House of Cards: quand la fiction se frotte à la réalité

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House of Cards, saison 3, sortira vendredi sur le service de vidéo en ligne américain, mais le premier épisode doit être présenté jeudi à Londres en avant-première mondiale.

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Katherine HADDON
Agence France-Presse
LONDRES

Au moment où la nouvelle saison de House of Cards s'apprête à débarquer sur Netflix, les parlementaires britanniques, source d'inspiration de la série, se livrent à des manoeuvres préélectorales que ne renierait pas Frank Underwood, l'antihéros interprété par Kevin Spacey.

House of Cards, saison 3, sortira vendredi sur le service de vidéo en ligne américain, mais le premier épisode doit être présenté jeudi à Londres en avant-première mondiale.

Comme dans les deux saisons précédentes, succès critique et public, cette fiction met en scène Frank Underwood, un Machiavel des temps modernes parvenu à conquérir la Maison-Blanche à force de manipulations et d'entourloupes.

Mais House of Cards est à l'origine une série britannique sortie dans les années 1990 qui avait pour théâtre le palais de Westminster, siège du Parlement britannique, à Londres.

Et vues depuis la capitale britannique, la série, ses magouilles incessantes et sa vision au vitriol du fonctionnement de la politique ne sont pas forcément du goût de tous.

«Il y a probablement un soupçon de vérité dans tout ça, mais je ne pense pas que nous soyons aussi méchants», s'offusque le député conservateur Michael Fabricant, attablé dans l'un des salons de thé de la Chambre des Communes.

«Enfin... disons que je n'ai rencontré personne» d'aussi vil qu'Underwood, ajoute le parlementaire de 64 ans, qui prodigua, il y a plus de 20 ans de cela, moult conseils aux auteurs de la série originale, inspirée par un roman de Michael Dobbs, un ancien conseiller de Margaret Thatcher.

Frank Underwood portait alors le nom de Francis Urquhart et tentait l'impossible pour devenir, non pas président des États-Unis, mais premier ministre de Sa Majesté.

Coups fourrés et politiciens sans scrupules avides de pouvoir: la recette était la même, et si la série n'a pas remporté le succès planétaire de la version américaine, elle eut un impact significatif au Royaume-Uni... au point que l'ancien Premier ministre John Major confia qu'elle le faisait passer pour un Dracula assoiffé de sang.

«Un monde impitoyable»

De meurtre et de chantage, tel qu'on en voit dans House of Cards, il n'est pas question au Parlement britannique. Mais certains députés sont loin d'être des enfants de choeur.

Cette semaine, deux anciens ministres, Jack Straw et Malcolm Rifkind, ont dû mettre un sérieux coup de frein à leurs ambitions politiques après avoir été accusés de monnayer leur influence, suite aux révélations d'une enquête du Daily Telegraph et de la chaîne Channel 4.

La politique est «un monde impitoyable», reconnaît Michael Fabricant.

«Malcolm Rifkind a dû quitter ses fonctions, ajoute-t-il. Et même si on se dit qu'il n'a techniquement enfreint aucune règle, c'est problématique lorsqu'on est si près des élections» législatives de mai, où le premier ministre David Cameron remettra son mandat en jeu.

Pour autant, croit savoir le député, les électeurs savent faire la part des choses entre la fiction et le «travail de fond» effectué par leurs représentants.

Mais pour Hazel Blears, un ancien ministre travailliste, la culture populaire «renforce la croyance qui voudrait que les hommes politiques soient tous pourris».

La fiction peut en effet jouer un «rôle important, voire insidieux» dans la perception du personnel politique, renchérit Steven Fielding, de la Nottingham University.

Jusque dans les années 1980, explique-t-il, les hommes politiques étaient dépeints comme «sages et convenables».

Mais aujourd'hui, «ils sont vus comme des personnages sombres, méchants, insensibles, corrompus, évoluant dans un monde à part».

«Et cette vision populiste des hommes politiques est renforcée» par les séries, films, livres et autres oeuvres de fictions, ajoute-t-il.

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