Variations sur un temps: le jeu de l'humour et du hasard, ****

Émilie Bibeau, Daniel Parent, Mani Soleymanlou, Geneviève Schmidt,... (Photo Yanick Macdonald, fournie par la production)

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Émilie Bibeau, Daniel Parent, Mani Soleymanlou, Geneviève Schmidt, Simon Lacroix et Anne-Élisabeth Bossé partagent la scène dans Variations sur un temps, présentée au Quat'Sous.

Photo Yanick Macdonald, fournie par la production

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Luc Boulanger
La Presse

Pour les 60 ans du Quat'Sous, son directeur, Éric Jean, a eu la bonne idée de reprendre l'un des beaux succès de la compagnie, Variations sur un temps. En 1996, Pierre Bernard nous avait fait découvrir l'univers saugrenu de l'auteur américain David Ives (La Vénus au vison). Une production mémorable entre autres parce que cette fine partition comique était livrée par des interprètes virtuoses: Luc Picard, Marc Labrèche, Élise Guilbault et Diane Lavallée. En 2015, le résultat est tout aussi génial et irrésistible.

Éric Jean a confié l'exécution des multiples personnages de la pièce à une nouvelle génération d'interprètes du même acabit que ceux nommés plus haut. Une distribution impeccable: Anne-Élisabeth Bossé, Émilie Bibeau, Daniel Parent, Simon Lacroix, Geneviève Schmidt et Mani Soleymanlou.

Variations sur un temps est constituée de cinq courtes pièces en un acte qui, comme le titre l'indique, jouent avec les notions du rythme, de la répétition, en exploitant les différents points de vue d'une même situation.

Aucune psychologie ici, seulement le choc frontal de la réalité. David Ives a écrit qu'il voit le théâtre comme «une grande arène de civilisation où les gens trouvent un terrain d'entente».

C'est plutôt un vaste terrain de jeu qu'on retrouve au Quat'Sous. À commencer par l'ingénieux décor de Pierre-Étienne Locas qui représente un vestiaire avec des rangées de casiers. Les acteurs entrent par la salle au pas de course et en survêtements pour monter sur scène. Ils pigeront dans les casiers pour changer de costumes (ceux-ci sont magnifiques et signés Cynthia St-Gelais). Le ton est donné: la performance sera athlétique.

Morceaux de bravoure

Premier opus, Mini-putt ou l'art de la fugue (une pièce qui n'était pas à l'affiche en 1996) aurait pu s'intituler L'art de la drague sur le tapis vert. Le registre est plus que léger, tel un croisement entre les univers du Théâtre des variétés et de Woody Allen.

Les deux autres parties forment les pièces de résistance de la soirée. Dans C'est sûr, on assiste à plusieurs variations sur le thème de la rencontre amoureuse entre deux inconnus dans un café. L'un drague avec une idée derrière la tête, l'autre lit À la recherche du temps perdu. Mani Soleymanlou et Émilie Bibeau sont au sommet de l'art comique.

Dans Variations sur la mort de Trotsky, Daniel Parent nous fait (presque) oublier Marc Labrèche avec son piolet planté sur la tête. Un grand numéro d'acteur. Geneviève Schmidt est impayable dans le rôle de la femme du révolutionnaire.

La pièce Le Philadelphie a été rebaptisée Le Drummondville dans la traduction de Maryse Warda. Si la ville a changé de nom, l'absurdité et la finesse de l'écriture demeurent identiques. Le numéro final, Philip Glass à la boulangerie, s'étire un peu trop, mais nous donne l'occasion de voir une chorégraphie ludique.

Éric Jean a ajouté des intermèdes musicaux loufoques et déjantés. Tout est réglé au quart de tour dans cette production où le rire est contagieux. Le soir de la première, le public dans la salle s'amusait autant que les interprètes sur la scène. À voir!

Au Théâtre de Quat'Sous jusqu'au 30 octobre.

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