Gémeaux: quel avenir pour le petit écran?

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Émilie Bergeron
La Presse Canadienne

Alors que le 31e gala des prix Gémeaux célébrera la télévision québécoise dimanche soir, de nombreux intervenants de l'industrie profitent de l'occasion pour réfléchir sur l'avenir du petit écran.

Avec les Netflix et autres plateformes numériques de ce monde, ou «l'uberisation de la télévision», la réalisatrice Margot Ricard, professeure à l'École de médias de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), estime qu'il devient crucial pour les acteurs de l'industrie québécoise de se réunir et de déterminer la place que doit avoir la télévision francophone d'ici.

Le fait de produire des séries en français a longtemps prémuni le Québec de «l'invasion américaine» à laquelle les producteurs canadiens anglophones faisaient face, dit-elle. Aujourd'hui, toutefois, il n'y a «plus de frontière» pour la concurrence.

En entrevue avec La Presse canadienne, celle qui a notamment travaillé pour l'émission «L'Épicerie» et les coulisses des galas Juste pour rire a comparé les mégaproducteurs web «qui ne paient pas de redevances» au transporteur Uber qui sème la grogne dans l'industrie du taxi.

Richard Paradis, chargé de cours au département de communication de l'Université de Montréal et président de la firme de conseillers experts Communication Information Culture (CIC), abonde dans son sens. Il croit que la déclinaison des produits offerts par la «télévision conventionnelle» sur différentes plateformes multimédia représente la voie de l'avenir.

Il est toutefois difficile pour les entreprises, étant donné leurs revenus publicitaires à la baisse, d'investir dans un tel modèle, souligne M. Paradis.

«Le problème, ce n'est pas la technologie, c'est le modèle économique», croit Mme Ricard, saluant l'appel à faire «front commun» lancé par les dirigeants de différentes chaînes de télévision afin de presser le gouvernement fédéral de réglementer le contenu web.

Plusieurs patrons de l'industrie ont lancé ce message à l'occasion d'une rencontre organisée par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision (ACCT), le 13 septembre. La présidente et directrice générale de Télé-Québec, Marie Collin, le président des services en français de Bell Média et de RDS, Gerry Frappier, ainsi que le vice-président principal des services français de Radio-Canada, Louis Lalande, étaient notamment présents.

La place des jeunes

Bien que les séries télévisuelles sur le web essaiment, Margot Ricard estime que de telles initiatives ne peuvent être transposées dans un modèle à grande échelle sans que l'industrie ait accès à un financement plus important.

«Les gens disent que les jeunes vont pouvoir produire de la télévision sur le web, mais pour l'instant, il n'y a pas de modèle économique qui permet de faire de la télévision sur le web de manière aussi substantielle que ça. C'est encore des budgets faméliques», souligne-t-elle.

En plus de la concurrence qui se démultiplie sous l'effet du web, les auditoires éparpillés - et particulièrement les jeunes - sont également difficiles à cibler, affirme Richard Paradis.

«La préoccupation de l'industrie en ce moment, c'est (de voir) comment on va être capable de chercher ces jeunes-là pour qu'on puisse les avoir comme clientèle dans les cinq ou dix prochaines années, explique-t-il. Il n'y a rien de moins sûr.»

«Série noire», nommée dans 13 catégories du gala des prix Gémeaux, réussit toutefois à attirer un public plus jeune, reconnaît-il. «On peut avoir une ou deux séries qui fonctionnent bien, parce qu'on est encore aujourd'hui protégés par la langue, mais ce n'est pas beaucoup quand on regarde ce qui est offert comme contenu de (séries) dramatiques lourdes qui sont offertes par Netflix ou HBO.»

La première saison de «Série noire» est disponible sur Netflix, de même que six saisons des «Parent».

Quoi qu'il en soit, Mme Ricard et M. Paradis voient dans le gala des prix Gémeaux l'occasion, avant toute chose, de célébrer la créativité des artistes québécois.

«Au Québec, on fait de la super bonne série, mais la question qu'on doit se poser, c'est: est-ce qu'on a les moyens de mettre en valeur tout le talent qu'on a?», lance Mme Ricard, qui assistera à la soirée.

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