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La femme qui fuit au théâtre

Anaïs Barbeau-Lavalette a décidé de ne pas adapter... (photo IVANOH DEMERS, archives LA PRESSE)

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Anaïs Barbeau-Lavalette a décidé de ne pas adapter elle-même son roman pour le théâtre.

photo IVANOH DEMERS, archives LA PRESSE

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Un an et demi après sa parution, le fabuleux succès du roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette se poursuit. Récompensé de deux prix et tiré à 75 000 exemplaires (chez Marchand de feuilles), La femme qui fuit sera adapté au théâtre et produit (d'ici deux ou trois ans) au TNM. En attendant, dès l'automne prochain, on pourra voir la lecture-spectacle du roman orchestrée par Brigitte Haentjens, dans le cadre d'une tournée d'une quarantaine de salles au Québec.

L'auteure a confirmé à La Presse céder les droits de son livre pour en faire une pièce, même si elle a aussi reçu des offres pour le cinéma. «Il me semble naturel que le second souffle de ce récit se fasse sur la scène, avant le grand écran, explique la romancière et cinéaste. Je ne suis pas prête, pour l'instant, à abandonner les mots pour les images.»

Or, le théâtre est un art porté par la parole. L'auteure a hâte de voir ses mots revivre au Théâtre du Nouveau Monde, à travers l'univers propre du langage scénique. Elle nous confirme que deux metteurs en scène connus ont déjà été approchés. Et qu'ils s'intéressent au projet. Mais la romancière ne veut pas s'avancer davantage, puisque rien n'est signé à ce stade-ci et que tout ce beau monde est fort occupé...

Toutefois, Anaïs Barbeau-Lavalette souligne une chose importante: le succès de La femme qui fuit est «populaire». Elle souhaite donc que la pièce soit accessible à un large public. «Depuis la parution de mon roman [en septembre 2015], je reçois chaque jour des témoignages de toutes sortes de monde, dit-elle. Des gens qui n'achètent généralement pas de livres, comme des grands lecteurs. De plus, l'histoire de Suzanne touche toutes les générations.»

Une femme en pièces

Récit hybride entre la fiction pure et la réalité historique, La femme qui fuit raconte la vie de la grand-mère de l'auteure, Suzanne Meloche. Une femme fuyante, certes, mais aussi «révoltée et révoltante». Jeune poète proche du mouvement automatiste, Suzanne Meloche a côtoyé les Borduas, Gauvreau et Riopelle, ainsi que les autres signataires de Refus global, avant de fonder une famille avec le peintre Marcel Barbeau... puis d'abandonner les siens pour disparaître, dans une folle quête de (sa) liberté. Or, à force de se chercher, elle finira par se perdre.

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu cette grand-mère libre et indigne. De la vie de Suzanne, elle ne savait que très peu de choses avant d'amorcer son livre. «Je me suis surprise à cesser de la juger en écrivant son histoire. À la fin, je me suis mise à l'aimer.»

La romancière compte suivre le projet de La femme qui fuit sur les planches (un laboratoire avec des interprètes et un metteur en scène est prévu en juin prochain, au TNM). Toutefois, elle n'en signera pas l'adaptation. «Je vais faire confiance aux gens de théâtre. Le metteur en scène pourra me consulter, mais je vais lui donner une totale liberté pour l'adaptation, la direction et la production. Je suis réalisatrice. Je connais l'importance de faire confiance et de savoir déléguer.»

Une tournée et une nouvelle édition

Outre la pièce, une lecture-spectacle de La femme qui fuit fera l'objet d'une tournée dans 40 villes du Québec, à l'automne 2017 et au printemps 2018. Créée en septembre dernier dans le cadre du Festival international de la littérature (FIL), sous la direction de Brigitte Haentjens, la lecture publique met en vedette Catherine de Léan et le musicien Bernard Falaise.

Qui plus est, La femme qui fuit vient d'être publié en France. La maison d'édition Le Livre de poche en a même fait un deuxième tirage cette semaine, pour un total de 30 000 exemplaires distribués dans l'Hexagone.

Anaïs Barbeau-Lavalette s'envolera pour la France à la mi-mars. Elle ira à la rencontre du public français, lors d'une tournée littéraire dans une dizaine de villes. Son périple débute par une conférence avec Manon Barbeau, au prestigieux restaurant La Coupole à Paris, le 20 mars. Le thème: «La démarche créatrice mère-fille». Quel beau destin, tout de même, de voir la mère et la fille réunies dans ce lieu du Montparnasse artistique, pour mieux évoquer le souvenir d'une femme née dans un siècle hostile. Et qui n'a jamais pu vivre de son art...




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