Alec Baldwin booste SNL... mais nuira-t-il à Trump?

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La parodie de Donald Trump par Alec Baldwin, samedi dernier à la première de la 42e saison de Saturday Night Live (SNL), a enflammé le web et fait remonter les cotes d'écoute d'une émission qui est une institution aux États-Unis. Retour sur l'un des éléments clés de SNL: la satire politique.

Le meilleur Trump?

C'est Tina Fey qui aurait eu l'idée d'aller chercher le comédien Alec Baldwin pour une nouvelle interprétation de Donald Trump, qui a déjà été personnifié à SNL par Darrell Hammond et Taran Killam. Baldwin, qui est l'invité le plus récurrent de l'histoire de SNL, a offert une performance décoiffante (!) du candidat républicain, dans une parodie du premier débat présidentiel où il donnait la réplique à Kate McKinnon en Hillary Clinton. Le nouveau Trump de SNL est plus inquiétant et provocant qu'il ne l'a jamais été, à la mesure de la menace qu'il représente pour la politique américaine. SNL a d'ailleurs embauché Baldwin pour personnifier Trump toute l'année.

SNL veut-elle se racheter?

En 2015, le vrai Donald Trump avait été invité à SNL malgré ses déclarations racistes sur les Mexicains, ce qui avait suscité la controverse. Lorne Michaels, producteur de SNL, a dû défendre encore récemment cette invitation dans une entrevue accordée au Hollywood Reporter. «Il est le candidat des républicains. Nous avons toujours essayé d'être non partisans. Je pense que c'est l'un des candidats les plus controversés que nous ayons jamais eus.» Trump lui-même avait déclaré que s'il avait été invité, c'est parce qu'il allait générer de bonnes cotes d'écoute... De fait, 9,2 millions de téléspectateurs ont regardé son passage à l'émission.

Influente, la satire politique?

La tradition de la satire politique à SNL remonte aux tout débuts, quand Chevy Chase incarnait le président Gerald Ford ou que Dan Aykroyd personnifiait Jimmy Carter. Ces parodies peuvent-elles avoir une réelle influence sur la carrière d'un politicien? Selon Rafael Jacob, chercheur associé à la chaire Raoul-Dandurand, le cas de Trump est vraiment particulier. «Il y a des personnes plus faciles à parodier que d'autres, dit-il. Les caricatures de Barack Obama à SNL n'ont jamais été vraiment drôles, alors que Trump et Clinton sont plus faciles à parodier. Mais Trump est un personnage à la base; le caricaturer a un impact limité, car il est déjà caricatural ! Je ne vois pas en quoi cela viendrait modifier la perception que les gens ont de lui: il est dans le paysage médiatique depuis des décennies. En comparaison, personne ne connaissait Sarah Palin à l'époque ; le potentiel pour la redéfinir était plus important. Bien des gens ont découvert Sarah Palin en même temps que la caricature de Tina Fey. Trump, lui, est déjà défini.»

Comment rire de Clinton?

Le personnage d'Hillary Clinton à SNL, qui a été joué par Amy Poehler avant de l'être par Kate McKinnon, a dû faire face à deux «adversaires» de taille ces dernières années: Sarah Palin et Donald Trump. Mais même quand on la caricature, elle paraît à son avantage par rapport à ce dernier. «Clinton est une candidate typique, note Rafael Jacob. Chez elle, rien ne sort de l'ordinaire, à part le fait qu'elle est une femme. Mais la caricature de SNL n'était pas super flatteuse non plus: on l'a présentée comme avide de pouvoir, avec un discours très scripté.» Dans les dernières années, la vraie Hillary Clinton a elle aussi été invitée à SNL, servant notamment un verre à la fausse Hillary découragée...

Payant pour SNL

La parodie du premier débat présidentiel entre Clinton et Trump a valu des cotes d'écoute enviables à SNL, qui a vu son auditoire grimper de 29 % par rapport à la première émission de l'an dernier - sans toutefois battre le passage du véritable Trump en 2015. C'est le meilleur démarrage de SNL depuis 2008, quand la saison s'était ouverte avec la désormais célèbre parodie de Sarah Palin par Tina Fey. Saturday Night Live, dont les cotes d'écoute baissent depuis 2014, est en pleine restructuration, et les commentateurs pensent que la satire politique prendra beaucoup plus de place cette année, compte tenu de la campagne présidentielle.

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