Saison 2018-2019 chez Duceppe: humilité et humanité

David Laurin et Jean-Simon Traversy, codirecteurs artistiques de Duceppe... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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David Laurin et Jean-Simon Traversy, codirecteurs artistiques de Duceppe

Photo Alain Roberge, La Presse

Mario Cloutier

Le Duceppe nouveau est arrivé. Enfin presque, puisque Michel Dumont avait mis la table avant de quitter la direction. Le vent de changement est quand même porté avec force par ses successeurs Jean-Simon Traversy et David Laurin.

Enthousiastes, les nouveaux codirecteurs artistiques de Duceppe, Jean-Simon Traversy et David Laurin, prennent la barre de la compagnie fondée par Jean Duceppe avec humilité et humanité. Deux qualités qu'on retrouvera d'ailleurs dans la saison 2018-2019.

«C'est important, à notre époque, de parler des sentiments humains, pense Jean-Simon Traversy. Si on arrive à faire ça cette année, on aura réussi. Tous les shows parlent d'humanité.»

«Même si on ne court pas après un thème de saison», ajoute David Laurin.

«C'est notre première, on apprend le métier. On a juste essayé de trouver les pièces qui parlent à notre époque.»

Comme les saisons se préparent longtemps à l'avance, Michel Dumont avait déjà programmé deux spectacles de 2018-2019: Des souris et des hommes et Le terrier, une reprise de la mise en scène de... Jean-Simon Traversy (!) en 2016 à Fred-Barry.

«Ce sont deux spectacles qui tombent pile dans la vision de ce qu'on veut faire pour la compagnie», affirme celui-ci.

Duceppe continuera donc de présenter des comédies et des drames d'ici ou signés surtout par des dramaturges anglo-saxons. Oslo, de l'auteur américain J.T. Rogers, ouvrira la saison. «Le but reste de trouver les meilleures pièces possible», fait David Laurin.

«Tout en sortant du divertissement pour faire réfléchir, complète Jean-Simon Traversy. On pose des questions dans le programme cette année pour amener les gens à voir le monde autrement.»

Résidences et auditions

Mis à part les six pièces à l'affiche, Duceppe se distinguera par deux nouveautés: des auditions générales et des dramaturges en résidence. La compagnie crée deux bourses de 15 000 $ pour accueillir en résidence François Archambault (déjà au travail) et Nathalie Doummar.

«François [Archambault] n'a jamais eu de pièce chez Duceppe et Nathalie [Doummar] sera confrontée pour la première fois à un grand plateau. On veut qu'ils puissent avoir de l'espace pour créer des pièces qui vont nous parler aujourd'hui», indique Jean-Simon Traversy.

Le nouveau Duceppe lancera aussi à l'automne des auditions générales avec une soixantaine de places pour des interprètes jeunes ou âgés et de la diversité.

«À part ce que fait le Quat'Sous, il y a très peu d'auditions générales au théâtre, indique David Laurin. On l'a vécu en tant qu'acteurs. C'est vraiment fermé. Les metteurs en scène devront garder quelques places dans leur pièce pour certains et certaines qui feront les auditions.»

Saison 2019-2020

L'année 2019-2020 marquera donc la véritable première saison des codirecteurs, mais ils promettent déjà que Michel Dumont reviendra comme acteur.

«Il a envie de jouer. Ce n'est pas pour être vu. Il l'a fait, il a roulé sa bosse. Il reste aussi dans notre comité de lecture où sont entrés cette année Frédéric Blanchette et Marie-Ève Milot», dit David Laurin.

Même aux commandes chez Duceppe, les deux complices comptent d'ailleurs continuer de traduire, de jouer ou de mettre en scène ailleurs.

«Ça permet de faire des rencontres, croit David Laurin. C'est une chose qu'on peut se permettre puisqu'on est deux.»

La metteure en scène Édith Patenaude... (Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse) - image 2.0

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La metteure en scène Édith Patenaude

Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse

Six pièces commentées

Oslo

De J.T. Rogers, traduction de David Laurin, mise en scène d'Édith Patenaude, du 5 septembre au 13 octobre 2018

«Édith [Patenaude] aime aller en profondeur dans ses sujets et celui-ci est épineux. On voulait absolument l'avoir pour notre première saison avec cette pièce montrant des personnages qui veulent vraiment régler le conflit israélo-palestinien», souligne David Laurin. «C'est un thriller politique, ajoute son collègue. Les négociations qu'on voit dans la pièce ont mené à la fameuse poignée de main entre Arafat et Rabin en 1993. Ce qui nous a touchés, c'est qu'on parle des humains derrière cette histoire.»

Des souris et des hommes

De John Steinbeck, traduction et adaptation de Jean-Philippe Lehoux, mise en scène de Vincent-Guillaume Otis, du 24 octobre au 1er décembre 2018

«Cette pièce plaît aux publics de tous les âges. Il y a des abonnés qui l'ont vue ici en 1987 et qui vont en voir une nouvelle lecture. C'est tellement une bonne histoire. C'est plus direct au niveau de la langue. Vincent-Guillaume Otis dirigera Benoît McGinnis qui jouera George face à Guillaume Cyr en Lenny. C'est un duo savoureux», dit Jean-Simon Traversy.

Consentement

De Nina Raine, traduction de Fanny Britt, mise en scène de Frédéric Blanchette, du 12 décembre 2018 au 2 février 2019

Surprise à Noël! Duceppe présentera un drame, plutôt qu'une comédie, qui tourne autour de la notion de consentement sexuel. «L'humour est quand même très présent, note Jean-Simon Traversy. Comme on avait monté Tribu de Nina Raine, et qu'on avait lu son nouveau texte, on s'est dit que c'était une pièce nécessaire.» «Ce sont des avocats qui se croient au-dessus des causes qu'ils défendent, poursuit David Laurin. Mais la problématique du consentement s'immisce dans leur propre vie. Là, c'est moins drôle. C'est de l'humour noir sur un sujet d'actualité.»

Le terrier

De David Lindsay-Abaire, traduction d'Yves Morin, mise en scène de Jean-Simon Traversy, du 13 février au 23 mars 2019

Le défi ici sera de faire passer la mise en scène de ce drame, à propos de la perte d'un enfant, d'une petite à une grande salle. «À Fred-Barry, on avait 1000 $ pour le décor, rappelle Jean-Simon Traversy. C'est l'histoire de deux parents qui essaient de se reconstruire. La scène chez Duceppe permet plein de possibilités. Sandrine Bisson y est excellente. C'est une pièce finement écrite.» «À la lecture de ce texte à 24 ans, j'avais été ébranlé, même si je n'avais pas d'enfant», ajoute son codirecteur.

La face cachée de la Lune

Texte et mise en scène de Robert Lepage, du 3 avril au 11 mai 2019

Yves Jacques revient au théâtre québécois dans un rôle qu'on peut qualifier de fétiche. «Le spectacle qu'il a le plus joué dans les 15 dernières années partout dans le monde, c'est La face cachée de la Lune, explique David Laurin. Quand on était à l'École, tout le monde parlait de cette pièce qui a changé notre conception du théâtre. Il fallait ramener ce show-là ici. La compagnie de Robert Lepage était surprise de notre proposition. Ça va faire 15 ans que la pièce n'a pas été jouée à Montréal.»

J'aime Hydro

De Christine Beaulieu, dramaturgie d'Annabel Soutar, mise en scène de Philippe Cyr, du 16 au 20 avril 2019

«On avait le goût d'habiter la Place des Arts, donc ce sera à Maisonneuve, note Jean-Simon Traversy. Quand on est arrivés en poste, on s'est dit qu'il fallait la monter. On s'identifiait à Jean Duceppe dans le passé comme on s'identifie aujourd'hui à J'aime Hydro.» «On est allés le revoir à Longueuil en tournée pour valider avec un autre public, confie David Laurin. Les gens en parlaient à l'entracte avec enthousiasme et personne n'a quitté la salle en deuxième partie.»




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