Un trou dans ma tête: la bucket list d'un artiste

Le documentaire Un trou dans ma tête, réalisé... (Photo fournie par Salvail & Co)

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Le documentaire Un trou dans ma tête, réalisé par David Boisclair et produit par Éric Salvail, raconte les derniers mois de l'artiste multidisciplinaire Benoît Cliche, atteint d'un cancer au cerveau au début de la trentaine.

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Benoît Cliche avait un rêve: être reconnu comme un véritable artiste par le grand public. C'est précisément ce que le réalisateur David Boisclair et Éric Salvail l'ont aidé à accomplir à travers le documentaire Le trou dans ma tête, qui sera diffusé sur les ondes de Canal Vie le 14 avril à 21h.

À sa sortie du Conservatoire d'art dramatique de Québec, l'acteur, emporté récemment par un cancer du cerveau, avait mis toutes les chances de son côté pour percer dans le métier. C'est principalement au théâtre qu'il a démontré son talent, notamment dans Le cardigan de Gloria Esteban, de Joëlle Bond, et dans L'étape, d'Alexandre Fecteau. Au cinéma, il a joué dans La rage de l'ange de Dan Bigras.

Joueur de cuillère professionnel pour le Cirque du Soleil (Québec 400), mascotte dans des annonces publicitaires, figurant dans des séries télé et candidat dans des téléréalités comme Canadian Idol et Canada's Got Talent, rien ne pouvait freiner Benoît dans sa quête de reconnaissance. Rien, sauf la maladie. Le 19 juillet 2012, il apprend qu'il est atteint d'une tumeur cérébrale de grade IV.

«Bonjour gang, Benoît Cliche, j'ai le cancer du cerveau», lance-t-il tout sourire à la webcaméra alors qu'il tourne la première d'une longue série de capsules vidéos, sorte de journal de bord qu'il publiera religieusement sur YouTube.

Rendre justice à Benoît Cliche

Près de deux ans plus tard, Benoît Cliche tient toujours son journal lorsque le réalisateur David Boisclair lui demande la permission d'utiliser une vidéo dans laquelle il joue de la cuiller sur une chanson de Mara Tremblay. Touché par l'histoire de Benoît, David Boisclair décide de le rencontrer.

«Le déclic s'est fait quand je l'ai entendu dire cette phrase: "Une directrice de casting m'a dit récemment que je devais arrêter de penser que ça pourrait fonctionner, qu'aucun producteur n'allait accepter de m'assurer sur un plateau avec ma condition physique." J'ai trouvé épouvantable qu'à 32 ans, il ait cette épée de Damoclès au-dessus de la tête!», lance le documentariste, qui a décidé de mettre en lumière tout l'éventail créatif de Benoît Cliche. 

«Je voulais lui rendre justice, qu'il laisse un héritage», ajoute-t-il.

Le réalisateur et la monteuse Marie-Julie Durand proposent alors le projet à Éric Salvail, qui accepte de se lancer pour la première fois dans la production d'un documentaire avec sa compagnie, Salvail&Co.

«On s'est servi des vidéos YouTube de Benoît pour présenter l'idée à Éric Salvail, explique David Boisclair. Notre angle était de matérialiser dans le documentaire certains souhaits de la bucket list qu'on avait demandé à Benoît de dresser pour oublier un peu ses traitements et les hôpitaux.»

«J'ai voulu rencontrer Ben avant d'aller plus loin et on a tout de suite embarqué. Ce qui me rejoignait beaucoup, c'était sa bucket list, qui était d'une telle simplicité que c'est venu me chercher!», se souvient Éric Salvail.

Souhaits simples

Benoît Cliche n'a pas la folie des grandeurs. Il souhaite tout simplement rafraîchir sa garde-robe, aller au spa, faire toiletter son chat, rencontrer Bob la cuillère, ou encore revoir ses amis du Conservatoire.

«Dès le départ, on a fourni à Benoît une liste de 51 questions et un enregistreur numérique professionnel pour qu'il y réponde. Il a commencé assez tôt à faire de l'aphasie à cause d'un traitement expérimental. Il a pris 120 livres en 6 mois et avait du mal à se déplacer», raconte David Boisclair, qui est heureux d'avoir pu organiser une exposition des dessins de Benoît Cliche en les transférant sur de l'acier brossé et des polymères transparents.

«Mara Tremblay a accepté de composer toute la trame sonore du documentaire et d'enregistrer Le trou dans ma tête, une chanson que Ben avait écrite avant même d'être diagnostiqué», dit-il.

Acceptation

Le tournage a pris fin le 9 septembre dernier. Après quatre opérations en quelques années, Benoît Cliche a appris qu'il ne guérirait pas. 

«Son état de santé s'est détérioré très vite pendant l'automne. Le 26 novembre, il a cessé la médication expérimentale, qui ne fonctionnait plus. À partir de ce moment-là, son père m'a dit qu'il avait laissé la colère derrière lui et qu'il était entré dans l'acceptation. Il a pu partir, chez lui, entouré des siens», explique avec émotion David Boisclair.

«Sa mère ne voulait pas qu'on voie un côté plus sombre de son fils. Il vivait des moments pénibles et était en colère contre la vie. Moi, ce que je voulais, c'était montrer son talent», ajoute le réalisateur.

Joueur de cuillère, auteur-compositeur, dessinateur, comédien, Benoît Cliche aura toujours cherché à laisser sa trace. Aujourd'hui, grâce au documentaire Le trou dans ma tête, c'est chose faite. Il aura quitté cette vie en artiste accompli.

À Canal Vie le 14 avril à 21h

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