Séries sur les monarques: la Couronne est éternelle

Claire Foy dans The Crown... (Photo fournie par Netflix)

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Claire Foy dans The Crown

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C'est le pouvoir infini de la monarchie... Mais dans la fiction. VictoriaVersaillesBorgia, sans oublier The Crown: les superproductions internationales sur l'histoire de reines et de rois, en Europe, sont plus populaires que jamais. Même au coeur du plus républicain des téléspectateurs.

On le constate. En 2017, nos démocraties sont de plus en plus fragmentées, polarisées, divisées. Alors, voir dans The Crown une femme qui n'a jamais eu l'ambition du pouvoir (Élisabeth a été couronnée parce que son oncle a abdiqué le trône) lutter pour l'union de sa nation a quelque chose de rafraîchissant. 

L'énorme succès de la série britannique réalisé par Stephen Daldry - dont la saison 1 est disponible sur Netflix -, ne surprend guère le journaliste Marc Laurendeau. Ce dernier, qui se défend bien d'être monarchiste, est fasciné par la monarchie britannique. En outre, par la ténacité de l'actuelle souveraine; la véritable Dame de fer. 

«Je n'ai pas vu The Crown, mais j'ai vu la pièce The Audience, aussi écrite par Peter Morgan, à Broadway», raconte M. Laurendeau. On y voit la reine (jouée par Helen Miren), au fil des décennies et des premiers ministres. «J'ai été fasciné par l'importance de son règne à la Couronne britannique, et le symbole qu'elle représente dans le monde et la vie politique du pays.»

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Nombre de premiers ministres britanniques qui se sont succédé au cours du règne d'Élisabeth II jusqu'à maintenant

Une fascination renouvelée

Bien sûr, ce phénomène ne date pas d'hier. De Sissi aux Rois maudits, la fascination pour la monarchie et la vie de château est aussi vieille que les pièces de Shakespeare. Ce qui a changé, toutefois, c'est notre point de vue sur la royauté. On ne la regarde plus comme une curiosité ni un artéfact d'un monde révolu, mais comme un régime imperméables aux modes et un rempart à nos démocraties imparfaites. 

Jadis ringarde et archaïque, cette institution apparaît tout à coup humaine, presque rassurante, dans un monde de plus en plus hostile et absurde. Sens dessus dessous. À l'ère du populisme grimpant, la monarchie à l'écran sert de remède contre la déprime des démocrates.

En entrevue au Guardian, Peter Morgan, qui est le scénariste de The Queen, a dit en boutade qu'Élisabeth II aurait probablement voté pour le Brexit! (La reine, impartiale, n'a jamais voté.) «La décision des Anglais de quitter l'Europe est un tabac pour la monarchie britannique... et un four pour le processus démocratique», a lancé Morgan.

Des modèles de gouvernance

Longtemps, on se désolait en voyant les us et coutumes des rois corrompus, incestueux, fous de pouvoir absolu. Or, dans les séries sur Victoria et Élisabeth II, ces reines paraissent aussi raisonnables que la Constitution de leur pays!

«Nous sommes désormais soumis à de nombreux souverains: non plus seulement à l'État et aux gouvernements fédéraux, mais aussi au règne de Facebook, Google, Twitter, Microsoft», a écrit Lawrence Lessig, auteur de Republic, Lost, un livre sur le péril de la démocratie en Occident et le pouvoir des lobbys à Washington. Selon ce professeur de droit à Harvard (et ex-candidat à l'investiture démocrate), les valeurs publiques sont menacées par les entreprises qui contrôlent le web. 

Au-delà du luxe, des privilèges ou des courbettes, Downton Abbey et ses avatars nous montrent le revers de la noblesse. Le sens du devoir et du sacrifice. La droiture jusqu'à la froideur. L'impartialité devant les idéologies ou les partis. Tel un rempart face au vol vertigineux du temps qui plane sur les mortels, la monarchie évolue... tout en restant identique. Loin des révolutions. Alors que la famille, le mariage, la politique, toutes les autres institutions sont fragiles, ce régime demeure solide comme le roc de Gibraltar.

Une série à 115 millions d'euros

The Crown, actuellement la série la plus dispendieuse à l'écran, s'attardera pendant six saisons au destin de la reine Élisabeth II. Alors que l'histoire moderne file à une vitesse folle sous ses yeux, Élisabeth (jouée par l'extraordinaire Claire Foy) reste calme et lucide face aux épreuves et aux politiciens. Comme si, à l'intérieur du palais, le temps était toujours suspendu.

Quelques monarques et leur série

Les Borgia

Dans la série franco-allemande Borgia, diffusée de 2011 à 2014.

Louis XIV 

Dans la deuxième saison de Versailles diffusée à HBO; une coproduction internationale à gros budget créée par Canal+.

Henri IV

Dans la série éponyme (France 2011) sur le roi de France qui change de religion comme on change de chemise. Avec Julien Boisselier.

Henry VIII

Dans Les Tudors, une coproduction canado-irlandaise de 38 épisodes d'une cinquantaine de minutes créée par Michael Hirst.

Philippe IV, V, VI... 

Dans la nouvelle production des Rois maudits réalisée en 2005, avec entre autres Jeanne Moreau et Gérard Depardieu. D'après la suite romanesque de Maurice Druon.

Élisabeth II

Dans le film The Queen, la série The Crown et la pièce The Audience, tous signés par l'auteur Peter Morgan.

Victoria 

Une série britannique sur la reine d'Angleterre au IXXe siècle sera diffusée en 2017 à ICI Radio-Canada Télé, dans la case horaire que Downton Abbey occupait. Elle comporte huit épisodes, du couronnement de la reine à la naissance de son premier enfant.

- Avec la collaboration de Chantal Guy




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