Voiture américaine: de la science-fiction à la fiction

L'auteure de Voiture américaine, Catherine Léger, et celle... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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L'auteure de Voiture américaine, Catherine Léger, et celle qui incarne Garance dans la pièce, la comédienne Rose-Maïté Erkoreka.

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Mario Cloutier

Une pièce primée, montée par une troupe toujours surprenante. La Banquette arrière revient à bord de Voiture américaine à La Licorne. Ça promet de décoiffer !

Quand plus personne ne sait comment fabriquer des maisons d'oiseaux ou confectionner des biscuits, le monde va mal, très mal, même. Serait-ce la fin ?

C'est la question que pose la pièce de Catherine Léger Voiture américaine. Une oeuvre qui a reçu le prix Gratien-Gélinas en 2006, enfin montée par la joyeuse troupe de la Banquette arrière. Bienvenue au royaume des chars et de la boisson, où tout le monde cherche l'extase sans la trouver.

« Il y a 10 ans, j'avais l'impression d'avoir écrit une pièce de science-fiction. Malheureusement, c'est devenu une fiction, soutient la dramaturge Catherine Léger. Il y a quelque chose qui nous a rattrapés. Ce n'est pas une fin du monde spectaculaire où l'on devient des héros qui combattent des zombies. C'est une fin du monde plate où on est confrontés à notre perte d'humanité, notre difficulté d'avoir des contacts humains et de renouer avec des choses simples. »

La pièce avait été mise en lecture par Philippe Lambert en 2006. C'est lui qui dirige la mise en scène. L'auteure de Princesses et d'Opium 37 a revu et amélioré son texte, faisant passer la distribution de 12 à 8 personnages, quatre hommes et quatre femmes sans pays, sans avenir peut-être aussi.

«L'idée de fin du monde, c'était d'explorer des trucs sur les rapports humains en dehors d'une culture typée. Je ne voulais pas que cela se passe au Québec. On parle d'humains, donc j'ai fait le choix de ne pas les installer dans une culture précise.»

Catherine Léger
auteure de Voiture américaine

Il émerge un climat de fin du monde dans cette ville sans nom où la violence est omniprésente. Les situations et les dialogues frôlent l'absurde. Un texte sur mesure pour la Banquette arrière.

«On fait beaucoup dans le genre décalé, toujours ludique avec un fond de propos social, note la comédienne Rose-Maïté Erkoreka (Garance dans la pièce et passagère en règle de la Banquette). La NASA a annoncé la fin de la civilisation. Il y a beaucoup de questions sur l'état du monde. Où nous mèneront le capitalisme, la fin du pétrole ? Ces questions dans l'actualité sont sous-jacentes dans le texte.»

«Ça prenait une gang qui a l'habitude de travailler ensemble pour monter cette pièce-là, croit Catherine Léger. Comme c'est un peu décalé et que le ton est difficile à trouver, ça prenait un groupe solide.»

HUMOUR

Malgré des thèmes qu'on pourrait qualifier de sombres, l'auteure souligne l'aspect humoristique de son texte néo-absurde.

«Un coup que c'est incarné et dans la mise en scène de Philippe, l'humour ressort. J'y tiens à ce côté ludique dans la pièce. Il faut en rire pour mieux réfléchir. Julie, par exemple, est un personnage sadique et ludique, mais lumineux aussi. Bathak se sert de la violence. Garance se sert de ses charmes pour essayer de survivre dans ce monde-là.»

L'interprète de Garance abonde dans le même sens en décrivant une pièce où le tragique et le comique se côtoient.

«Malgré tout, dans la vie, même si on est dans le drame, il y a toujours quelqu'un qui raconte une histoire drôle. L'humain est fait de telle sorte que le drame et l'humour cohabitent constamment, à moins d'être dans la tragédie grecque.»

Rose-Maïté Erkoreka

«L'humour est présent dans la pièce, ne serait-ce que par les maladresses des personnages à la fois ludiques et tragiques.»

EN VOITURE !

Rose-Maïté Erkoreka sera accompagnée sur scène par ses complices Sébastien Dodge, Simon Rousseau, Amélie Bonenfant, Anne-Marie Levasseur, Mathieu Gosselin, Lise Martin et Renaud Lacelle-Bourdon. Un groupe, une force.

«On travaille toujours en gang, dit-elle. C'est ce qui fait notre marque de commerce. Il n'y a pas tant de groupes qui travaillent systématiquement ensemble, spectacle après spectacle.»

Justement, les habitudes, les automatismes et les tics ne risquent-ils pas de parasiter la création?

«Je pense que la Banquette marche depuis 14 ans parce qu'on a une façon de travailler au même rythme. On s'écoute beaucoup les uns les autres. S'il y a un défi pour nous, c'est de briser le fait que l'on se connaît un peu trop. On est presque trop intimes. Cette pièce nous oblige à aller ailleurs. Ce qui est intéressant, c'est de changer de metteur en scène chaque fois. Quelqu'un qui nous connaît et qui nous demande ce qu'il a en tête, indépendamment de ce qu'on a fait auparavant. C'est important d'avoir cet oeil extérieur à notre "famille".»

À La Grande Licorne, du 29 septembre au 17 octobre

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