Le projet N : le secret de Grosse-Île

De 1940 à 1956, le gouvernement canadien a... (Photo: tirée du documentaire Le projet N)

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De 1940 à 1956, le gouvernement canadien a mené à Grosse-Île, dans le Saint-Laurent, des expériences sur l'anthrax et la peste bovine. On y a produit 439 litres d'anthrax, l'équivalent de 70 milliards de doses mortelles.

Photo: tirée du documentaire Le projet N

Durant plus de 100 ans, Grosse-Île, station de quarantaine pour les immigrants arrivant au Québec, a été, à sa façon, un lieu d'espoir. Puis, elle est devenue un lieu de mort.

C'est que de 1940 à 1956, le gouvernement canadien, avec l'aide des Britanniques et des Américains, y a mené des expériences sur l'anthrax et la peste bovine. Pis encore, on y a produit 439 litres d'anthrax, l'équivalent de 70 milliards de doses mortelles!

Ce sont les gouvernements, et non les organisations terroristes, qui ont métamorphosé la bactérie de l'anthrax en arme de destruction massive. Et c'est le gouvernement canadien, plus précisément à Grosse-Île, qui a été le premier producteur en masse de cette arme chimique pour des fins militaires, relate le documentaire Le projet N, présenté cette semaine à RDI dans le cadre de la série Les grands reportages.

Réalisé par Yves Bernard, le documentaire lève le voile sur cette partie de l'histoire méconnue du public. «Nous ne sommes pas les premiers à en avoir parlé, dit le journaliste Vincent Frigon, qui a participé au documentaire. L'auteur John Bryden a été le premier à le faire. Par contre, nous avons réussi à faire déclassifier des documents et nous sommes les premiers à avoir interviewé des personnes qui ont travaillé à Grosse-Île au moment des événements.»

De 1832 à 1937, cette île située en plein coeur du Saint-Laurent a servi de station de quarantaine pour les immigrants qui arrivaient à Québec. Puis, au début de la Seconde Guerre mondiale, les forces occidentales se préoccupaient d'une éventuelle guerre chimique et biologique, rappelle le film. On a alors décidé d'utiliser les lieux comme endroit de production de l'anthrax et comme centre de recherche sur la peste bovine.

Le documentaire suit mois après mois l'évolution des recherches - et leurs conséquences - dans les bâtiments, tout en faisant un parallèle avec le cours de la guerre.

En dépit d'une dramatisation un peu facile (qui a heureusement tendance à s'évanouir à mesure que le film avance), le propos fascine et a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête. D'autant plus qu'on n'a jamais eu la preuve ultime que l'anthrax a bel et bien été neutralisé avant que les autorités n'en disposent... dans le fond du fleuve!

Le téléspectateur remarquera que les autorités canadiennes actuelles sont peu présentes dans le documentaire. Les auteurs ont eu bien du mal à arracher quelques commentaires à un porte-parole de la Défense nationale. «Nous avons mis cinq mois à obtenir une entrevue», indique Vincent Frigon.

Aujourd'hui, Grosse-Île est un lieu historique national sous la juridiction de Parcs Canada. Sur la page d'entrée du site internet lui étant consacré, on n'évoque pas la question des armes biologiques. Sur place, la question est peu abordée, a noté M. Frigon.

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Le documentaire Le projet N sera présenté le mardi 1er juin à 20 h sur les ondes de RDI.

 

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