Les beaux malaises de nos journalistes

Martin Matte et Julie Le Breton... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Martin Matte et Julie Le Breton

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

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La Presse

C'est la fin pour Les beaux malaises (ou presque, puisque deux épisodes viendront boucler la boucle la saison prochaine). Après trois saisons à rire et à pleurer avec la famille fictive de Martin Matte, nos chroniqueurs Marc Cassivi et Hugo Dumas et notre journaliste Chantal Guy livrent leurs impressions sur cet immense succès comique.

MARC CASSIVI

1. LE MEILLEUR MALAISE

L'épisode « Prendre une pause ». Martin propose à Julie d'aller se reposer chez sa cousine à Chicago et en profite pour faire quelques petites rénovations dans la maison. Changer une toilette au sous-sol devrait être une affaire de rien selon le commis de la quincaillerie, mais avec un orgueilleux impatient pas très habile de ses mains, les choses tournent vite à la catastrophe. Il y a eu des épisodes bien plus caustiques, plus audacieux, plus étonnants, mais jamais pour moi plus drôles.

2. LE PERSONNAGE PRÉFÉRÉ

Patrick (Patrice Robitaille), le meilleur ami du secondaire qui est resté un adolescent attardé. Il est macho, infidèle, homophobe, sans gêne, sans filtre et parfois dégueulasse. Et grâce à ses commentaires presque toujours déplacés, il est un vecteur de malaises perpétuels. Il est particulièrement odieux avec Jean-François (Martin Perizzolo), l'autre ami qui n'arrive jamais à se faire inviter à jouer au tennis.

3. LA MEILLEURE SAISON

La deuxième saison est la plus maîtrisée, à mon avis. La dernière se termine en force - l'épisode du « week-end de rêve » à Québec était particulièrement réussi -, mais a montré quelques signes d'essoufflement et de redite. La deuxième saison nous surprenait chaque semaine, en repoussant chaque fois davantage les limites de l'humour irrévérencieux sur une chaîne généraliste à heure de grande écoute. Pour notre plus grand plaisir.

4. UN CLASSIQUE INSTANTANÉ ?

Il est à mon avis trop tôt pour parler d'un classique instantané. Série noire est pour moi une de ces séries cultes ; elle sort du lot par son originalité et a toutes les chances de devenir un classique de la télé québécoise. Les beaux malaises est une très bonne émission dont on gardera un excellent souvenir, mais elle appartient à un genre télévisuel que l'on a déjà vu (Curb Your Enthusiasm). Un « classique » ? Seul le temps le dira...

CHANTAL GUY

1. LE MEILLEUR MALAISE

L'épisode « Le sexe handicapé », où Martin cherche une travailleuse du sexe pour son frère (formidable Fabien Cloutier), est un moment d'anthologie, entre autres parce qu'on ose rarement aborder ce sujet et que Martin Matte a l'autorité morale, en quelque sorte, pour en rire - son frère étant un traumatisé crânien. Malaises, rires et émotions, tout ça en un épisode, résument la force de cette série.

2. LE PERSONNAGE PRÉFÉRÉ

Monique (Michèle Deslauriers), la mère délurée qui traumatise son fils Martin par son infinie curiosité sexuelle (assez pour se retrouver dans une publicité) et son insatiable besoin de se rapprocher (par le chantage émotif s'il le faut). Et son étonnante lubie de bières artisanales est plutôt étrange.

3. LA MEILLEURE SAISON

La première, pour la simple et bonne raison qu'on a tous été étonnés par cette série dont on n'attendait rien en particulier, puisqu'elle arrivait après d'autres propositions qui jouent aussi sur les « vrais-faux » personnages (Tout sur moi, Les pêcheurs, etc.).

4. UN CLASSIQUE INSTANTANÉ ?

Seul l'avenir dira si le public aimera revoir et revoir encore Les beaux malaises, mais il est certain que les quelques notes de la chanson du générique évoqueront pour longtemps la famille fictive de Martin Matte. Un classique ? Trop tôt pour le dire, mais un modèle de sitcom incontournable, sûrement.

HUGO DUMAS

1. LE MEILLEUR MALAISE

La visite de Martin Matte chez les pauvres, qui nous a montré crûment la réalité des gens démunis, avec plusieurs gags bien gras à la clé. Également : le voyage de camping des boys, où Jean-François (Martin Perizzolo) s'est ouvert sur ses préférences sexuelles. Cette scène a débouché sur une kyrielle de questions gênantes (gracieuseté de Pat, évidemment) et une redéfinition des contours de l'amitié masculine.

2. LE PERSONNAGE PRÉFÉRÉ

La coquine Monique (formidable Michèle Deslauriers), sans l'ombre d'un doute. Quelle femme incroyable ! Libérée, trop bavarde, curieuse, peu à l'écoute et incapable d'établir des limites, c'est Monique qui a probablement le plus ébranlé Martin dans ses convictions. Un contrepoids parfait à Claudette (Christiane Pasquier), la mère de Julie.

3. LA MEILLEURE SAISON

La troisième. Et de loin. Martin Matte y a atteint une maîtrise quasi parfaite de son produit. Les clins d'oeil aux téléspectateurs, les mises en abyme, les textes ciselés à la virgule près, le jeu naturel de tous les acteurs, les éléments touchants (allô l'adultère) ou plus burlesques (le gradateur de la salle de bains) : à peu près rien n'y a retroussé.

4. UN CLASSIQUE INSTANTANÉ ?

Assurément. Parce que chacune des saisons des Beaux malaises a renfermé des moments classiques, qu'on aime se répéter et revoir. Parce que la série a joué sur plusieurs niveaux de compréhension, ce qui a considérablement élargi son bassin de fans. Et parce que son créateur nous secouait, nous surprenait, nous choquait, nous faisait rire et pleurer en l'espace de 22 minutes. Un tour de force.

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