Les pays d'en haut: leurs belles histoires

Elizabeth Lesieur, Denise Filiatrault, Andrée Champagne, Janine Sutto... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Elizabeth Lesieur, Denise Filiatrault, Andrée Champagne, Janine Sutto et Andrée Boucher.

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Luc Boulanger
La Presse

Réunies pour une séance photo à La Presse, cinq comédiennes nous livrent leurs souvenirs du célèbre téléroman Les belles histoires des pays d'en haut.

Andrée Boucher 

Andrée Boucher interprétait le rôle d'Artémise, la femme d'Alexis. «Je jouais la femme parfaite... un vrai rôle de composition, blague-t-elle. M. Grignon avait défini Artémise comme une synthèse entre la conjointe et la maîtresse. Artémise est belle, charnelle, compréhensive et, surtout, elle n'est pas jalouse des sentiments d'Alexis pour Donalda.»

Après la parution de son livre J'ai choisi la vie, en 2000, l'ex-«Dame de coeur» est devenue conférencière. Elle donne des ateliers partout au pays. Lors de sa visite à La Presse, Andrée Boucher arrivait de Wabush où elle avait donné une conférence.

Andrée Champagne 

«J'ai des souvenirs merveilleux de Donalda, mais on me réduit toujours à ce personnage», explique Andrée Champagne, qui avait 17 ans lorsqu'elle a décroché ce rôle. Mme Champagne recevait par courrier «des couvertures et de la nourriture», tant sa Donalda bouleversait certains téléspectateurs incapables de distinguer la réalité de la fiction.

Andrée Champagne a été plus active en politique qu'à la télévision, bien qu'on l'ait vue dans des téléséries (Scoop, Omertà). Députée de 1984 à 1993, elle a été nommée sénatrice en 2005. Au printemps 2007, Mme Champagne a été infectée par une bactérie au cours d'un voyage officiel en Martinique; elle en a fait le récit dans un livre. La sénatrice est à la retraite depuis 2014.

Denise Filiatrault 

«En 1966, j'ai dû abandonner Délima à regret, car je commençais Moi et l'autre avec Dominique Michel, et Radio-Canada refusait que je fasse les deux émissions», explique l'actrice. «J'ai vu des extraits de la nouvelle télésérie. La petite qui joue Délima [Julie Le Breton], elle est ben belle et ben bonne... mais mon Dieu, elle est trop élégante pour le personnage de M. Grignon.»

«Mais n'oubliez pas d'écrire que j'ai adoré la réalisation et la photographie...»

Denise Filiatrault est directrice artistique du Théâtre du Rideau Vert depuis 2004. Elle persiste et signera au printemps une nouvelle mise en scène, Je préfère qu'on reste amis de Laurent Ruquier. La première aura lieu le lendemain du 85e anniversaire de l'artiste qui insiste pour qu'on l'appelle simplement Denise.

Elizabeth Lesieur

«Les belles histoires a été le premier vrai contrat de ma carrière, raconte Mme Lesieur. Je venais de terminer le Conservatoire d'art dramatique de Québec, puis de déménager à Montréal. On répétait du lundi au mercredi et on tournait le jeudi. On tournait une prise: les caméramans devaient faire des pirouettes pour se déplacer d'un décor à l'autre. Si un acteur se trompait, il ne pouvait pas reprendre la scène.»

Après Les belles histoires, Elizabeth Lesieur a joué dans un autre téléroman populaire de Radio-Canada: Les forges de St-Maurice (1972-1975). Ces dernières années, Mme Lesieur a fait beaucoup de doublage. L'actrice est, entre autres, la voix québécoise de Diane Keaton.

Janine Sutto

Dans Les belles histoires, Janine Sutto incarnait Prudence, soeur d'Angélique, la postière de Sainte-Adèle. Angélique est au courant de tout ce qui se passe au village, en lisant les lettres que les habitants lui confient. «Si le téléroman a connu autant de succès, estime Mme Sutto, c'est parce que son auteur a créé des personnages qui sont des archétypes de la société québécoise de l'époque.»

La doyenne de la culture au Québec ne joue plus, bien qu'elle demeure active. Elle est montée sur les planches une dernière fois dans la pièce musicale Belles-soeurs de Michel Tremblay, René Richard Cyr et Daniel Bélanger. En mars 2012, elle faisait partie de la tournée française au Théâtre du Rond-Point. C'était la première fois qu'elle jouait à Paris... sa ville natale.

«Un homme et son péché»: une oeuvre à travers le temps

Le roman

L'auteur Claude-Henri Grignon l'avait prédit: Séraphin est immortel! Cet avare qui maltraite la belle Donalda apparaît pour la première fois dans Un homme et son péché, son roman publié en 1933. Grignon le remaniera plusieurs fois, jusqu'à sa mort en 1976. C'est la première brique d'une oeuvre qui connaîtra de nombreuses adaptations.

Le radioroman

De 1939 jusqu'au début des années 60, un feuilleton radiophonique, réalisé par Guy Mauffette, est diffusé sur les ondes de Radio-Canada. Hector Charland et Estelle Mauffette incarnent Séraphin et Donalda. M. Grignon a ajouté plusieurs patois et modifié son style d'écriture afin que les auditeurs puissent bien identifier les personnages à la radio. C'est Guy Mauffette qui a choisi le thème musical d'Un homme et son péché à la radio. Ce thème - un extrait des Saisons de Glazounov - a été repris pour la tournée théâtrale et pour le générique du téléroman.

Le téléroman

En 1956, après une adaptation au cinéma, c'est le passage à la télévision sous le titre des Belles histoires des pays d'en haut. Jean-Pierre Masson et Andrée Champagne jouent les rôles principaux. Immense succès télévisuel: 495 épisodes hebdomadaires, 15 saisons de diffusion, sans compter les reprises. Un record de longévité pour un téléroman québécois (hormis Virginie qui était une quotidienne). De 1956 à 1966, l'émission est tournée en direct (une prise) et présentée en différé, à raison de 30 minutes par épisode. À partir de 1967, l'émission est enregistrée et diffusée en couleur, en format de 60 minutes. Encore aujourd'hui, cette version est reprise sur ARTV, la semaine, à 18h.

Le film de Binamé

En 2002, Charles Binamé réalise Séraphin - Un homme et son péché, avec Pierre Lebeau, Roy Dupuis et Karine Vanasse dans les rôles de Séraphin, Alexis et Donalda. Le film engrange plus de 8,1 millions de dollars au box-office; c'est l'un des longs métrages québécois les plus lucratifs de tous les temps.

En bédé et sur les planches

Un homme et son péché a aussi fait l'objet d'une bande dessinée, Séraphin illustré, et d'une pièce de théâtre mettant en vedette des interprètes du feuilleton radiophonique. Dans les années 40 et 50, la troupe est partie régulièrement en tournée à travers le Québec.

La nouvelle télésérie

Le 11 janvier à 21h, à ICI Radio-Canada Télé, Séraphin Poudrier ressuscitera une fois de plus dans une nouvelle (et fascinante!) adaptation pour le petit écran. Les pays d'en haut est signée Gilles Desjardins et réalisée par Sylvain Archambault. L'avare et futur maire de Sainte-Adèle est joué par Vincent Leclerc. La distribution comprend aussi Sarah-Jeanne Labrosse (Donalda), Maxime Le Flaguais (Alexis), Julie Le Breton (Délima), Antoine Bertrand (le curé Labelle) et Rémi-Pierre Paquin (Bidou Laloge). Près d'un siècle après sa création, il s'agit de la cinquième version au cinéma ou à la télévision de ce monument de la littérature québécoise.

Trois générations de Belles histoires

Le 17 février, Les enfants de la télé présentera une émission spéciale consacrée à trois générations des Belles histoires des pays d'en haut. Des vedettes du téléroman et du film de Charles Binamé se joindront aux acteurs de la télésérie sur le plateau d'André Robitaille et Édith Cochrane. Parmi les invités: Andrée Champagne, Pierre Lebeau, Maxime Le Flaguais, Julie Le Breton, Vincent Leclerc et Rémi-Pierre Paquin.

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