Anick La Bissonnière remporte le prix Siminovitch

Le prix Siminovitch a été décernée hier soir... (PHOTO GEORGE PIMENTEL, FOURNIE PAR LE PRIX SIMINOVITCH)

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Le prix Siminovitch a été décernée hier soir à Toronto à la scénographe québécoise Anick La Bissonnière.

PHOTO GEORGE PIMENTEL, FOURNIE PAR LE PRIX SIMINOVITCH

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Luc Boulanger
La Presse

Après avoir été finaliste à trois reprises, la scénographe montréalaise Anick La Bissonnière a finalement remporté le prix Siminovitch, la plus prestigieuse récompense en théâtre au Canada, dotée d'une somme de 100 000$ remise par RBC. C'est la deuxième fois en 12 mois que les honneurs vont à un Québécois - en 2014, l'auteur Olivier Choinière avait gagné le Siminovitch.

En remettant le prix 2015, dimanche soir à Toronto, le jury a souligné «le talent extraordinaire de La Bissonnière pour créer des environnements épiques, à couper le souffle, mais qui restent pourtant intimes, subtils et chaleureux pour les comédiens».

Le prix Siminovitch, qui existe depuis 15 ans, récompense un créateur en mi-carrière. Il est donné en alternance à un auteur, un concepteur et un metteur en scène canadien. Comme le veut la tradition, La Bissonnière doit partager 25 000$ de son prix avec un artiste en début de carrière. Elle a choisi d'encourager Marilène Bastien, une conceptrice de décors, de costumes et d'accessoires qui oeuvre au théâtre, au cirque et en danse.

Jointe au téléphone à Toronto, hier matin, Anick La Bissonnière nous a confié qu'avec l'argent du prix, elle caressait le projet de publier un beau livre sur la poétique de l'espace au théâtre.

«Je suis une architecte de formation, dit-elle. En architecture, on a l'habitude de conserver et d'archiver tout notre travail. J'aimerais faire le récit en mots et en images des étapes de la conception d'une scénographie pour une production.»

Un Feydeau sans porte!

À ses yeux, un bon décor de théâtre ne doit pas être platement décoratif, ni trop bavard. «En 2003, j'ai travaillé sur trois pièces de Feydeau mises en scène par Brigitte Haentjens [Farces conjugales], se rappelle la conceptrice. La première chose dont j'ai convenu avec Brigitte, c'est qu'il n'y aurait pas de portes; elles sont déjà présentes dans le texte avec les entrées et sorties des comédiens.»

Pour elle, le plus important, dans un décor, c'est de créer un lien physique entre l'acteur et le spectateur, trouver un équilibre entre le poétique et le pratique. «Le théâtre, à l'instar de l'architecture, est un art de l'espace. Le public doit se déplacer dans un lieu pour que le théâtre existe.»

Pour ce, elle échange avec plaisir et dialogue beaucoup avec le concepteur d'éclairages. Ce dernier est un véritable allié dans le processus de création. «J'aime bien cette citation de Le Corbusier qui dit que «l'architecture est le jeu, savant, correct et magnifique, des volumes sous la lumière». Ça s'applique aussi à la scénographie.»

Pour la première fois en 23 ans, La Bissonnière ne signera aucune production théâtrale cette saison.

«Je voulais me consacrer à deux projets d'installation in situ. Le premier en novembre, pour une exposition dans le cadre des 10 ans de la Grande Bibliothèque; puis une autre installation à l'Espace Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts, en mai 2016, qui fera partie de la programmation du Festival TransAmériques (FTA) et que je réalise avec la chorégraphe Isabelle Van Grimde», explique la conceptrice qui enseigne également la scénographie à l'École supérieure de théâtre de l'UQAM.

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