La liberté: La fin du monde

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En vertu de la législation sur les soins de fin de vie, en arrivera-t-on un jour à créer un service gouvernemental d'aide à mourir où les gens pourront choisir entre la corde et le pistolet, le poison et la chaise électrique? C'est la question que pose la pièce de Martin Bellemare (à gauche), mise en scène par Gaétan Paré (à droite).

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Mario Cloutier

Il semble que la société québécoise a accepté l'idée de l'aide médicale à mourir. Mais quelles sont les conséquences d'une telle liberté? C'est la question que pose la pièce de Martin Bellemare, mise en scène par Gaétan Paré.

En vertu de la législation sur les soins de fin de vie, en arrivera-t-on un jour à créer un service gouvernemental d'aide à mourir où les gens pourront choisir entre la corde et le pistolet, le poison et la chaise électrique?

Ce sont les questions que l'on peut se poser à la lecture de la pièce La liberté de Martin Bellemare.

«Quand je l'écrivais, je n'étais pas en documentation, dit le dramaturge. Je ne l'ai pas envisagé comme sujet d'actualité. Et malgré le fait que ça le soit maintenant, je me suis aperçu que la mort reste un tabou de nos jours.»

Le metteur en scène Gaétan Paré connaît bien l'auteur et la pièce qu'il avait mise en lecture il y a quelques années. Il estime que les questions qu'elle pose sont essentielles.

«Si on considère la façon dont sont traités les sujets humains de nos jours, dit-il, on va en arriver à une situation telle que décrite dans la pièce. Il y a très peu d'humanité dans l'humanité en ce moment.»

Malgré sa connaissance du texte, il n'a pas imposé sa vision aux acteurs. Les dialogues réalistes de la pièce laissent toute la place à une lecture «entre les lignes» pour trouver la vérité de la famille au coeur du texte, qui est confrontée à la problématique de l'aide médicale à mourir.

«J'aime tellement voir les acteurs travailler, dit-il. Je ne suis pas acteur et ça me rend très émotif. Quand je les ai approchés, je leur ai dit que la pièce ne répondait pas à toutes les questions et qu'ils devaient donc s'impliquer encore plus émotivement.»

Frédéric Blanchette, Dominique Leduc, Gabrielle Côté, Gérald Gagnon et Simon Landry-Désy défendront le texte de Martin Bellemare.

Celui-ci a très peu participé à la production de la pièce comme telle, jouant plutôt le rôle d'assistant.

«La pièce, c'est un matériau. La mise en scène peut faire ce qu'elle veut, dit-il. Je n'ai vu qu'une répétition. C'était dry et très beau. Gaétan a pris une approche sensible et ça fonctionne.»

La mort

La mort est tout de même mise en scène dans la pièce. Une «fin de vie» par pendaison.

«Je me suis répété que je faisais du théâtre, explique Gaétan Paré. Mais sans rien dévoiler, c'est d'une telle simplicité. On laisse la place à la réflexion et aux réponses des spectateurs.»

Devant un tel sujet, il dit avoir privilégié un côté sacré mais impersonnel, évitant de «montrer des choses qui sont déjà dites dans le texte». «Pour les acteurs, j'ai joué un rôle de guide. Je me suis concentré sur la théâtralité et la création d'images.»

Reste l'enjeu social, grave et profond, abordé par La liberté. Ce qui habite les acteurs et animera les discussions après la pièce.

«Vouloir mettre fin à sa vie, ça ne se juge pas. On va tous mal à différents moments. Les réponses sont ouvertes, mais c'est très important d'en parler», souligne Gaétan Paré.

Martin Bellemare estime que «notre système est malade puisqu'il traite les maladies plutôt que les humains», au contraire de certaines cultures. Cette déshumanisation influence également notre rapport à la mort.

«À notre époque, nous sommes exposés à la mort partout, tout le temps, dans les médias notamment. Mais quand ça nous arrive, on est encore surpris, désemparés. Comme si c'était surprenant.»

À la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, du 6 au 24 octobre.

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