C'est à une histoire touchante, au parfum aérien et existentiel, que convie le réalisateur norvégien Joachim Trier avec Oslo, 31 août, présenté l'an dernier hors compétition au Festival de Cannes. L'acteur Anders Danielsen Lie y offre une performance digne de mention dans la peau d'un jeune toxicomane cherchant à trouver ses repères, dans un monde qui lui est de plus en plus étranger. Venu à Oslo depuis son centre de désintoxication pour un entretien d'embauche, Anders est un jeune homme fragile, aux idées suicidaires. En cette dernière journée d'août, déboussolé, conscient que la rechute n'est jamais très loin, il en profite pour renouer avec un ancien ami de galère, devenu père de famille rangé. Il aura moins de succès avec sa soeur et son ancienne amie de coeur, qui ne veulent plus le voir en raison de ses anciennes frasques. C'est avec une infinie tendresse que Joachim Trier filme cette journée dans la vie de cet être perdu et seul au monde, représentant exemplaire de ces ex-toxicomanes qui éprouvent toute la misère du monde à réintégrer la société et reprendre une vie normale, sans retomber dans leur vice.

Séquence mémorable

L'état d'esprit d'Anders, qui se demande où se trouve son avenir, s'exprime particulièrement à travers une (longue) séquence, mémorable, où il écoute discrètement les conversations des clients d'un restaurant. Chacun d'eux exprime ses rêves et ses projets, lui ne sait même pas de quoi demain sera fait. Tout autour de lui le renvoie à sa solitude et son incapacité à se construire une nouvelle vie. Inspiré du roman de 1931 de Pierre Drieu La Rochelle Le feu follet, Oslo, 31 août est un film d'une beauté triste, envoûtant du début à la fin. À travers l'histoire de ce jeune homme qui cherche maladroitement à s'en sortir, Joachim Trier confronte chacun d'entre nous à sa propre vulnérabilité. À voir. * * * 1/2

On aime : le scénario touchant, la performance d'Anders Danielsen Lie, la séquence des clients du restaurant, le montage et la bande sonore

On n'aime pas : -

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