Les Guignols font leur retour à l'antenne

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Des affiches parisiennes annonçant le retour de l'émission, entièrement remaniée.

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Séverine ROUBY
Agence France-Presse
PARIS

Avec trois mois de retard sur la rentrée, les Guignols ont fait leur grand retour sur Canal+ lundi en crypté, dans une version repensée par le nouveau patron de la chaîne, Vincent Bolloré, centrée sur la politique au lendemain des élections régionales.

Pour leur première diffusion depuis la reprise en main de la chaîne par l'homme d'affaires breton, qui avait envisagé cet été de les remplacer, les marionnettes ont collé à l'actualité, avec des sketchs sur la famille Le Pen, les élections régionales et la Cop21.

Les célèbres marionnettes ne sont pas revenues sur les raisons de leur absence, pendant laquelle les auteurs historiques ont été remplacés, le décor entièrement revu et la ligne repensée pour être plus internationale et davantage tournée vers le divertissement.

Très franco-français, ce premier épisode de la 27e saison présentait des pastiches d'hommes politiques (Nicolas Sarkozy, François Hollande) de sportif (Zlatan Ibrahimovic) ou d'animateurs (Cyril Hanouna, Yann Barthes).

Le présentateur vedette, PPD, pastiche du journaliste Patrick Poivre d'Arvor, était également de la partie, entouré d'Elise Lucet, David Pujadas et Eric Zemmour, mais la présentation du faux JT était assurée par deux journalistes inconnus parodiant BFMTV.

Sur Twitter, l'accueil des premiers spectateurs était trés mitigé: «Rendez-nous les vrais Guignols», «Nullissime cette nouvelle version», «Finalement, c'était une bonne idée de crypter les Guignols»...

«Pas mal, la nouvelle formule des Guignols. Mais Vincent Bolloré devrait se faire aider pour les textes», s'amusait l'humoriste Didier Porte sur le réseau social.

L'éventuelle disparition des impertinentes marionnettes avait entraîné une vaste mobilisation cet été sur les réseaux sociaux et dans la classe politique, faisant réagir jusqu'à François Hollande, qui avait rappelé que «la caricature, ça fait partie du patrimoine».

Selon la presse spécialisée, Vincent Bolloré avait envisagé de remplacer l'émission satirique, dont il n'appréciait pas le ton, par des humoristes, notamment Florence Foresti ou Gad Elmaleh.

Diversification

L'industriel breton, président de la maison-mère de Canal+ Vivendi depuis mi-2014, avait critiqué quelques mois avant sur France Inter «l'esprit Canal», estimant que c'était «parfois, un peu trop de dérision». «Je trouve que se moquer de soi-même, c'est bien. Se moquer des autres, c'est moins bien», avait-il lancé.

Après l'émoi suscité par l'hypothèse de la déprogrammation de l'émission satirique, le nouveau patron de la chaîne avait garanti leur maintien, mais dans un nouveau format, tourné vers l'international et la «pop» culture, et réservé aux abonnés.

Longtemps vitrine de la chaîne, Les Guignols avaient vu ces derniers mois leur audience s'éroder, passant de 8,9% de part d'audience en moyenne sur 2013-2014 à 7,3% en juin 2015, selon Philippe Bailly, président du cabinet NPA Conseil.

La nouvelle formule, censée donner un coup de jeune à l'émission, sera également plus présente sur les réseaux sociaux et sur le portail internet Dailymotion (propriété de Vivendi) où elle sera diffusée en clair.

Elle devra également être plus facilement exportable, l'ambition de la direction étant de traduire certains sketchs en anglais et en espagnol.

Vincent Bolloré souhaite également développer Les Guignols en tant que marque et envisage une diversification autour de l'émission, avec un projet de film et un projet de café envisagés dans Paris, selon des informations du Figaro confirmées à l'AFP par le producteur Yves Le Rolland.

«Ce sont des projets, des envies, il n'y a rien de lancé. Si on me demande d'envahir le monde, moi j'y vais», a-t-il indiqué.

Selon lui, le budget, actuellement de 17 millions d'euros, pourrait être revu à la hausse.

«Mon fantasme serait qu'un «Late Show» (émission humoristique très populaire aux États-Unis) de deuxième partie de soirée nous commande un sketch une fois par semaine, l'histoire s'écrira ou pas», détaille le producteur.

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