American Crime dissèque les maux de l'Amérique

Benito Martinez, vedette d'American Crime.... (Photo: La Presse Canadienne)

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Benito Martinez, vedette d'American Crime.

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Agence France-Presse
Los Angeles

Immigration, racisme, inégalité face à la Justice, drogue, prostitution... American Crime, saga criminelle écrite, réalisée et produite par John Ridley, Oscar 2014 du meilleur scénario pour Twelve Years a Slave, aborde frontalement tous les maux de l'Amérique contemporaine.

Le cinéaste et romancier a expliqué à l'AFP comment il avait imaginé cette série choc, menée par Felicity Huffman (Desperate Housewives) en mère endeuillée, qui promet d'être l'un des programmes phares de la saison et a déjà reçu des critiques dithyrambiques.

La première a eu lieu en France sur Canal Plus Séries mardi et le second épisode a été diffusé jeudi aux États-Unis, sur la chaîne ABC.

Q: On dirait que vous avez voulu aborder tous les problèmes de l'Amérique dans cette série?

R: J'ai voulu mettre autant de problématiques que possible dans cette histoire. L'immigration, les relations raciales, les aspects socioéconomiques. (...) Tout est entremêlé, ces problèmes sont très complexes et je voulais montrer comment ces histoires et ces personnages se superposent et interagissent.

Nous, les citoyens, avons tendance à ne pas nous intéresser à ces questions avant qu'il ne soit trop tard, quand nous nous retrouvons dans les mailles du système judiciaire. J'ai été très triste de voir ce qui s'est passé à Ferguson (où un jeune noir de 18 ans, Michael Brown, a été tué par un policier blanc début août, déclenchant des émeutes et manifestations dans tout le pays, ndlr). Ferguson, New York, Rodney King (un jeune homme noir passé à tabac en 1991 par des policiers dont l'acquittement déclenchera des émeutes, ndlr).

Ces événements reviennent par cycle. En tant que société nous faisons des progrès, les relations raciales se sont considérablement améliorées depuis 1865 (date de la fin de la guerre civile). Il n'y a pas si longtemps des gens de races différentes ne pouvaient pas se marier. Mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire et plus que tout nous avons la possibilité d'interagir les uns avec les autres.

Q: Qu'est-ce qui a inspiré l'intrigue d'American Crime?

Un événement qui m'a beaucoup inspiré est l'affaire dite de la joggeuse de Central Park, à la fin des années 80. J'étais alors étudiant à New York. Des jeunes Noirs ont été accusés alors qu'ils n'avaient rien fait (quatre jeunes Noirs et un Hispanique avaient été accusés à tort d'avoir agressé une joggeuse de 28 ans et condamnés à purger entre 6 et 13 ans de prison chacun, avant d'être innocentés en 2002 par les aveux du vrai meurtrier, Matias Reyes, ndlr). Les procureurs étaient sûrs de leur dossier.

Ma vie a continué, mais les accusés et leurs familles se sont retrouvés pris au piège d'un système qui a bâti une narration à partir d'éléments présentés comme des preuves. Tout repose sur qui est capable de s'offrir les meilleurs avocats. Quant aux policiers, c'est leur travail d'arrêter quelqu'un.

Q: Quelle est la différence entre travailler sur un film artistique et prestigieux comme Twelve Years a Slave et sur une série télévisée pour un grand réseau de chaînes hertziennes?

R: Avec 11 épisodes, on a le temps de creuser les personnages, qui évoluent au fur et à mesure des semaines en même temps que le public change lui-même aussi. Pour Twelve Years a Slave, j'ai dû contracter douze années en deux heures.

Quand on travaille sur une grande chaîne il y a quelques contraintes de langage, on ne peut pas montrer de scènes de sexe, mais (ABC) nous a donné toute latitude pour être provocateurs d'une manière constructive, par rapport aux questions que nous abordons.

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