Le gouvernement Couillard souhaite obtenir des excuses de CBC

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Une scène de la série Canada: The Story of Us.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

CBC devrait présenter ses excuses à propos d'une série historique controversée, estime le gouvernement Couillard.

Dans la série télévisée The Story of Us diffusée actuellement dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, la présence française est dépeinte d'une façon jugée péjorative.

Selon le Parti québécois, le documentaire montre les explorateurs et bâtisseurs de la Nouvelle-France comme des gens sales et indignes de confiance. Au surplus, un seul des 10 épisodes est consacré au Régime français, qui s'étend sur deux siècles.

«Avec ses clichés, ses omissions, ses partis pris, «The Story of Us, ce publi-docudrame (...) ne bonifiera pas en rien la connaissance de notre histoire, entretenant, bien au contraire, des préjugés tenaces et offensants», a déclaré jeudi le député de Verchères, Stéphane Bergeron, à la période de questions.

«L'histoire des Premières Nations, des Acadiens, l'histoire du Québec méritent mieux que ce commentaire méprisant qui est fait par la CBC», a ajouté sa collègue, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, en réclamant que le gouvernement exige des excuses du diffuseur public.

Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, a reconnu qu'il y avait un problème dans cette série et qu'elle était reçue négativement. Mais il y voit une occasion de dialoguer.

«C'est l'opportunité que cette polémique soulève et le fait qu'on soit à ce point... On reçoit ça de façon très négativement (sic), a-t-il déclaré en Chambre. C'est que ça nous amène à peut-être se dire qu'il est temps que nous reprenions un dialogue 'about us'. Essayons encore de reprendre un dialogue pour qu'il y ait de la place pour chacun.»

Plus tard, il a affirmé qu'il était «évident» de par sa réponse qu'il fallait comprendre que «la CBC devrait faire des excuses, s'exprimer sur la façon dont on tient une production qui doit, selon le titre, parler de nous, et dans lequel il y a une grande partie du nous qui dit: où sommes-nous?».

«Ceux qui ont conçu cette série n'ont pas repris chacun des éléments de l'ADN du Canada», a-t-il poursuivi en point de presse après la période de questions.

Cette polémique pourrait servir à mieux se comprendre au Canada et cette meilleure compréhension serait un préalable à une éventuelle réforme constitutionnelle, a laissé entendre M. Fournier, qui espère que l'anniversaire de la Confédération permette de réfléchir à l'avenir du pays.

Les modalités de la demande d'excuses restaient à préciser en après-midi. L'attachée de presse du ministre, Karla Duval, n'était pas en mesure de donner des détails sur les intentions concrètes du gouvernement.

À Ottawa, le chef parlementaire du Bloc québécois, Xavier Barsalou-Duval, a descendu en flammes l'oeuvre télévisuelle de CBC. Il demande au premier ministre Justin Trudeau, qui a présenté officiellement la série, de s'en dissocier et il exige également des excuses du réseau anglais.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, il a affirmé que ce docudrame n'est pas «inclusif du tout», parce qu'il nie l'apport de deux des trois peuples fondateurs du Canada, soit les autochtones et les francophones, en plus de passer sous silence la déportation des Acadiens et de présenter des Français «tout croches».

«Le diffuseur public a la responsabilité de s'assurer qu'il ne diffuse pas de la propagande», a dit M. Barsalou-Duval.

Le gouvernement Trudeau a réagi par la voix de sa ministre du Patrimoine, Mélanie Joly. Dans une déclaration écrite transmise à La Presse canadienne, la ministre dit être «particulièrement sensible aux critiques énoncées» et elle reconnaît «la contribution importante des Québécois, des Acadiens, des francophones et des peuples autochtones à notre histoire».

Cependant, elle a rappelé que Radio-Canada est une société d'État indépendante et qu'elle n'allait pas commenter le contenu de la série. «J'invite les citoyens à poursuivre cette discussion importante et à transmettre leurs commentaires à la société d'État», termine-t-elle.

Pour sa part, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a exigé des excuses de CBC, parce que Québec est présenté dans la série comme le premier établissement permanent des Européens au Canada en 1608, alors que Champlain avait fait une autre tentative auparavant, en 1605, à Port-Royal, un territoire qui est devenu ensuite la Nouvelle-Écosse.




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