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Skam: la série norvégienne qui séduit les jeunes du monde entier

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Ne soyez pas surpris si les ados autour de vous se mettent soudain au norvégien. C'est peut-être qu'ils sont parmi les millions de fans de Skam, la série télé qui fait un malheur un peu partout dans le monde. On vous explique pourquoi.

Skam parle des jeunes

Lancée en septembre 2015 sur la chaîne publique norvégienne NRK, l'équivalent de Radio-Canada, Skam (qui signifie «honte» en français) avait pour but de séduire un auditoire plus jeune. Pari relevé puisque la série est rapidement devenue un succès avec ses 1,8 million de téléspectateurs par épisode (la Norvège compte environ 5 millions d'habitants).

Skam raconte la vie d'un groupe de jeunes du secondaire, âgés d'environ 16 ans. Chacune des quatre saisons de 12 épisodes chacune - la durée d'un semestre à l'école secondaire Hartvig Nissen d'Oslo - se concentre sur un personnage en particulier: Eva, qui vit une relation symbiotique avec son petit ami Jonas; Noora, qui souffre de troubles alimentaires; Isak, qui est à la recherche de son identité sexuelle et Sana, jeune musulmane qui navigue entre les exigences de sa religion et les tentations de l'adolescence.

C'est une série réaliste

Tous les jeunes qui ont vu Skam vous le diront : ce qu'ils aiment de la série, c'est qu'elle ressemble à la vraie vie, à «leur» vie. Pas de clichés ou de situations noir et blanc. On y décrit avec justesse les hésitations, les drames et les émotions qui ponctuent la vie des adolescents âgés de 14 à 18 ans.

Ce réalisme est accentué par le choix d'acteurs non professionnels. On mise sur leur naturel: ils ne sont pas outrageusement maquillés, ils ne portent pas des vêtements hors de prix, ils parlent comme parlent les jeunes, etc. On dit que la scénariste qui signe Skam, Julie Andem, 35 ans, a interviewé des ados un peu partout en Norvège pour s'assurer que les thèmes abordés dans ses textes - identité, sexualité, alcool, drogue, troubles alimentaires, sexisme, féminisme, islamophobie, maladie mentale, homosexualité, etc. - reflètent bien la réalité d'aujourd'hui.

La série norvégienne Skam décrit avec justesse les hésitations,... (Photo fournie par NRK) - image 2.0

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La série norvégienne Skam décrit avec justesse les hésitations, les drames et les émotions qui ponctuent la vie des adolescents âgés de 14 à 18 ans.

Photo fournie par NRK

Skam utilise les réseaux sociaux avec intelligence

Toutes les émissions de télévision ont leur stratégie avec les réseaux sociaux, mais il faut avouer que c'est souvent plaqué, artificiel. L'équipe de Skam, elle, en a fait une utilisation brillante qui a accentué l'aspect réaliste de la série. Tout au long de la semaine, sans crier gare, on diffusait sur le site web de Skam des extraits vidéo que les fans pouvaient visionner sur leur téléphone et faire partager à leurs amis dans les réseaux sociaux. Ces extraits montraient les personnages de la série comme s'ils vivaient en temps réel. Ces derniers textaient, écrivaient des statuts Facebook et affichaient des photos sur Instagram (ils avaient tous leur compte). Si Eva ou Isak assistaient à un party, ils pouvaient texter en temps réel, soit à deux heures du matin un vendredi, comme le ferait un ami. Le public devait demeurer aux aguets s'il ne voulait rien manquer. À la fin, on regroupait dans un épisode tout ce qui s'était dit et passé durant la semaine, puis on le diffusait le vendredi soir sur NRK.

C'est un peu underground

Il y a un petit côté secret à cette série qui n'est pas pour déplaire aux jeunes (une ado de notre entourage nous a implorée de ne pas en parler dans La Presse... désolée!). Par exemple, le premier épisode a fait son apparition sur le site de NRK sans tambour ni trompette. Le bouche-à-oreille a fait le travail. Résultat: l'an dernier à pareille date, la moitié des visiteurs sur le site de la chaîne publique NRK y étaient grâce à la série Skam. Le succès est tel qu'il a dépassé les frontières de la Norvège. Des jeunes de partout sur la planète regardent désormais la série. Comment font-ils pour comprendre ? C'est là que ça devient intéressant: il s'est créé une véritable communauté internationale d'adeptes de Skam. Ces jeunes se sont approprié la série et ont eux-mêmes traduit chacun des épisodes. On peut donc trouver des épisodes sous-titrés (avec parfois quelques fautes d'orthographe) en anglais, en français, en russe, etc. sur Tumblr, YouTube ou Google Drive. C'est vaguement illégal, ce qui est encore plus attrayant aux yeux d'un jeune public. Cela dit, les droits de la série (quatre saisons au total) ont été achetés par Simon Fuller (American Idol) et on devrait pouvoir regarder Shame aux États-Unis et au Canada au cours des prochains mois, et ce, en toute légalité.

La trame sonore de Skam est excellente

Lana Del Rey, The Weeknd, Peaches, Radiohead, Tears For Fears, New Order, Lil Wayne, Kanye West, Die Antwoord, London Grammar, le duo de rap norvégien Karpe Diem... la bande sonore de Skam crée la dépendance et reflète assez fidèlement ce qu'on retrouve dans les oreilles des jeunes aujourd'hui. On peut l'écouter, entre autres, sur Spotify.




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