Maripier Morin: parfaitement imparfaite

Il y a 10 ans, le Québec découvrait Maripier Morin, la bitch... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Il y a 10 ans, le Québec découvrait Maripier Morin, la bitch d'Occupation double. Aujourd'hui, la jeune trentenaire, égérie de Revlon et de Swarovski, est à la barre de son propre talk-show en plus d'être la grande soeur des jeunes talents de La voix junior et l'inspiration des téléspectateurs de Code F. La Presse l'a suivie à travers quelques-uns de ses nombreux projets.

Le deuil d'un rêve

Maripier Morin le clame haut et fort: rien ne l'agace plus que la perfection. C'est pourtant l'image que la jeune femme dégage, que ce soit sur Instagram ou sur papier glacé, maquillée et tirée à quatre épingles, toujours selon les dernières tendances.

En personne comme au petit écran, Maripier est néanmoins d'une spontanéité désarmante et rafraîchissante: elle est de ces personnalités qui décoiffent.

Après avoir sacrifié des années à un rigoureux entraînement sur la glace pour devenir championne de patinage artistique, Maripier Morin se blesse et voit son rêve de remporter un jour une médaille olympique s'envoler.

«J'étais droite comme une barre de fer. Je n'ai pas fumé de pot ni fait le party! Je me levais le matin à 5 h, j'allais patiner, puis j'allais à l'école pour ensuite retourner sur la glace. Le soir, je faisais mes devoirs et je suivais des cours de rattrapage, car je n'étais pas bonne à l'école», se souvient Maripier, qui souffre de dyslexie.

Enfant tranquille, elle se pose pourtant beaucoup de questions et a du mal à communiquer avec ses parents.

«Ça m'aurait fait du bien à cette époque de voir des filles qui ont réussi mais qui ne sont pas parfaites, comme dans Code F. C'est une des émissions les plus importantes de ma carrière.»

Après des années de discipline, la jeune femme vit sa crise d'adolescence sur le tard devant les caméras d'Occupation double. Une image et une expérience qui vont lui coller à la peau pendant un bon moment alors qu'elle cherche encore sa voie.

«Occupation double était un accident, puis Le banquier et les chroniques à l'émission Sucré salé. J'étirais mon 15 minutes de gloire en attendant le moment où ils me diraient qu'ils en avaient fini avec moi», se rappelle Maripier, pour qui faire de la télévision était plutôt un plan C.

«Après la fin de ma carrière de patineuse, mon plan B était la mode. Je voulais être représentante des ventes en Californie pour la compagnie où je travaillais à Montréal. Je me voyais à la tête d'une compagnie de vêtements! Mon père est un entrepreneur d'une famille italienne de 12 et tout le monde a son business», explique-t-elle.

«Je roulais mes cennes noires»

À 23 ans, sans diplôme en poche, Maripier Morin compte sa petite monnaie pour joindre les deux bouts, mais peut compter sur sa mère pour l'aider à payer son loyer.

«Je sortais à l'époque avec un joueur de hockey [son fiancé Brandon Prust] qui faisait 850 000 $ par année, mais j'étais trop fière pour lui demander 200 $ pour manger! Un de mes amis, propriétaire de restaurant, m'invitait tout le temps. Il voyait bien que je ne m'alimentais pas bien. Je roulais mes cennes noires de quand j'étais barmaid pour m'acheter du pain. Je me disais que ce n'était pas la vie que je voulais. Je devais me revirer de bord et vite», se souvient Maripier.

Soutenue par son ami le styliste d'Occupation double, Patrick Vimbor, la jeune femme joue alors le tout pour le tout. «À ce moment-là, on était un peu dans la même situation. On s'est relevés ensemble et il a eu l'idée de me proposer à V télé. Ça a commencé avec Planète V sur le web. Aujourd'hui, il est mon styliste, mon agent et le centre de mon univers!», s'exclame-t-elle.

L'école de la télé

Les projets s'enchaînent rapidement pour Maripier Morin, sans jamais s'arrêter. Un succès qu'elle ne doit pas seulement à son joli minois, mais surtout à un travail acharné. «De l'extérieur, on pourrait croire que ç'a été facile. De l'intérieur, pendant ces cinq années, j'ai travaillé comme une folle», dit-elle.

«J'ai fait mon cégep, mon baccalauréat et ma maîtrise à V! Que ce soit Jean-François Mercier, Richard Turcotte ou Herby Moreau, ils m'ont tous formée à leur façon», explique l'ex-chroniqueuse culturelle de V Télé.

«V Télé m'a acceptée comme je suis, avec mon français qui n'est pas "vargeux", ma spontanéité qui me met parfois dans le trouble et mon "pas de filtre" parfois choquant. Ils avaient décidé d'aimer ça.»

Maripier choisit malgré tout de retenter sa chance à TVA, qui la courtise depuis un moment, en acceptant d'animer l'émission Faites comme chez vous à l'automne 2015. «Je leur ai bien fait comprendre que je n'allais pas entrer dans un moule qui ne me convenait pas. J'avais envie de travailler avec mon meilleur ami, Olivier Aghaby, concepteur de l'émission et directeur de la création chez TVA», précise Maripier Morin.

Maripier!

L'animatrice est encore très déçue que l'émission ait été retirée des ondes aussi rapidement, au printemps dernier.

«J'ai trouvé ça très difficile. C'était une grosse transition dans ma carrière. J'ai quitté V, qui m'a donné ma chance et m'a fait grandir, pour une émission qui n'aura fait qu'une saison», précise l'animatrice qui se retrouve alors sans projet télévisuel. Elle se lance à la conquête des maisons de production afin de dénicher un projet.

«Frapper à la porte de Salvail & Co était comme jouer à la loterie. On est allés voir Z Télé avec le concept de mon talk-show Maripier! et ça a marché en l'espace de trois semaines!», lance-t-elle, encore surprise.

«C'est le projet le plus casse-cou que j'ai fait jusqu'ici. D'abord parce qu'il porte mon nom. Si ce n'est pas bon, ce sera de ma faute parce que j'étais là de la création du concept à la mise en ondes», admet-elle.

Le défi La voix junior

Maripier Morin sera également cet automne la «grande soeur» des candidats de La voix junior à TVA. Une expérience qu'elle considère comme la plus difficile de sa jeune carrière. «La première journée de tournage, j'ai appelé ma mère et je pleurais tellement fort. J'étais dans la noirceur totale. J'allais voir Stéphane Laporte et il me disait que ce n'était vraiment pas ça. Les jeunes voyaient que je me cherchais et ils étaient sur la défensive. Je me suis alors demandé ce que j'aurais aimé qu'on me dise avant que je monte sur la glace. J'ai compris que je n'animais pas, mais que j'étais le témoin d'un moment important dans la vie de quelqu'un d'autre», explique-t-elle.

Omniprésente

En plus d'être un peu partout au petit écran au Québec, Maripier Morin sera présente pour la troisième saison de Hockey Wives sur les ondes de W Network. Le tournage a déjà commencé et on pourra la suivre dans son quotidien avec son fiancé, le joueur de hockey Brandon Prust.

«Je me fais plus reconnaître à Toronto qu'à Montréal! J'ai aussi tourné mon premier show en anglais, qui s'appelle Style Factory, un Code F de la mode qui sera diffusé sur Slice et dans lequel on parle de l'histoire de la mode», ajoute Maripier.

Celle qui signe une gamme de lunettes et une autre de boissons alcoolisées prête son visage à Revlon et à Swarovski et s'est même lancée dans la restauration. «Mettons que si tout s'arrête demain pour moi, je n'ai pas peur: je sais que mon chum est là le temps que je retombe sur mes pattes. Ça me procure une liberté incroyable, ça me permet de partir des projets incroyables! Le restaurant a par exemple été un mauvais coup. On a tout perdu. Financièrement, ç'a été un gros échec», avoue-t-elle.

Spectacle gratuit

Le 17 septembre prochain, Maripier Morin coanimera avec Patrick Langlois et George Stroumboulopoulos un grand spectacle gratuit au Centre Bell organisé par Global Citizen, où se produiront entre autres Usher, Half Moon Run, Metric, Grimes et Charlotte Cardin en présence du premier ministre Justin Trudeau et du philanthrope Bill Gates.

Comme elle a longtemps été habitée par le syndrome de l'imposteur, ne serait-il pas temps pour Maripier Morin de savourer pleinement son succès?

«J'ai eu 30 ans cet été et quelque chose a snapé dans mon cerveau. J'ai toujours été une grande anxieuse. Je me suis toujours questionnée: est-ce que j'ai le droit d'être là? La réponse est oui et j'ai le goût d'aller encore plus loin. Je n'ai plus envie de me torturer. C'est trop malsain», avoue-t-elle avant de conclure: «Rien n'arrive pour rien. Cette blessure en patin, il a fallu que j'en fasse le deuil. Mon passé m'a forgée pour ce que je suis en train de faire. Ça m'a préparée et armée pour ce qui se passe en ce moment. Finalement, mon rêve, je le vis maintenant.»

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