2012-12-04 09:32:00.000

Luck First Season : incursion fascinante ***1/2

La PresseSonia Sarfati 3/5

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Sonia Sarfati
La Presse

David Milch a traité le monde des courses de chevaux, dans Luck, de la même manière qu'il s'est penché sur la ruée vers l'or dans Deadwood: avec réalisme, sans glamour ni romantisme, et par l'intermédiaire de personnages tout en demi-teintes - les sombres prévalant sur les claires. Le résultat n'est pas une série «facile», mais de celles qui demandent toute notre attention et du temps pour en apprivoiser le contexte, les gens et leurs histoires, lesquelles sont révélées au compte-gouttes.

Malheureusement, cette première saison (neuf épisodes en anglais avec sous-titres anglais) sera aussi la dernière... mais pour une raison des plus valables: malgré les précautions prises, trois chevaux sont morts pendant le tournage. Si le grand écran peut accueillir l'histoire de ces bêtes à la fois puissantes et fragiles (Secretariat, Seabiscuit, etc.), cela ne semble pas être le cas du petit: les tournages sont menés à un rythme frénétique et chaque épisode de Luck compte son lot de courses. Or, la réalité de ces compétitions est ici rendue dans toute la beauté, mais aussi dans toute sa force brute.

La série suit Ace Bernstein (Dustin Hoffman, formidable) à sa sortie de prison. Il a été incarcéré pendant trois ans et a bien l'intention de «se refaire». Et de se venger. Il retourne donc, grâce à quelques entourloupes, au monde des courses qui est le sien. Il place ses pions en prévision de rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui sont responsables de sa condamnation.

C'est un des filons de la série, qui s'intéresse aussi à trois parieurs qui vont gagner gros, acheter un cheval, gagner encore et perdre - surtout l'un d'entre eux, joueur compulsif; et à toute la faune gravitant dans les écuries: jockeys, entraîneurs, vétérinaire.

Histoires d'amour, compétition, trahison: le programme habituel. Mais traité à la façon Milch: complexité, nuance, rythme lent (sauf celui des courses). Ajoutons à cela une langue qui n'est pas l'anglais «moyen» et qui est parlé avec force accents et grommellements: les sous-titres ne sont pas un luxe, comme c'était le cas dans Deadwood.

Bref, une incursion fascinante dans un monde peu familier. Mais une série qui, en raison de ses dommages collatéraux, laisse un drôle de goût après consommation.

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* * * 1/2

LUCK - THE COMPLETE FIRST SEASON. CRÉÉE PAR DAVID MILCH. AVEC DUSTIN HOFFMAN, DENNIS FARINA, JOHN ORTIZ, RICHARD KIND, KEVIN DUNN.

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