Vidéotron fait le pari du modèle Netflix

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Karl & Max, dont la première saison de 10 épisodes est réalisée par Patrice Sauvé, met en scène deux amis (incarnés par Charles Lafortune et Guy Jodoin) qui se retrouvent malgré eux poursuivis par le crime organisé.

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Alors que les revenus des chaînes de télévision généralistes sont en baisse, l'avenir des séries québécoises passe-t-il en partie par l'internet? C'est le pari que fait Vidéotron, qui présentera cet hiver sur le Club illico les aventures rocambolesques de deux banlieusards, interprétés par Guy Jodoin et Charles Lafortune, qui se retrouvent malgré eux poursuivis par le crime organisé.

Karl & Max, dont la première saison de 10 épisodes est réalisée par Patrice Sauvé (à qui l'on doit La vie la vie et Grande Ourse, notamment), met en scène deux amis dont le destin est chamboulé. Lors d'un voyage de pêche, ils sont coincés dans une situation qui implique une cagnotte inattendue de 2,6 millions. Doivent-ils voler l'argent? Leur décision les catapultera hors de leur vie tranquille.

«Les deux hommes se mettent dans de beaux draps, et bien comme il faut. Ils prennent sans le savoir de l'argent d'un groupe de motards. Les circonstances font en sorte qu'il n'y a aucun témoin et qu'ils peuvent le faire», explique le coscénariste Maxime Landry.

Or, les motards n'entendent pas se faire voler aussi facilement. Ils engagent un mercenaire, interprété par Benoît Gouin, qui a pour mission de les retrouver. Les aventures de Karl & Max déboulent ainsi en une cascade effrénée où chaque détail est important.

Public branché visé

Pour Charles Lafortune, qui agit à titre de producteur exécutif de la série en plus de jouer le premier rôle, Karl & Max amène au Québec un genre télévisuel encore bien peu présent: la «dramédie». Dans cette nouvelle série, «on rit, on pleure, on est mal à l'aise, et chose certaine, on a envie de l'écouter d'un coup, sans prendre de pause», explique-t-il.

La série étant diffusée d'abord en ligne, l'équipe de production vise un jeune public branché qui n'aurait pas découvert la série si elle avait été présentée en premier lieu sur TVA. Mais ce n'est pas parce qu'on diffuse sur le web que «la qualité n'est pas au rendez-vous», a-t-on promis hier lors d'une visite du plateau de tournage.

«Avec l'arrivée de nouveaux acteurs comme Netflix, nous verrons de plus en plus de séries du genre. Les diffuseurs misent sur le multiécran. Pour Karl & Max, on a un budget d'environ 550 000$ par épisode. Il n'y aura plus beaucoup de séries comme 19-2, où l'on pouvait investir jusqu'à près d'un million par épisode», explique Charles Lafortune.

Lors de l'exercice financier 2013-2014, les télévisions généralistes privées du Québec ont essuyé des pertes pour la première fois de leur histoire, selon les données rendues publiques récemment par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Comme pour d'autres médias, la baisse des revenus publicitaires force ces entreprises à revoir leur façon de faire.

«Maintenant, on part du principe qu'une série a plusieurs vies et que des plateformes comme le Club illico nous permettent d'en produire davantage. C'est l'avenir! Les gens, et particulièrement les 18-30 ans, s'abonnent de plus en plus pour obtenir de la télé sur demande», estime Ginette Viens, vice-présidente marque et contenu chez Québecor.

La première saison de Karl & Max sera offerte en intégralité sur le Club illico dès décembre. Une rediffusion sur d'autres plateformes du groupe Québecor, dont TVA, n'est pas exclue pour l'instant.

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