A Series of Unfortunate Events: plaisir gothique pour (presque) tous

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sonia Sarfati
La Presse

Produite par Netflix, la première saison de A Series of Unfortunate Events (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) consiste en l'adaptation des quatre premiers des 13 romans de 13 chapitres signés Lemony Snicket (nom de plume de Daniel Handler). Ce qui pourrait vouloir dire au moins deux autres saisons. Réjouissant. Voici pourquoi.

Pareil

Le ton des romans et les intrigues sont traités avec un respect qui séduira les fans de la première heure... même si, ce faisant, l'effet de surprise est moins grand: on sait où on s'en va et comment on s'y rend. Mais comment ne pas se réjouir qu'il n'y ait pas eu d'édulcoration de ces récits absurdo-subversifs? Par exemple, dans les deux premiers épisodes, qui reprennent le contenu de The Bad Beginning, les enfants Baudelaire deviennent les orphelins Baudelaire, leurs parents ayant péri dans l'incendie de leur manoir, les laissant seuls mais avec une immense fortune. Ils sont confiés à un soi-disant parent, acteur raté mais as du déguisement, le comte Olaf... qui, pour mettre la main sur leurs avoirs, décide d'épouser l'aînée des enfants, Violet, âgée de 14 ans. Si elle refuse, la benjamine du trio, bébé Sunny, sera tuée. Le fait que Daniel Handler (alias Lemony Snicket) ait écrit tous les épisodes n'est évidemment pas étranger à ce respect de l'oeuvre originale. Une partie de la narration et des dialogues, à l'humour très noir, sont directement extraits des livres.

Pas pareil

Les romans forment le compte rendu que fait Lemony Snicket des tribulations que traversent les trois orphelins. Il agit donc à titre de narrateur et intervient parfois, mais peu souvent. Il est beaucoup plus présent dans la série, au point d'être incarné par un acteur (Patrick Warburton). Aussi, les parents Baudelaire - ou un couple qui semble l'être - apparaissent à la fin des épisodes, laissant sous-entendre que Violet, Klaus et Sunny pourraient être un jour réunis avec leur père et leur mère. Une note d'espoir là où il n'y en a pas dans les livres. À moins que ce ne soit une fausse note... Autre semblant de lumière au bout du tunnel : le personnage de Jacquelyn (Sara Canning) a été créé de toutes pièces et semble veiller au bien des enfants. Enfin, les adultes évoluant autour des orphelins sont plus... évolués. Un peu plus nuancés, quoi (à l'exception d'Olaf et de ses sbires). Autant d'éléments que, comme l'expliquait Neil Patrick Harris (qui est le producteur de la série), nécessitait le passage à la télévision.

Les orphelins Baudelaire: Sunny (Presley Smith), Violet (Malina Weissman)... (Photo fournie par Netflix) - image 2.0

Agrandir

Les orphelins Baudelaire: Sunny (Presley Smith), Violet (Malina Weissman) et Klaus (Louis Hynes)

Photo fournie par Netflix

«High Five

Neil Patrick Harris. L'incomparable Barney de How I Met Your Mother, tombeur au comportement et aux expressions inoubliables, non seulement agit comme producteur de l'émission mais il y tient le rôle principal, celui du comte Olaf (comme Jim Carrey l'avait fait en 2004 dans le long métrage qui n'a pas connu le succès escompté et, donc, n'a pas eu de suite). L'occasion pour l'acteur de se métamorphoser et de livrer des numéros de production (après tout, le pseudo-comte est maître du déguisement et acteur). Autour de lui, pour accoter le célèbre «High five!» de Barney, quatre piliers: outre Patrick Warburton en Lemony Snicket, trois jeunes comédiens se font les dents sur les orphelins - Malina Weissman est l'inventive Violet, Louis Hynes est le savant Klaus et Presley Smith est bébé Sunny, dont les deux dents peuvent venir à bout de n'importe quoi (roc, métal, etc.) et qui s'exprime grâce à Tara Strong dans une langue que seuls ses aînés comprennent.

«Suit Up

Pour reprendre une autre expression de Barney, «Suit up! ». C'est ce que font les responsables des décors, costumes et maquillages qui «habillent» magnifiquement cette série. Le look gothique des bâtiments, des paysages, des accessoires, tout cela donne l'impression d'entrer chez Tim Burton. C'est superbe et très à propos. Quant aux tenues et métamorphoses de Neil Patrick Harris, elles sont jouissives - d'autant que l'on sent combien l'acteur s'éclate dans les différentes incarnations d'Olaf le magnifique... oups, le maléfique (les deux, quoi!). On peut en dire autant de ses associés - le Hook-Handed Man, les White-Faced Women, le Bald Man, le Henchperson of Indeterminate Gender - aux personnalités et apparences délicieusement extravagantes, au comportement absurde et surréaliste que l'on attend d'eux. Il faut ce over the top pour, en quelque sorte, alléger les situations. Le réalisme serait en effet bien dur à prendre dans cette aventure tout sauf désastreuse.

Diffusée sur Netflix en versions française et anglaise.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer