This Is Us: parce que c'est nous

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sonia Sarfati
La Presse

C'est la série chouchoute de la dernière rentrée télé. Les inconditionnels vous diront que si vous n'aimez pas, c'est que vous êtes morts en dedans ou que le cynisme ambiant vous a grignoté le coeur jusqu'à l'âme. C'est l'effet This Is Us. Encore sous le choc de ce qui s'y est passé cette semaine et en attendant d'assister à la tombée du rideau sur la première saison, mardi, on tente de comprendre le phénomène. Attention, risque de divulgâcheurs.

Papa n'a pas toujours raison

Il y a d'abord Jack et Rebecca Pearson (Milo Ventimiglia et Mandy Moore, fabuleux). OK, pour être plus juste, il y a avant tout Jack. Il est le père que l'on veut avoir, le conjoint avec qui on se verrait partager le meilleur et le pire. Ça ne veut pas dire qu'il soit parfait, que ce soit dans un rôle ou dans l'autre. Sinon, on n'y croirait pas. Or, on croit en Jack. Au point que, on le sait depuis les premiers des 18 épisodes que compte cette première saison, on pleure déjà à l'idée de découvrir comment il est mort. Parce qu'il est mort. La structure de l'émission, qui se promène entre les années 80 et aujourd'hui, nous le ramène à coups de retours en arrière, mais... comment est-il disparu?! On le saura dans moins d'une semaine. Et on en a déjà le coeur brisé. Pour ses enfants. Pour Rebecca. Elle aussi mère et épouse imparfaite, mais tellement, tellement «vraie». Le secret qu'elle s'imposera pour le bien d'un de ses enfants! Ses regrets, ses réussites. Sa force, ses faiblesses. Une ancre, avec des failles.

Jamais deux sans trois

Il y a ensuite Randall, Kate et Kevin. Ils partagent la même date d'anniversaire, qui est d'ailleurs aussi celle de Jack. Kevin (Justin Hartley), c'est le beau gosse qui fait carrière à Hollywood, tête d'affiche d'une sitcom niaise intitulée The Manny et qui, dans le premier épisode, pète sa coche, part pour New York tenter l'aventure des planches. Kate (Chrissy Metz) a été l'assistante personnelle de Kevin, mais elle ne vit pas sur la même «planète»: elle est obèse et son estime d'elle-même est inversement proportionnelle à son poids. Randall (Sterling K. Brown) est marié, il a deux filles, il exerce un métier grâce auquel il gagne bien sa vie, mais auquel personne ne comprend quoi que ce soit, il a été adopté, et comme cadeau d'anniversaire, il s'est offert son père biologique: il l'a retrouvé et va lui dire ses quatre vérités. Mais...

Randall (Sterling K. Brown), Kate (Chrissy Metz) et... (Photo fournie par NBC) - image 2.0

Agrandir

Randall (Sterling K. Brown), Kate (Chrissy Metz) et Kevin (Justin Hartley) partagent la même date d'anniversaire.

Photo fournie par NBC

Le passé, c'est aujourd'hui et demain

Tous ces personnages tiennent de l'archétype et ils pourraient stagner. Ce n'est pas le cas. Le beau Kevin n'est pas l'être superficiel que l'on croit. Randall, si fier de sa réussite, n'est pas le requin de la finance que l'on imagine et possède un coeur plus immense qu'immense. Quant à celui de Kate, son coeur, il porte un secret tellement lourd qu'il ferait exploser le pèse-personne. Jack et Rebecca aussi changent au fil du temps et des retours en arrière. En même temps, tous restent eux-mêmes, dévoilant les multiples facettes qui composent un être humain «vrai», loin du personnage.

Coups de théâtre

Ça n'arrive pas à chaque épisode, mais souvent. L'émerveillement à la fin du premier, la claque en pleine figure qui conclut le second: c'est fort. C'est par ces coups de théâtre que This Is Us se distingue vraiment des séries «de familles» auxquelles elle a été comparée: Brothers and Sisters (excellente jusqu'à ce que ça dérape vers le presque n'importe quoi) et Parenthood (réussie du début à la fin). Plusieurs sont amenés par des personnages au départ périphériques, mais qui s'imposent et qu'on redemande. William (Ron Cephas Jones), le père biologique de Randall. Toby (Chris Sullivan), le fiancé de Kate. Le Dr K (Gerald McRaney), qui a assisté à la naissance de quelques personnages. Ils apportent leur lot de surprises.

Du rire aux larmes et vice versa

On le dit et c'est vrai: This Is Us se regarde «en compagnie» d'une boîte de Kleenex pour essuyer les larmes. Mais. Nous ne sommes pas dans le mièvre ni le dégoulinant de bonnes intentions. Nous sommes dans la vie, la vie en concentré. Les drames arrivent vite, cognent fort. Mais il en va de même pour les rires: les dialogues sont vifs et prennent des virages enivrants et inattendus vers la légèreté. La fameuse gamme des émotions est sollicitée d'une extrémité à l'autre. Comme dans la vie. Normal. This Is Us, c'est nous. Point.

_________________________________________________________________________________

This Is Us est diffusé sur NBC, a été renouvelé pour deux autres saisons. Et, bonne nouvelle: ICI Radio-Canada Télé en diffusera la première saison. La date de diffusion n'est pas déterminée.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer