La cantate intérieure: vérités et mensonges

La cantate intérieure raconte la rencontre entre un... (Photo Marlène Gélineau Payette, fournie par le Quat'Sous)

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La cantate intérieure raconte la rencontre entre un livreur (Stéphane Jacques) et une artiste (Marie Bernier).

Photo Marlène Gélineau Payette, fournie par le Quat'Sous

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Une rencontre improbable entre une artiste contemporaine et un livreur nous offre un captivant échange sur la création artistique au Quat'Sous en ce début de saison.

Un édifice va être détruit. Des artistes visuels s'en emparent pour créer des oeuvres éphémères, un peu comme ce fut le cas de la Tour Paris 13 il y a deux ans. Parmi ces créateurs, Zoé propose une installation sur la mémoire et l'abandon.

Cette création comporte un cube en bois pivotant sur lui-même et sur lequel sont projetés des images et du texte. Des écouteurs font entendre une voix de femme qui s'adresse directement au visiteur de l'oeuvre. Il s'agit d'un livreur UPS qui est venu plusieurs fois entendre l'enregistrement qu'il trouve «magique». Zoé, l'artiste, s'amène, curieuse de savoir pourquoi.

Sans rien dévoiler du mystère inhérent au texte de Sébastien Harrisson, l'intrigue porte, en fait, sur le mensonge. L'art qui est mensonge, la vie réelle qui en est saturée bien souvent.

L'art et la vie qui nous disent, aussi, nombre de vérités. L'artiste qui avoue ne pas vouloir «toucher» les gens avec son art. Cet homme simple qui comprend beaucoup plus qu'il ne le laisse croire cette oeuvre d'art contemporain.

Il y a de fort beaux échanges sur les arts visuels et le «grand public» dans cette pièce qui ose aborder le sujet de front.

«Ce n'est pas parce qu'on n'a jamais mis les pieds quelque part que ça ne nous habite pas», dira le sensible livreur. Le texte colporte aussi, malheureusement, quelques clichés qui font rire grassement l'auditoire: «Ils vous ont payé pour ÇA?»

Mais la mise en scène énergique et intelligente d'Alice Ronfard masque les maladresses du texte. Son travail minutieux fait également se dissoudre les effets néfastes d'une mécanique scénographique un peu bruyante au départ. La musique de Michel Smith entretient bien, quant à elle, le suspense.

Alice Ronfard dirige aussi de main de maître les trois acteurs: Stéphane Jacques en livreur troublé, Marie Bernier en artiste égocentrique et Dorothée Berryman, qui fait la «voix».

Une voix envoûtante mais froide, profonde dans son propos mais ultralégère dans son attitude. La voix du mystère de l'art, entre vérités et mensonges.

Au Théâtre de Quat'Sous jusqu'au 11 septembre.

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